‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 233 sur 387 · Mary Milner, Life of Isaac Milner, p · texte numérisé non relu

Mary Milner, Life of Isaac Milner, p

2. Times, 10 juillet 1813 : We would grind to powder the statue of the vain, obscène, heartless, atheistical Voltaire.

son château de Stamford, un autodafé public des œuvres de Voltaire, de Rousseau, et autres chrétiens apostats ^ Il reste quelques vieux whigs pour déplorer ce changement de Topinion publique. « Les excès de la Révolution française, écrit Thomas Moore, nous ont, par une réaction naturelle, donné des manières réservées et contraintes. Résultat fatal à la sociabilité. et la gaîté, peu favorable à l'esprit : il s'est établi comme un niveau du bon ton, qu'il est presque aussi vulgaire de vouloir dépasser qu'il le serait de tomber au-dessous-. » C'en est fait de l'ancienne intimité avec les gens de lettres : la politique, l'ordre public, les bonnes mœurs sont, avec les sports, les seuls sujets qui soient reconnus de bon ton.

Jadis, au temps de Guillaume d'Orange et de Louis XIV, de lord Chatham et de Louis XV, les Anglais considéraient leur pays comme le pays de la liberté en lutte avec le pays du despotisme « à la turque ». Ils seraient encore disposés, pendant les quinze premières années du xix"" siècle, à entretenir la même opinion; mais le mot de « liberté » n'a plus pour eux le môme sens qu'il avait dans la bouche de leurs pères. « Liberté » signifie maintenant « discipline spontanée, volontaire », en opposition à une discipline imposée par une contrainte gouvernementale : l'Angleterre est, en face de la France impériale, tout à la fois le pays de la liberté et le pays de la vertu. L'immense majorité des Anglais, malgré tant de conflits aigus d'opinion et d'intérêts, se trouve probablement d'accord sur ce point. « C'est, écrit le Morning Chronicle, grand organe de l'Opposition avancée, à la culture des qualités morales que l'Angleterre doit son pouvoir et son influence*. » Or le changement qui s'est opéré dans l'opinion que les Anglais se font d'eux-mêmes est incontestablement l'œuvre de la propagande méthodiste, continuée par le parti évangélique.

S'il est un trait, superficiel assurément, mais caractéristique, par où les Anglais du xix*" siècle se distinguent et aiment à se distinguer des continentaux, c'est l'observation rigoureuse de la loi biblique du « Sabbat » : il est non moins certain qu'ils subissent en ce point l'influence directe du réveil méthodiste et évangélique. Les « Saints » n'ont jamais obtenu du Parlement le vote d'une loi pour imposer l'arrêt hebdomadaire, pendant un jour entier, de tout travail et de tout divertissement; ils n'ont pas môme obtenu le vole d'une loi pour interdire la publication des journaux du dimanche*. Mais, pour en venir à leurs fins, ils ont recouru à d^autres méthodes.

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