‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 189 sur 387 · Geo. Il, c. 8, — 10 Gfio. H, c · texte numérisé non relu

Geo. Il, c. 8, — 10 Gfio. H, c

2. Frarici», Chronides and Charactcrs of thc Stock Exchange, p. 113.

siockbroker Benjamin Walsh, pour avoir commis, au détriment de Sir Thomas Plomer, une fraude de 16 000 1.. Même châtiment infligé en 1814 à lord Gochrane, grand marin, politicien populaire, sous l'inculpation d'avoir, avec quelques complices, fait un coup de bourse heureux en répandant le faux bruit de la mort de Napoléon : l'opération portait sur une somme de 826 000 1.. L'opinion poursuit donc les spéculateurs et les rentiers * de sa haine. C'est leur faute si la guerre a duré tant d'années; car la prolongation de la guerre entraîne, avec l'accroissement de la Dette, l'extension du champ où s'exerce leur activité. C'est leur faute si, autour de la Cité de Londres, pour subvenir aux besoins des hommes d'affaires, pour loger les rentiers oisifs, il se bâtit une ville immense, anormale, vraie « tumeur =^ » du corps social, où s'engorge une proportion trop grande de la population du royaume. Et c'est encore leur faute si les campagnes se vident; ils achètent de la terre, constituent de grands domaines, exproprient les yeomen, chassent les petits fermiers ^. Cobbett, qui est essentiellement un Anglais du Sud, exprime sans doute assez exactement l'opinion de beaucoup de ses contemporains quand il rend les stockjobbers seuls responsables du phénomène nouveau de la concentration des richesses : les manufacturiers ne font, suivant lui, que suivre l'impulsion donnée par ceux qui spéculent sur les fonds publics. « Une Dette nationale, le fiscalisme et la spéculation qui en sont la conséquence, tendent naturellement à la formation de grosses fortunes. D'où la possibilité de concentrer les manufactures {ofcongregating manufactures) et d'y faire travailler le grand nombre pour le bénéfice du petit nombre *. »

Depuis plus d'un siècle, à vrai dire, l'accroissement de la Dette est un sujet d'alarme pour beaucoup d'observateurs compétents. Le système des emprunts n'est pas assurément sans avoir eu, au

1. Tax eaters : Cobbett, Rural Rides, 17 nov. 1821, 9 janvier 1822, et passim.

2. The Wen, the great Wen : Cobbett, Rural Rides, 4 déc. 1821, 8 janv. 1822, 5 mai 1823, et passim.

3. H. of C, 3 déc. 1798 : discours de Tierney {Pari. HisL, vol. XXXIV, pp. 23-24).

4. Rural Rides, 1" août 1823. — Cf. H. of C, 3 déc. 1798 : discours de Tierney : Such, indeed, is the opération of ail great capitals of crédit, which enable the capitalist, by means of banks, to multiply the natural povver of bis stock even three or four fold; to grasp, monopolize, and controul every thing ... Large capitals and crédits ... bave a tendency to monopolization, and to form a kind of bourgeois and upstart aristocracy, with ail the faults of the former, without any of its virtues (Ann. Beg., 1799, pp. 177- 178), Wm. Morgan {A comparative view of the public finances ... London, 1801, pp. 40-41) accuse la guerre d'avoir provoqué la spéculation sur les fonds publics; en conséquence, « by rendering the division of property more unequal it bas also increased the number of great capitalists ». V. encore de Montveran, Situation de l'Angleterre...., vol. I, p. 155 : Le système des emprunts paraît ... tendre (dans le cas où, à la paix, les dettes ne sont pas ou ne peuvent pas être payées) à accroître le nombre des grandes fortunes, et à diminuer celui des fortunes moyennes, sources de la prospérité d'un État, et d'une plus grande masse d'aisance et de bonheur individuels.

xviii'' siècle, ses avantages politiques. Il a créé une classe de rentiers, chaque année plus nombreuse, intéressée à ce que le gouvernement ne fît pas banqueroute, et, par suite, à ce que le gouvernement instauré en 1688 échappât aux risques d'une révolution. Les emprunts n'ont d'ailleurs pas empêché la nation de s'enrichir prodigieusement ; et, grâce à cette richesse croissante des sujets anglais, l'État a pu éviter, en s'endettant, de rendre le pays tributaire de l'étranger : car l'immense majorité de ses créanciers sont anglais. On calcule qu'en 1762, peu de temps après l'avènement de George III, la Dette extérieure constituait à peine le septième de la Dette totale. Elle a augmenté depuis, mais dans de faibles proportions, pendant que la Dette totale augmentait beaucoup plus vite : il semble que le vingtcinquième seulement des fonds publics soit, en 1815, placé à l'étranger *. Mais, cela accordé, le péril de la banqueroute subsiste.

Il tourmente, au xviii* siècle, Hume, Price, Adam Smith -. A la fin de la Guerre de l'Indépendance américaine, les craintes dont ces économistes s'étaient faits les interprètes gagnent les hommes d'État euxmêmes. Tous les moyens qu'ils ont conçus pour alléger le fardeau ont été impuissants. On a voulu amortir. Mais le jeu du fonds d'amortissement a été constamment suspendu. On a voulu convertir. Mais le taux de l'intérêt, après avoir baissé, pendant la première moitié du siècle, de 8 p. 100 à 3 p. 100, s'est mis à remonter à partir de la Guerre de Sept Ans. On a même imaginé de créer des dettes nominales plus fortes que les sommes effectivement prêtées : de sorte qu'empruntant nominalement à 3 ou 4 p. 100, on empruntait, en fait, à plus de 5 p. 100. A la fin de la Guerre d'Amérique, la Dette s'élève au chiffre énorme de 238 231 248 1. ^

1. Sir John Sinclair {Hist. of Pub. Revenue, 3" éd. 1804, vol. III, appendix, p. 160 sqq.) donne; uno statistique d(! 1762, fixant le capital possédé par des étrangers en fonds public» au chiirre de 14 970 671 1. 2 s. 4 d., donnent un revenu de 576 613 1. 8 s. 10 d. En ajoutant le Soulh Sea Stock et VEas India Stock, omis dans la statistique, il trouve un capital de 17 000 000 1., donnant un intérêt de 770 000 i. C'est moins du septième de la dette. — 11 arrive pour l'année 1804, par des calculs très conjecturaux, au chiffre de 24 43.5 478 1. 9 s. 11 d. pour le capital, de 954 123 I. 16 s. 10 d., pour le revenu. — Ilaniilton (Inquiry, 3' éd. 1818, p. 260) donne, pour 1806, d'après les demandes d'exemption de hxproperty tax., le chillre de 18 598 666 1., plus 17 147 1. de rentes viagères. — Comme la statistique ne comprend pas les actions de la Bancjue, dont environ 3 000 000 1. sont placés à l'étranger, surtout en Hollande, il ndève le chiffre à 22 0(M) 000 I. — Soit 1/2.-) de la dette. — L'Edinbunjk Rernew, en avril 1808 (no. XXIII, art. XIII, Barinn and othcrs on theordersin councU, vol. XII, p. 238), estime ([uc. l'État anglais paie 700 000 1. par an à «es créanciers étrangers. — Tous ces calculs, faits pour les dix premières années du siècle, sont à peu pré» concordants. Voir pourtant, sur l'incertitude qui règne à cet égard, de Montvéran, Situation de l'Angleterre, vol. I, p. 118.

2. Voir une suiti; de U'moignages contemporains, annonçant la ruine imminente de l'Angleterre, 1688-1783, ap. Sir John Sinclair, //is<. of Public Jicvcnue, appendix, vol. Il, p. 51.

3. Ici, et pour tout ce qui suit, nous empruntons nos chiffres à Ilob. Ilamilton, Inquiry ... concerning the national dcbt, l" éd. 1813; 2- éd. 1814; 3* éd. 1818), (|U(! nous avons toujours trouvé très précis et très sûr.

Sur un revenu ordinaire de 12000 000 1., plus des trois quarts — 9139 000 1. — sont absorbés par le service de la Dette. C'est le moment où Pitt, devenant premier ministre, inaugure une ère nouvelle dans rhistoire des finances anglaises.

William Pitt, en 1786', affecte une somme LA POLITIQUE annuelle dun million de livres sterling —

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