Life of Wilberforce, vol. V, |i
d'action; leur Calvinisme, si tant est que l'on puisse encore parler de Calvinisme, est un Calvinisme sentimental et pratique, on serait tenté de dire : un Calvinisme sans doctrine.
D'où la facilité avec laquelle les hommes du parti évangélique entrent en relations avec les protestants de toutes les sectes; car ils affirment le principe théologique qui est la base commune de leur orthodoxie, et cependant se désintéressent systématiquement des querelles qui les divisent. Ils sont d'ailleurs des philanthropes actifs, les nonconformistes aussi : c'est encore un terrain commun sur lequel incessamment les uns et les autres se rencontrent. « Les gens valent mieux dans la Cité qu'à notre bout de la ville * » , écrit Wilberforce au début de sa carrière de réformateur religieux, après avoir dîné avec quelques-uns de ses nouveaux amis. Sorti du monde de la gentry, il se trouve introduit dans le monde du négoce; il y fraie avec une majorité d'anglicans, mais aussi avec des dissidents religieux, dont il apprécie le sérieux et le zèle.
Ce sont parfois des méthodistes, en petit nombre cependant; car le méthodisme, secte jeune, se recrute principalement dans le peuple et dans les rangs inférieurs de la bourgeoisie. Ce sont les membres d'une secte à laquelle nous n'avons pas encore fait allusion, tant elle est excentrique, difficile à classer et à définir : la secte des « Amis » ou des « Quakers ». Secte révolutionnaire par son refus opiniâtre de prêter serment devant les tribunaux, de payer la dîme, d'accepter l'obligation du service militaire; mais le plus pacifique de tous les groupements révolutionnaires , puisque les Quakers condamnent l'insurrection au même titre et pour la même raison que la guerre, et n'opposent aux gouvernants que la résistance passive. Secte qui rejette expressément toutes les formes du culte, toutes les formes de la courtoisie, mais chez qui ce mépris de tout formalisme a dégénéré lui-même en un formalisme austère. L'opinion, si elle sourit des ridicules des Quakers, respecte la gravité silencieuse de leurs assemblées, qui fait contraste avec les bruyantes démonstrations collectives auxquelles se livrent les sectes nouvelles, leur probité, leur esprit d'économie et d'ordre, leur charité inlassable et éclairée. Les amis de Wilberforce travaillent d'accord avec de riches Quakers, avec de respectables bourgeois qui se réclament des trois vieilles dénominations, Indépendants, Baptistes, Presbytériens. Pourtant, parmi ceux-ci, il se trouve des sociniens, des rationalistes. Les « évangéliques » consentent malgré tout à les fréquenter. Ils fréquentent même de francs libéraux, qui ne