‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 24 sur 387 · A. T. Muhan, Types, pp. it · texte numérisé non relu

A. T. Muhan, Types, pp. it

marchande, bien payés en tous temps, le sont de mieux en mieux à mesure que les risques de la navigation deviennent plus grands. Dans le port de Londres, le salaire moyen d'un matelot était de 1 1. 5 s. ou 1 1. 15 s. avant la guerre : il a passé à 3 1. 15 s. aussitôt la guerre déclarée, à 4 1. 4 s. en 1800, à 5 1. 5 s. en 1804 : ce sont des prix auxquels TEtat essaierait en vain de faire concurrence ^ D'ailleurs le gouvernement anglais ne désire point faire passer dans la marine de guerre les équipages de la flotte marchande. Ce qu'il veut, c'est entretenir des escadres assez fortes pour permettre aux navires de commerce, en nombre égal, et môme, s'il est possible, en nombre accru, de parcourir, sans péril, les mers des deux mondes. Ce tour de force a été réalisé. Depuis l'année 1792, date de la déclaration de guerre, jusqu'à l'année 1812, date où les effectifs de l'armée de mer ont atteint leur maximum, le nombre des marins de la flotte passe de 36 000 à 114 000 -; pendant ce temps, les équipages de la marine marchande passent de 118 000* à 165 000 hommes*. Mais, pour obtenir un pareil résultat, il faut que l'Amirauté recoure aux expédients.

L'expédient classique, c'est la « presse ». Le Royaume-Uni est divisé en vingt-six « stations » : dans chacune un capitaine, flanqué de quelques lieutenants, dirige les opérations de petites escouades, appelées press gangs, et possède, en temps de guerre, le droit de saisir le premier venu, et de l'envoyer servir sur la flotte, soit pour la durée des hostilités, soit pour un nombre d'années indéterminée La légalité du procédé est suspecte. Tout ce que les juristes peuvent dire en laveur de la presse, c'est qu'ayant été pratiquée de temps immémorial, elle fait partie de la « loi commune », de la loi non écrite du royaume; ou bien encore que, si elle n'a jamais été instituée formellement par une loi, beaucoup de statuts en impliquent l'existence, et

1. Montant de la solde en 1815 : 1 1. 15 s. Voir Ed. Rev., n" LXXXI, oct. 1824, art. VIII. Abolition of impressment (vol. XLI, pp. 154 sqq.).

2. Sea-Service Supplies, 1793: 20 000 seamen; additional : 16 000 (sans compter 5 000, puis 4 000 marines, soldats engagés pour prendre part aux batailles navales, mais non pas à la manœuvre des navires). — 1812 : 113 600 seamen, — sans compter 31 400 marines (James, Naval History, vol. I, p. 378; vol. VI, p. 494).

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