‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 230 sur 387 · of L., 27 juin 1808 (Pari. Deb., voL XI, p · texte numérisé non relu

of L., 27 juin 1808 (Pari. Deb., voL XI, p

projet de loi n'est pas adopté. La loi de 1803 elle-même, si faible et si conservatrice, n'est pas appliquée. Les vicars négligent de demander aux évêques le renouvellement de leurs licences de non-résidence. Les évêques négligent de dresser, comme la loi le leur prescrivait, la statistique annuelle des cas de non-résidence. L'absentéisme ecclésiastique sévit plus que jamais.

Cependant l'influence du parti évangélique grandit. Perceval, devenu premier ministre en 1809, lui est favorable. Lord Harrowby, membre du Cabinet, appartient au groupe : c'est lui qui fera nommer, en 1815, son frère Ryder évêque de Gloucester. En 1810 Perceval obtient du Parlement un crédit de 100 000 1. pour améliorer le sort du clergé pauvre. Lord Harrowby parle en faveur du crédit à la Chambre des Lords, mais fait ressortir l'insuffisance de la mesure proposée ^ Pour guérir l'Église de tous les maux dont elle souffre, pour la mettre en état de lutter contre les progrès incessants du Dissent, une loi d'ensemble est nécessaire. Il faut imposer la remise en état des presbytères; trop souvent ils n'existent même pas, ou sont inhabitables : d'où un prétexte opportun pour les prêtres qui ne veulent pas résider. Il faut définir la distance permise entre deux bénéfices dont le cumul sera autorisé. Il faut que, dans tous les cas, l'évêque assigne au curate un traitement fixe, qui pourra, dans les bénéfices pauvres, être égal au revenu total du bénéfice. Il faut enfin, par des subsides gouvernementaux, assurer un revenu minimum, gradué selon l'importance des paroisses, à tous les membres du clergé. Le projet de loi que lord Harrowby dépose en 1812, et dont il obtient le vote définitif l'année suivante, réalise en partie ces vues générales '^.

Dorénavant le curate aura droit à un traitement minimum de 80 1., ou à un traitement égal au revenu du bénéfice si la valeur annuelle du bénéfice est inférieure à 80 1., dans les paroisses dont la population n'excède pas trois cents personnes. Le traitement minimum subit une hausse graduelle, quand la population excède trois cents, ou cinq cents âmes. Si la valeur annuelle du bénéfice est supérieure à 400 1., l'évêque garde le pouvoir de faire une allocation de 100 1. au curate, plus une allocation supplémentaire selon l'importance de la population paroissiale. Les « Saints » donnent au bill de lord Harrowby une adhésion sans réserve ^. Mais cette fois le parti de la « Haute Église »

1. H. ofL., 18 juin 1810 (ParL Deb., vol. XVII, pp. 752 sqq).

2. 53 Geo. III, c. 149. — H. of L., 18, 26 juin 1812; H. of L., 11 mars, 23 mars, 17 mai, 21 mai 1813; H. of C, 5, 8, 13 juillet 1813 {Pari. Deb., vol. XXIII, pp. 592, 771 ; vol. XXV, pp. 2,236; vol. XXVI, pp. 210, 295; 1115, 1171, 1197).

3. Voir en particulier les discours de Wilberforce, Thomas Thompson, H. Thornton. H. of C, 8 juillet 1813 {Pari. Deb., vol. XXVI, p. 1171). — Cf. Pari. Deb., vol. XXVI,

est hostile *. Les évoques, à la Chambre des Lords, protestent bruyamment contre un projet de loi qui ruine la hiérarchie anglicane, dresse les curâtes contre les vicars, impose des règles absolues aux chefs de l'Église, au lieu de leur laisser, comme la législation des années antérieures, un libre pouvoir de choix. C'est bien au parti évangélique que, cette fois, appartient l'avantage.

Puis le parti de la « Haute Église » reprend l'offensive. La loi de 1803 n'est toujours pas appliquée; or elle contient des dispositions qui conservent aux simples particuliers leurs vieux droits de dénonciation. Le clergé, de nouveau en butte à d'incommodes délations, pousse les hauts cris ; et le Parlement procède comme il avait procédé treize ans plus tôt. On suspend pour un an la loi de 1803, afin de mettre à l'abri des poursuites les vicars qui la violent 2; et on renouvelle périodiquement cette suspension temporaire, jusqu'au moment où, en 1817, sera votée, sur l'initiative de l'archevêque de Canterbury, une grande loi de consolidation, sorte de code ecclésiastique au petit pied^. La loi de 1803, la loi de 1813 sont fondues en un seul texte, remises au point. On accorde aux curâtes le droit d'exploiter une ferme sans même le consentement de l'évêque, à condition que cette ferme n'ait pas une superficie supérieure à quatre-vingts acres; à d'autres égards, l'autorité des évêques est renforcée, on enlève aux particuliers le droit de poursuite. En fin de compte, la loi de 1817 constitue une victoire du parti de la « Haute Église » ; elle porte, dans ses dispositions compliquées, les traces du long conflit qui a divisé les deux partis rivaux, de leurs exigences variées, de leurs capitulations respectives.

p. 299 : The Earl of Radnor said, that one object of the Bill had been stated to be the discouragement of sectarios. Hc did not think it had that tendency; and it would be found, on the division, that the friends of sectaries would vote for it.

1. Sur cette hostilité du High Ghurch, voir une lettre de Gopleston à son père, 29 janv. 1814 {Memoir of Copleston, p. 47) : « The leading partisans who assume that title (of High Churchmen) appear to me only occupied with the thought of converting the property of the church to their private advantage, leaving the duties to be performed how Ihey can ». Copleston venait d'écrire, dans la Quarterly Review, un article favorable à la législation nouvelle (Quarterly Review, oct. 1813, art. 111. The Earl of Harrowby's Speech on the Curacy Bill; vol. X, pp. 49 sqq.). — Cf. Letters of the Earl of Dudley to the Bixhop of Llandajf, p. 6 : lettre du 28 janv. 1814.

2. //. of C, 17, 20, 24 nov. 1813; 24, 28, 30, 31 mars, 4. 26 avril 1814 (Pari Deb., vol. XXVII, pp. 128, 108, 193, 355, 371, 385, .395, 409, .551).

3. 57 Geo. III, c. 99. C'est encore Sir William Scott qui, trois ans plus tôt, en avait pris la première initiative (H. of C, 9 mai 1814 (Pari. Deb., vol. XXVII, p. 741). — Voir //. of L., 12 juin 1816; H. of C, 16 mai 1817 (Pari. Deb., vol. XXXIV, p. 1084; vol. XXXVI, p. 683).

S'affit-il, non pas de réformer Tore-anisation LES MISSIONS ET LA . ^ ^ . ,,^ J . ,,

PROPAGANDE BIBLIQUE "^^^™^ ^^ ^ ^^^^^^' "^^^^ ^ augmenter sa puissance de propagande? Les hommes du parti évangélique se heurtent ici encore aux mêmes défiances. Ce sont eux qui ont fondé en 1796 la Society for Missions in Africa and ihe East : Simeon en conseilla la fondation; John Venu, \e pars on de Glapham, présida les premières réunions ; Henry Thornton fut le premier trésorier. Association strictement anglicane : pour affirmer que tel en est le caractère, les fondateurs lui donnent, en 1812, le titre de Churcli Missionary Society. Mais d'où provient l'inspiration qui a présidé à la formation de la société nouvelle? Visiblement du méthodisme et du nouveau Dissent. Au début du xviii" siècle il n y avait pas dans le monde entier un seul missionnaire protestant, si l'on fait exception pour le petit groupe allemand des Frères Moraves. Sous l'influence directe des Frères Moraves, Wesley a réveillé, chez les protestants anglais, l'esprit de prosélytisme religieux. Ce sont les Méthodistes qui, les premiers, en 1787, ont organisé un système régulier de missions : et Wilberforce et un des Thornton ont souscrit. Puis les Baptistes, en 1792, ont suivi leur exemple. En 1795, les « Évangéliques » ont fondé, avant leur société anglicane, une London Missionary Society, constituée « sur le principe d'une union de toutes les dénominations de Chrétiens orthodoxes ». Maintenant que les missionnaires nonconformistes se répandent dans toutes les colonies anglaises, partout où il y a des indigènes ou des esclaves à convertir, en Nouvelle Ecosse, à la Jamaïque, à la Trinité, sur la côte occidentale d'Afrique, au pays des Hottentots, aux Indes Orientales, le parti de la « Haute Église » n'estil pas excusable s'il se défie de la « Société des Missions », fondé par les évangéliques? Peut-il compter sur eux pour combattre sincèrement la propagande des missionnaires nonconformistes? N'est-il pas visible au contraire qu'ils l'approuvent, l'encouragent, l'assistent souvent de leurs fonds, et cherchent seulement à la renforcer par une action parallèle? Deux incidents, encore récents en 1815, ont montré combien était profonde, en ces matières, la divergence du parti évangélique et du parti de la hiérarchie anglicane.

Le premier incident a été provoqué par les démarches de la « Société Biblique », autre société de propagande fondée en 1804 par les évangéliques. Il existait déjà en Angleterre, depuis la fin du xvii* siècle, une Society for Promotiny Christian Knowledge\ exclusivement com-

1. Titre primitif : « A Society for promoting a more extensive circulation of the Scriptures at home and abroad », auquel, sur la proposition de Hughes, on substitue le titre : « British and Foreign Bible Society». Owen, Hist. of the British and Foreign Bible Society, vol. I, p. 32.

posée de membres de l'Église Établie, dont faisaient partie, comme en vertu de leurs fonctions mêmes, les deux archevêques et tous les évêques, et dont l'objet était de distribuer gratuitement des Bibles et des Books of Common Prayer. Mais la vieille société était somnolente autant qu'officielle : lorsque, dans les dix dernières années du xviii* siècle, les méthodistes du pays de Galles se sont adressés à elle pour obtenir les Bibles dont ils avaient besoin, elle n'a pas su répondre à la demande. Les méthodistes et tous les dissidents sont alors entrés en mouvement ; et les Anglicans du parti évangélique les ont aidés à constituer une grande Société, pour imprimer et distribuer gratuitement des Bibles. La société est devenue en peu de temps très riche. Les fondateurs comptaient sur un budget annuel de 10000 1. : en 1812, leur budget dépasse 50 000 1.'. A partir de 1809, ils travailleront à s'organiser sur un plan méthodique, et à fonder, dans chaque comté, une « branche >>, ou « société auxiliaire ». Mais quand, en 1811, ils songent à établir des « branches » à Cambridge et à Oxford, les Anglicans de la « Haute Église » prennent l'alarme : ils ne veulent pas voir, dans les deux forteresses de l'Église Établie, s'ouvrir une brèche par où le méthodisme va entrer.

Deux cents étudiants ayant, sous l'influence de Simeon, entrepris de fonder la « branche » de Cambridge, Marsh, professeur à l'Université, et depuis 1805 en polémique avec le parti évangélique, dénonce publiquement le projet. Demander à des Anglicans leur adhésion à une société qui a pour objet de distribuer « des Bibles et des Bibles seuic'raent », c'est confondre l'Église anglicane et les sectes : la base doctrinale de l'Église, c'est la Bible, plus le commentaire officiel de la Bible, tel qu'il est contenu dans le Book of Common Prayer. Isaac Milner, personnage officiel, master d'un collège, haut dignitaire de l'Église, ne veut pas avoir l'air de prendre la tête d'une révolte d'étu»diants, même pieux*. Cependant Wilberforce s'agite à Londres; il obtient, à force de démarches, qu'un prince du sang, le duc de Gloucester, chancelier de l'Université, accepte la présidence de la Société Auxiliaire de Cambridge. La Société Auxiliaire est fondée : Milner, rassuré, prend la parole au meeting d'inauguration. Une autre « branche » est fondée à Oxford '. En 1814, il n'est pas un comté qui ne possède sa « branche » de la Société Biblique. L'assaut du parti de

1. Canton, //«/. of the Hrilish and Foreign liible Society, voL I, pp. M-SL — 0\\en,Hisl. ofthc UritUh and Foreign Bible Society, vol. II, p. 348, donne pour l'nnnén 1813 iin chifTro dilTén^nl et supérieur (70 455 I. 1 s.). — Distribution du 202 380 «xeinplaires de la Bible.

2. Mary .Milner, Life of Isaac Milner, pp. 463 sqq. — Cf. Gunning, Réminiscences of Cambridge, vol. 11, pp. 278 sqq.

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