‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 22 sur 387 · Quarterly Review, article cité (vol. VIII, p. :\\ i · texte numérisé non relu

Quarterly Review, article cité (vol. VIII, p. :\\ i

existe en France, un corps savant d'ingénieurs de la marine, est trop récente pour avoir produit encore les effets qu'on en peut attendre. Sur un seul point, depuis trente ans, un réel progrès technique a été accompli. Lord How^e et sir Home Popham, en perfectionnant l'art des signaux, ont permis au chef d'escadre d'exercer sur ses subordonnés une action plus stricte et plus continue, de préciser ses commandements, de les modifier au cours du combat. Toute la tactique navale en est transformée. Jadis deux flottes ennemies ne s'affrontaient que lorsqu'elles pouvaient opposer l'une à l'autre un nombre égal de vaisseaux de même force. Rangées sur deux lignes parallèles, elles essayaient de se heurter en louvoyant, et la bataille se réduisait à une série de combats singuliers, vaisseau de ligne contre vaisseau de ligne, frégate contre frégate. A présent la flotte anglaise est devenue capable de mouvements concertés. Tantôt elle essaie de passer devant le front de la flotte ennemie, de cerner et d'écraser sous le nombre les premiers vaisseaux, sans laisser aux vaisseaux de l'arrière le temps de venir au secours : c'est la tactique d'Aboukir. Tantôt elle fait, par le flanc, une ou deux coupées dans la ligne de la flotte ennemie, laisse les vaisseaux d'avant s'en aller à la dérive, écrase pendant ce temps les vaisseaux de l'arrière à mesure que le vent les jette sur l'assaillant : c"est la tactique de Saint-Vincent et de Trafalgar^ Ces mouvements d'ensemble ne sont possibles d'ailleurs que dans un nombre restreint de grandes batailles ; et l'étude attentive de ces grandes batailles elles-mêmes^ nous fait voir les amiraux impuissants à efnpêcher la lutte de dégénérer bien vite en une mêlée confuse où le hasard, la fureur guerrière de chaque équipage, l'habileté et l'énergie de chaque capitaine, décident du succès final. En fin de compte, la technique navale a peu changé depuis un

1. Le maître de cette tactique nouvelle, c'est John Glerk, of Eldin, dans son traité On naval tactics (1782). Il semble que lui-même ait utilisé l'enseignement des tacticiens continentaux. Voir Brenton, Life of Saint- Vincent, vol. II, Lettre de lord Saint-Vincent à lord Howick, 2 juin 1806 : ... Not having Mr. Glark's treatise on naval tactics witli me, I am unable to give you a detailed opinion upon the influence it bas had in the several victories our fleets hâve obtained over those of France, Spain,and Holland,since its publication, l vs^ould not for the world subtract from the merits of Mr. Clark, vvhich 1 hâve always admitted; yet, on referring to the encyclopaedia, wherein are copious extracts from the pamphlet, I perceive évident signs of compilation from Père Le Hoste down to Viscount de Grenier. In truth, it would be difflcult for the ablest seaman and tactician, to write upon the subject, without running into onc or ail the French authors. — Les Français se mirent certainement vite au courant des principes de la tactique de Saint-Vincent et de Nelson. Nous voyons, en 1811, à la bataille de Lissa, dans l'Adriatique, cette tactique retournée contre la flotte anglaise, sans succès (Brenton, Naval History, vol. IV, p. 547).

2. Brenton, Naval History, vol. III, p. 474 (extrait du rapport de Gollingwood sur la bataille de Trafalgar) : ... As the mode of our attack had been previously determined on, and communicated to the flag officers and captains, few signais were necesary, and none were made, except to direct close order as the lines bore down.

POUVOIRS EXÉCUTIF, JUDICIAIRE ET MILITAIRE. iT

siècle. Un contemporain du premier Pitt ou de Guillaume d'Orange ne se sentirait pas dérouté s'il devait servir sous lord Saint-Vincent ou sous Nelson. Les navires sont toujours livrés aux caprices du vent i'avorable ou contraire. Ils sont toujours les mêmes assemblages de pièces de bois, qui toutes se déplacent de plusieurs centimètres au moment où le lancement a lieu, qui ne gardent ensuite un peu de cohésion que par la pression externe du liquide où ils sont plongés, qui se désagrègent à peine mis à sec. La révolution industrielle qui depuis quarante ans transforme l'aspect des manufactures, n'a pas encore exercé son action sur les arts de la guerre : pour la marine en particulier, l'âge du 1er et de la vapeur n'a pas commencé. Des événements d'une importance révolutionnaire viennent de se produire dans l'histoire navale des grandes nations : mais il ne s'est pas produit de révolution correspondante dans l'outillage maritime ^

Si donc on no trouve pas dans l'outillage de LE PERSONNEL j^ marine. anglaise, dans le « matériel » de la

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