H. ofC, 2 mai 1814 (Pari. Deb., vol. XXVII, p
4. Voir le grand débat qui s'engage à la Chambre des Communes le 6 juin 1814 (Pari. Deb., vol. XXVII, p. 1083). Voir ensuite H. of L., 27 juin; H. ofC, 27 juin; H. of L., 28, 29, 30 juin; 11, 14 juillet 1814 {Pari. Deb., vol. XXVIII, pp. 268, 299, 362, 417, 466, 655, 699).
5. On se rend compte de l'importance que la question présentait pour le gouver-
L'abolition de la traite est consommée. Nous avons dit qu'elle était l'œuvre du parti évangélique. L'assertion comporte, cependant, certaines restrictions ; les hommes du parti évangélique ont eu des alliés, dont l'action est loin, très loin, d'avoir été négligeable. Que les Méthodistes, John Wesley en tête, aient été, des abolitionnistes convaincus, cela ne diminue guère l'importance du rôle joué par le parti évangélique ; car, entre les évangéliques et les méthodistes, les affinités sont étroites : l'évangélisme n'est, à tout prendre, qu'une variété du méthodisme. Mais les dissidents de la vieille école ont fait campagne, depuis le début, avec les méthodistes et les évangéliques, pour l'abolition de la traite. Tels les Baptistes, qui ont adhéré en massée Tels les Quakers, qui, en 1787, se trouvent entrer, pour les deux tiers, dans la composition du Committee abolitionniste-. Or, parmi les Dissidents, beaucoup sont des sociniens, des rationalistes; certains confinent au déisme. Aux États-Unis, le mouvement abolitionniste est né d'une alliance conclue entre les Quakers et les adeptes de la religion naturelle, Franklin, Thomas Paine et leurs disciples. En Angleterre, quand on a constaté que, dès 1788, la majorité du Parlement, d'une manière plus ou moins expresse, était favorable à l'abolition, il reste à expliquer pourquoi il a fallu l'arrivée au pouvoir de Fox, un w^hig anti-clérical, pour qu'en peu de mois la question fût réglée^. Si Fox n'était pas alors devenu ministre, si le parti tory avait gouverné sans intermède depuis 1784 jusqu'à 1815, peut-on affirmer que l'un ou l'autre des médiocres successeurs de Pitt, le duc de Portland, Perceval, ou lord Liverpool, eût pris l'initiative d'abolir la traite? Rose et lord Castlereagh n'étaient-ils pas des adversaires de la réforme? Et, les institutions parlementaires fonctionnant comme elles fonctionnaient en Angleterre au début du xix"* siècle, conçoit-on une majorité parlementaire capable d'imposer une mesure aussi radicale à une administration apathique ou hostile?
Le parti évangélique ne saurait donc revendiquer pour lui tout seul la gloire d'avoir porté ce coup décisif aux progrès de l'esclavage. Ni Thomas (^larkson, ni Granviile Sharpe n'appartiennent au parti : ils
ncmenl anglais (juarid on voit lord Livorpool, dès le 7 juillet 1815, un peu plus do (juinzf jours après Waterloo, press(!r lord Castlereagh d'insister sur ce point auprès de Louis XVllI (Yonge, Life of lord Liverpool, vol. Il, p. 181)).
1. Clarkson, Hisl. of Ihe Abolition, vol. I, p. 443, r)08-56«.
2. Clarkson, ibid., vol. I, pp. 110 sqq., 442, 444-44.'). — Sur Ir H'Ic (lr> Quakers, cf. Life of William Allen, passim.
3. Cf. le discours de G. Philips (H. of C, 27 juin 1814; ParL Deb., vol. XXVll, p. 280), et Wilherforce, Journal, 2» juin 1800 : • Oh that I might be Ihe instrument of bringing him In the knowledge of Christ! I hâve entertained now and then a hope of it ... I <|uite love Fox for his gênerons and warm lldelily to the Slave Trade cause. » (Life, vol. m, p. 208.)
HISTOlHe DU PEUPLE ANGLAIS. 28
ont pris une part aussi considérable que Wilberforce à la propagande antiesclavagiste. En fait, Tévangélisme a joué ici un rôle comparable à celui qu'il a joué dans tous les mouvements philanthropiques de l'Angleterre moderne. Il a établi un lien, ménagé des transitions, entre l'Anglicanisme et le Dissent, entre les classes dirigeantes et les classes populaires, ou bourgeoises. Il a empêché un bloc réactionnaire de se former, obtenu, pour un mouvement dont les initiateurs étaient des boutiquiers et des prédicants, l'adhésion de la gentry, de la noblesse, parfois d'un membre de la famille royale. L'action du parti a été décisive, lorsqu'il s'est agi d'aboutir à un vote parlementaire, de transformer en décisions législatives les aspirations de la conscience publique.
Jusqu'en 1806 l'action a été difficile; il y avait tant de préjugés à combattre, tant d'intérêts à compromettre. Mais, à partir du moment où la grande loi de 1806 est votée, la propagande antiesclavagiste ne connaît plus d'obstacles. Dorénavant l'empire anglais tout entier est intéressé à l'abolition universelle de la traite : faute de quoi, l'Angleterre, emportée par un clan d'enthousiasme humanitaire, se trouverait avoir fait un marché de dupe, et ruiné ses colonies au profit des colonies rivales. De là, en 181-4, un soulèvement général de l'opinion, dont la violence déconcerte la mauvaise volonté des ministres et des diplomates anglais, « Je ne me rendais pas compte, écrit Wellington dépaysé dans son propre pays après tant d'années d'absence, du degré de frénésie où l'on est monté au sujet du trafic des esclaves*. » « La nation n'en démordra pas, écrit de son côté lord Castlereagh, qui vient de signer le traité de Paris, the nation is bent upon this object. Je crois qu'il n'y a guère de village qui n'ait tenu sa réunion, signé sa pétition; les deux Chambres ont pris des engagements formels; il faut que les ministres fassent de l'abolition la base de leur politique '^. »
JUIFS; PRESBYTÉRIENS D'ECOSSE; CATHOLIQUES. LE PROBLÈME DE L'ÉMANCIPATION CATHOLIQUE
^j.jM^ Nous avons défini l'influence exercée par le