‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 242 sur 387 · Cockburn, Life of Jeffrey, pp. 179 sqq · texte numérisé non relu

Cockburn, Life of Jeffrey, pp. 179 sqq

livres dont le parti libéral a dénoncé le calvinisme outré. Mécontents, quelques ministres orthodoxes se retirent, en 1733, de l'Église d'État, fondent une secte dissidente, bientôt scindée elle-même en sectes rivales ' : par le fait même de leur exode, la situation du parti libéral se trouve fortifiée dans l'Église, Dans les Universités, qui sont les séminaires du clergé écossais, le parti libéral remporte des succès plus faciles encore. Sa prédominance date du jour où, en 1737, Hutcheson commença d'enseigner à l'Université de Glasgow la religion naturelle et la morale « du plus grand bonheur du plus grand nombre ^ ». Puis vinrent les temps d'Adam Smith et de Reid à Glasgow, de Robertson et de Ferguson à Edimbourg. Reid réfute Hume, mais il ne l'excommunie pas. Il entretient avec lui des relations damitié : « Si vous renoncez à l'étude de la morale, de la politique et de la métaphysique, j'ai peur, lui écrit-il, que la matière nous manque^ ». Il appartient au parti qui protège Hume contre les persécutions des fanatiques, et empêche qu'il soit, selon le vœu du parti orthodoxe, cité à la barre de l'Assemblée pour entendre condamner sa doctrine.

En même temps que sur le dogme, la querelle porte sur l'organisation de 'l'Église; les deux partis s'accusent réciproquement de déranger l'équilibre de la constitution presbytérienne. Le parti « libéral » reproche au parti « populaire » de vouloir transformer une Église « presbytérienne » en une Église « congrégationaliste », de vouloir ériger chaque paroisse en une communauté religieuse autonome, élisant son pasteur en toute liberté, n'acceptant nul contrôle de nulle autorité supérieure : l'Église d'Ecosse n'est pas une Église libertaire, conforme à l'idéal des « Indépendants » anglais, c'est une Église démocratique, où les pasteurs et les fidèles acceptent implicitement de se soumettre aux décisions prises, à la majorité des voix, dans les assemblées de degrés divers qui les gouvernent. Le parti populaire réplique qu'il serait disposé à s'incliner devant les décisions des Synodes et de l'Assemblée générale, si la constitution primitive de l'Église d'Ecosse n'avait point, par d'autres côtés, subi de graves atteintes. Une loi de 1711 *, votée à Londres, a établi en Ecosse le système du patronage laïque, attribué soit à la Couronne, soit à de grands

1. Los liurghrrs (ît Ifs Anliburgliers «n 1740 («irub., Ecd. Ilist. of Scotland, vol. IV, p. 75). Les Antiburghers ho Hcindent d« nouvonu en 1804 par lu fornmtion du Constitulional Aisociale Presbytcry (Id., ibid., pp. 150 sqq.); les Burghers an 17»», pnr lu forrnnlion dtî VAssociatc Presbylrry (Id., ibid., pp. 104-165).

2. Hac, Life of A(Uim Smith, pp. 12-13. - W. II. Scott, Francis llutcheson, p. 57 sqq. .3. Ilunt, Religious Thought, vol. IIl, p. 324.

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