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:\. British Revicw, inni 1813, art. XXL An Address lo Iht^ Parishioners of Si Paneras, Midillesex, on the subjcct of Iha intended Application lo Parliaincnl for a new church. Hy T. F. Middlcîton, D. I). London, 1812 (voL IV, pp. 370 .sqq.). — Cf. .sept. 1811. nrL IV. The Slali; of the Eslablislu-d Churck in a séries of Lellers lo the Right Honorable Spencer Pcrccval, ChanccUor of Ihe Exchequcr, 2d. éd. 1810 (vol. Il, pp. % ï^TI-).
naires, anticléricales, irreligieuses. C'est une préoccupation grandissante dans les milieux conservateurs à la fin du xviir siècle : ne voit-on pas avec quelle rapidité les écrits déistes et « jacobins » de Thomas Paine se propagent dans les quartiers populaires des grandes villes? Ou bien le clergé anglican, par son inertie, aura offert une prime à la prédication des sectes dissidentes. Or, une population pieuse mais détachée du culte officiel, la religion établie devenant peut-être un jour la religion d'une minorité, la nation prête alors à adopter le régime américain de la liberté des cultes : voilà une perspective que le clergé anglican, à son point de vue particulier, trouve tout aussi alarmante que la première.
Ces abus sont criants : et cependant l'opinion publique tarde à s'indigner. Même quand se dessine, au commencement du xix^ siècle, un vaste mouvement d'opposition démocratique contre les abus du régime, contre les désordres administratifs, contre les inégalités de la représentation parlementaire, contre l'oppression fiscale, on est surpris de voir à quel point l'Église Anglicane demeure épargnée.
Le système des dîmes a déjà soulevé, depuis une quinzaine d'années, d'assez vives critiques au Parlement; la question de la « commutation » des dîmes contre un impôt fixe, payable en espèces, est dorénavant une question ouverte. Mais ce n'est pas en Angleterre, c'est en Irlande, que le peuple se révolte contre la dîme. Les Irlandais se plaignent que, chez eux, la dîme se perçoive sur les terres arables, non sur les pâturages : de sorte qu'elle pèse de tout son poids sur le pauvre cottier, le riche éleveur restant exempt. Ils se plaignent qu'elle soit perçue par un intermédiaire, le proctor, qui en afferme la perception, et dont la profession consiste, une fois le clergyman payé à forfait, à s'enrichir en pressurant les cultivateurs. Ils se plaignent enfin, catholiques ou presbytériens, de se voir condamnés à faire les frais du culte épiscopaP, En Angleterre, le système n'entraîne pas les mêmes abus. Assurément les fermiers pourraient protester contre un impôt qui décourage la culture, qui porte exclusivement sur la terre, qui pèse indistinctement sur les anglicans et les non-anglicans. Il n'en est pas moins vrai que les fermiers anglais appartiennent, en grande majorité, à la religion établie, que toutes les terres, en Angleterre, paient également la dîme, que les proctors y sont inconnus^. Nous
1. Sur la question des dîmes en Irlande, voir notamment un long et intéressant débat, H. of G., 13 avril 1810 (Pari. Deb., vol. XVI, pp. 658 sqq.). On remarquera que, dans le cours de ces débats, il n'est pas dit un mot des dîmes anglaises, si ce n'est pour faire voir la supériorité du système anglais sur le système irlandais. — Voir également Wakefleld, Ircland, vol. II, pp. 469 sqq.
2. Cove, an Inquiry into ... a Commutation of Tithes, 1800, pp. 23, 50, 51.
avons vu d'ailleurs que les fermiers anglais ne sont pas des prolétaires comme les tenanciers anglais; ce sont des capitalistes, ligués avec les propriétaires contre la plèbe des campagnes, très capables d'ailleurs de dicter leurs conditions aux propriétaires, et de faire retomber sur ceux-ci, lors du renouvellement des baux, l'incidence de la dîme '.
Quant aux autres abus — non-résidence des vicars, traitements misérables des curâtes, — on commence à y remédier, non sous la pression d'un parti révolté contre l'oppression cléricale, mais pour obéir au contraire, comme nous verrons, à cette fraction de l'Église Anglicane qui, subissant l'influence du méthodisme, désire augmenter l'autorité du clergé sur les masses. Le peuple anglais tolère, en fin de compte, un clergé apathique, mondain, peu tyrannique. Les hommes d'État des deux partis sont d'accord pour apprécier un système en vertu duquel les prêtres ne constituent pas un ordre séparé dans la nation, mais sont des hommes de leur classe, leurs parents, leurs amis, intimement mêlés à la vie sociale des comtés. Même un démocrate comme Cobbett, brouillé avec la monarchie, brouillé avec l'aristocratie, très violent contre les méthodistes, n'a pas encore, en I8I0, déclaré la guerre au clergé paroissial.
A l'Anglicanisme, s'opposent les sectes. On LES SECTES , ^ ' .
DISSIDENTES ' '^^ appelle « nonconformistes », parce que
leurs adhérents refusent de se conformer au rituel et à la discipline de l'Église Établie; on les appelle « dissidentes », à cause des dissidences dogmatiques qui les séparent de cette Église. Presbytériens, Indépendants, Baptistes, les membres des « trois vieilles dénominations » sont d'accord pour déclarer infidèle aux préceptes du Nouveau Testament l'organisation hiérarchisée de l'Église d'État. La constitution de leurs sectes est plus égalitaire. Elle donne aux laïques une part plus grande, une part souvent prépondérante, dans la direction de la communauté. Quant aux principes dogmatiques du nonconformisme anglais, ce sont les principes de la théologie de saint Paul, remise en honneur par Luther et Calvin : l'homme justifié non par les œuvres, mais par la foi, — la foi étant considérée non comme une démarche active de l'esprit, mais comme un état de l'âme où celle-ci reste purement passive, un don gratuit, un efl'et de la grâce, en d'autres termes de la volonté divine, toute-puissanle, impénétrable dans ses desseins, infiniment supérieure à notre entendement, qui a tout voulu dans l'univers, le mal et le bien, et de toute
i. Aussi Hont-ce les proprK'taires, groupé» dans le Board of Agricullure, qui récinmcnl, (Ml Angleterre, la commutation des dîmes; voir plus haut, liv. Il, «hnp. i, p. 220.
éternité prédestiné les uns, en petit nombre, au salut, et la foule des autres à la damnation. Par la grâce, un rapport direct et intime s'établit entre la créature et le créateur, sans que soit nécessaire l'intermédiaire d'un prêtre, capable d'apprécier peut-être les œuvres, non la foi. Cet individualisme théologique, qui fut pour beaucoup dans le républicanisme des partisans de Cromwell, qu'en a-t-il subsisté chez les nonconformistes anglais du xviii'' siècle, avant le réveil méthodiste?
Considérons d'abord quelle est leur situation devant la loi. Après un siècle de guerres religieuses, au cours desquelles les ennemis de l'Eglise Anglicane ont tour à tour été persécuteurs et opprimés, la Révolution de 1688 n'a pas institué le régime de la parfaite liberté des cultes. L'Église épiscopalienne reste l'Église officielle, et les seuls mariages légaux sont ceux qui ont été consacrés par un ministre de cette Église. La Corporation Act^ et le Test Act^ sont toujours en vigueur, et exigent, comme sous les Stuart, que l'on ait reçu la communion selon le rite de l'Église Établie pour êti*e admis à remplir des charges municipales ou des fonctions publiques. Des lois plus oppressives encore, comme le Conventicle Act^ et le Five Miles Act^, sont maintenues sur leStatute-Book. En vertu de la première de ces lois, il est interdit, sous peine d'amende, de prison, de déportation et môme, en cas de récidive, sous peine de mort, de se réunir à plus de cinq, pour pratiquer un culte non conforme au rite anglican. En vertu de la seconde loi, il est interdit à tout clergyman qui n'aura pas prêté certains serments impliquant l'adhésion à la forme anglicane du gouvernement ecclésiastique, de séjourner à moins de cinq milles de distance d'aucun bourg, comme aussi d'aucune localité où il a dirigé antérieurement les exercices du culte. Mais une série de pratiques et de dispositions légales, sans abroger aucune de ces mesures intolérantes, les rend inoffensives.
Le Toleration Ad décide que le Conventicle Act et le Five Miles Act ne s'appliqueront pas à quiconque répudiera l'autorité papale en prêtant les serments « d'allégeance et de suprématie », et affirmera son protestantisme en signant la déclaration contre la Transsubstantiation. Des ministres indépendants et presbytériens, on exige l'adhésion à trente-cinq articles de l'Église anglicane, sur un total de trente-neuf : ils sont dispensés d'affirmer que l'Église a le pouvoir de régler les