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LA DETTE PUBLIQUE ET LES CHARGES FISCALES

Les crises économiques traversées par l'An- LA DETTE PUBLIQUE , , x. a ,o,^ .^

gleterre aux approches de 1815 ont leurs causes

profondes, si les analyses qui précèdent sont exactes, non dans les imprudences financières commises par le gouvernement, mais dans Forganisation générale du commerce et de l'industrie. Ce qui ne veut pas dire que les besoins d'argent par lesquels le gouvernement se trouve pressé ne soient pas de nature à aggraver le désordre. L'Angleterre manque d'or, il en sort chaque année du royaume des quantités croissantes : pour 15182 000 1. en 1811, pour 18 533 0001. en 1812, pour 22 931000 1. en 1813, pour 31284 000 1. en 1814 *. Comment ne pas rendre responsable, en grande partie, de cet exode de numéraire la politique du Cabinet, qui subventionne tous les souverains ennemis de la France, et entretient aux frais du Trésor une grande armée en Portugal et en Espagne? L'Angleterre est écrasée d'impôts; le « budget^ », suivant l'expression maintenant courante, devient plus lourd chaque année. Non que les dépenses civiles soient très fortes. Rien pour l'Assistance, rien pour l'enseignement, rien même pour l'administration, la justice ou la police locales. Au total, les dépenses administratives coûtent seulement un peu plus de 4 000 000 1. ^ Mais la marine demande en 1814 un peu plus de 20 000 000 1.; l'armée et l'artillerie, un peu

1. H. of C, 2 mars 1815 : discours de Vansittart {Pari. Deb., vol. XXIX, p. 1183).

2. //. of C, 14 nov. 1814 : discours de Vansittart : ... the right hon. gentleman (Mr. Ponsonby) bas expressed a wish ... that he would previously enter into a gênerai statement of the finances of the country. If, by that expression, the right hon. gentleman meant that gênerai winding up of the flnancial accounts which was familiarly termed the Budget {Pari. Deb., vol. XXIX, p. 147). — VAnnual Register pour 1797 présente l'expression comme un néologisme : On the 7th of December (1796), the chancellor of the exchequer produced bis annual estimate of the public revenue and expenditure, with a demand of supplies, or what is barbarously called bis bag, or budget (p. 131 ; cf. p. 14). — En 1808, le mot n'est pas encore courant. Voir Ann. Reg., p. 93 : H. of C, april 11. The Chancellor of the Exchequer rose, pursuant to notice, to bring forward the Budget (une note explique : A budget of papers relative to the public income and expenditure).

3. Civil List, Courts of Justice, Mint, Allowances to the Royal Family, Salaries and Allowances, Bounties : 1 361 121 1. — Civil Government of Scotland : 114 032 1. — Miscellaneous Services at Home and Âbroad : 2 384 591 1. — Total : 4 059 745 1. — Voir Public Income of Gréai Britain for the year ending fifth January 1815. An Account of the Ordinary Revenues and Extraordinary Resources constituting the Public Income of Great Britain (ap. Pari. Deb., vol. XXV, appendix, p. I sqq.).

LE CRÉDIT ET L'hMPÔT. 339

moins de 40 000 000 1.*. Enfin, pendant que l'État engage toutes ces dépenses, et donne encore plus de 10 000000 1. aux puissances alliées ^ il faut qu'il paie ses créanciers : les intérêts de la dette publique dépassent 37 500000 1. ^ Or, les recettes, avant tout recours à l'em prunt, ne s'élèvent pas à beaucoup plus de 75 000 000 1.*. Ainsi, la moitié des ressources de l'État est dévorée par le service de la Dette. Vienne la paix : on pourra exiger la réduction des* dépenses militaires et navales. Mais comment s'alléger de ce poids mort? Le problème de la Dette résume, à lui seul, presque tout le problème des finances anglaises.

La Dette, « ce vil système d'origine hollandaise, conçu par l'évêque Burnet et né en enfer* », date de la Révolution de 1688. C'est à partir de cette époque que le gouvernement, engagé dans une longue série de guerres avec la France, a imaginé de ne pas demander au contribuable de payer toutes les dépenses de l'armée, mais d'emprunterl'argent nécessaire, le contribuable n'ayant à payer que les intérêts annuels de la dette ainsi contractée : « Une moitié de notre dette nationale, disait Sheridan, a été la conséquence des guerres que nous avons faites pour abaisser la maison de Bourbon, l'autre moitié la conséquence des guerres que nous avons faites pour la remettre sur le trône* ». Afin de tirer du public des sommes considérables, et dont l'importance va toujours croissant, le Trésor anglais a perfectionné sans cesse la pratique des emprunts. Tontines, annuités pour une ou plusieurs vies, ou pour un nombre déterminé d'années, emprunts faits à de grandes compagnies moyennant la concession de monopoles com-

i. Navy : 21 961 567 1. — Ordnance : 4 480 792 1. — Armv : :58 7<.i:i ooô 1.

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