Life of Wilberforce, vol. III, pp. 5K
la « Haute Église » a échoué ; mais l'animosité persiste, et la vieille Society for Promoiing Christian Knowledge continue à faire concurrence à la Société Biblique.
En 1813, autre incident. Le Parlement discute le renouvellement de la Charte de la Compagnie des Indes. Or, la Compagnie des Indes a toujours eu pour système de respecter les croyances des indigènes. Non seulement elle s'interdit tout prosélytisme religieux, mais elle rend aussi dificile que possible, à côté d'elle, toute espèce de prosélytisme libre. Cette politique de scepticisme révolte depuis longtemps les « Saints » : il y a vingt ans, lors du dernier renouvellement du privilège de la Compagnie, ils ont fait adopter par la Chambre des Communes une série de résolutions affirmant l'obligation, pour la Législature, de travailler au « développement religieux » des possessions anglaises aux Indes*. Puis, les résolutions étant demeurées lettre morte, et nulle loi n'ayant été votée pour les mettre à exécution, ils ont entrepris la conquête des Indes Orientales par des moyens plus directs. Avec lord Teignmouth, Charles Grant, Robert Thornton, le parti évangélique s'est insinué au cœur de la Compagnie des Indes. La Compagnie, ainsi pénétrée d'un nouvel esprit, a vu d'un meilleur œil les missionnaires chrétiens : missionnaires danois établis depuis un siècle à Trinquebar, missionnaires baptistes du Bengal, missionnaires évangéliques de la Côte de Coromandel. C'est sur les conseils de Simeon qu'elle a choisi les chapelains anglicans qu'elle entretient : Henry Martyn, Buchanan, Thomason', Mais en 1806 l'action directement exercée sur la Compagnie par le parti évangélique a été de nouveau contrariée. Une grave mutinerie de cipayes indigènes s'est produite à Vellore ; le gouvernement des Indes a expliqué le soulèvement par le fait que les indigènes attribuaient aux Anglais l'intention de les convertir de force au christianisme; et les « Saints », en défaveur dans les conseils de la Compagnie, ont compris la nécessité de recourir, une fois de plus, au pouvoir législatif^. Nous pouvons deviner la nature des difficultés auxquelles, ce faisant, ils se sont heurtés.
S'il ne faut qu'organiser aux Indes Orientales un ou plusieurs diocèses, administrés par une hiérarchie régulière de prêtres, le haut clergé anglican ne fera pas opposition à la réalisation de leurs des-
1. Life of Wilberforce, voL II, pp. 24-25, 27; voir, pp. 392-393, le texte des articles que Wilberforce eût voulu, en conséquence, faire introduire dans la Charte de la Compagnie.
2. Sur les chapelains évangéliques, voir Life of Mrs. Sherwood, pp. 353 sqq.
3. Sur lès missions protestantes aux Indes Orientales et les troubles de, Vellore, voir Ed. Rev., avril 1808, art. IV. Indian Missions (vol. XII, pp. 131 sqq). L'article est hostile au parti évangélique.
seins * ; seulement ils se trouvent alors en butte à la défiance des missionnaires méthodistes ou dissidents, les plus zélés pour la cause de Tévangélisation des Indes, mais qui ne veulent pas voirie christianisme identifié là-bas avec Tépiscopat, et leur propagande soumise au contrôle de l'Église Anglicane. Si, d'autre part, on se propose de proclamer la liberté de la propagande chrétienne aux Indes, et d'ouvrir sans contrôle ce vaste territoire aux missionnaires, alors c'est le parti de la <i Haute Église » qui s'insurge. Les seuls missionnaires que l'on rencontre là-bas, ce sont des dissidents baptistes, ou des évangéliques que l'opinion confond avec les autres sous la désignation de « méthodistes » : les évoques ne voudraient pas voir la respectabilité du christianisme anglais compromise en Asie par l'invasion d'une horde de fanatiques mal lavés. D'ailleurs, bien que le gouvernement, sous l'influence de Perceval et de lord Harrowby, soit bien disposé à l'égard du parti évangélique, la majorité parlementaire est très incertaine, ébranlée par les arguments de bon sens qu'oppose aux revendications du parti évangélique la majorité des Anglo-Indiens. Les évangéliques sont embarrassés. Faire de l'agitation hors du Parlement est difficile. Si l'on organise une campagne de pétitions, les dissidents vont signer en foule, les anglicans pour cette raison même s'abstenir de signer, et l'impression produite sur le Parlement pourra être, en fin de compte, défavorable. Wilberforce et ses amis réussissent néanmoins à remporter une sorte de demi-victoire.
Dès le début, ils obtiennent du gouvernement et du Parlement l'établissement aux Indes Orientales d'un évêque et de trois archidiacres ^. Reste la question, plus délicate, des missions. Ils font voter un article donnant au Board of Control, à Londres, le droit de reviser les décisions de la Compagnie des Indes,' quand celle-ci aura refusé une « licence » à un missionnaire^. Si ce n'est pas la liberté absolue, c'est plus que le parti évangélique n'avait osé espérer. Le premier évoque
1. Voir dans Pellow, Life of lord Sidmouth, vol. ill, p. 103, la Inttrc de l'évôquci lluntirigdon a, lord Sidmouth, 17 avril 1813 : ... America had never boen lost if an Episcopal Chiircti had long ago bcen ostablish(!d Ihere; and I am porsuaded now, the strongest means through which you can socurc any degroo of real aUachmonl lo this counlry will bo through tho Episcopalians ... In my discourso boforo Ihe 'Society for the Propagation of tho Gospel in Foreign Part»', 1 madn allusion to thi; policy of socuring the nircctions of thi; rising générations in .New South Wales by eslnblishing an Episcopal Church, bofore separalists had prejudiced their minds against our constitution, civil and religions. On the; «amo grounds of policy an Episcopal Church Establishment «eemH OHnential in India.