‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 244 sur 387 · MacKerrow, Hist. of the Sécession Church, 1841, p · texte numérisé non relu

MacKerrow, Hist. of the Sécession Church, 1841, p

2. Sur l'affaire Leslie, voir un récit très détaillé, Ed. Rev., oct. 1805, no. XIII. Professor Stewart's Statemenl of Facts (vol. VII, pp. 113 sqq.. L'article est de Borner), — et Grub, EccL. Hist. of Scotland, vol. IV, pp. 153-155. — Sur l'aversion qu'inspire aux évangéliques anglais l'esprit régnant dans les universités d'Ecosse, voir Life of Wilberforce, vol. II, p. 142 : ... Against Dundas I recommend and will cultivate in myself a propensity to direct hostilities. Reared as he has been in the small metaphysics of Scotland, and cramped by his country's imitative adoption of Frencli philosophy, I can only see in the influence of such a man the approaches of French morals, French politics, French atheism. — Ibid., vol. III, p. 229 : His connexion vvith Dundas was Pitt's great misfortune. Dundas was a loose man, and had been rather a disciple of the Edinburgh school in his youth.

Or, le livre de MacCrie est une apologie de Knox, écrite par un démocrate éclairé : à peine paru, il est pris sous le patronage de la libérale « Revue d'Edimbourg^ ».

Il se constitue de la sorte, en Ecosse, au début du xix^ siècle, une sorte de protestantisme rationaliste, de calvinisme intellectuel, où s'exprime le caractère paradoxal, double en quelque sorte, de la civilisation nationale. L'Ecosse est, d'une part, le pays du spiritualisme universitaire et de la philosophie des lumières. Elle est, d'autre part, un pays scrupuleusement respectueux des vieilles traditions religieuses, un pays où, chaque dimanche, la vie sociale est suspendue, où toutes les rues sont vides, où toutes les églises regorgent de fidèles. Mais ces contrastes n'empêchent pas, en fin de compte, un caractère très accentué d'homogénéité. Tous les Écossais, de quelque parti religieux qu'ils se réclament, sont écossais, fiers d'être écossais. Ils s'admirent les uns les autres en bloc, et méprisent les Anglais. Même ceux qui sont le plus émancipés du dogme chrétien aiment des coutumes religieuses qui sont nationales autant que religieuses; même ceux qui renoncent à ces pratiques restent attachés, d'une manière plus ou moins consciente, plus ou moins avouée, aux traditions morales qui sont celles de la religion de leurs pères.

En veut-on des exemples? Thomas Erskine, l'ami de Maurice et de la duchesse de Broglie, est un libre croyant, qui professe en matière de dogme des opinions singulières, qui ne participe à aucun culte. Mais il parlera toute sa vie avec émotion de 1' « atmosphère calviniste » dans laquelle il a été élevé, de cette religion « qui remenait tout à Dieu et à la pensée de Dieu, et anéantissait la créature devant lui- ». Thomas Garlyle ne veut pas être pasteur; il a perdu la foi chrétienne. Mais il reste un mystique, et il sait que son mysticisme, il le doit à son éducation familiale, à la secte dissidente dont ses parents faisaient partie, aux prédicateurs de la secte, « plus semblables à des évangélistes en costume moderne que n'importe quels autres prêtres, protestants ou papistes », au pauvre temple de son village, « rude, rustique, nu, mais plus sacré à ses yeux que la plus grande cathédrale du monde entier' » : il consacrera toute sa vie d'homme de lettres à la glorification de l'héroïsme puritain. Voici peut-être enfin le cas le plus typique. James Mil! est un libre penseur déclaré, adver.saire du dogme

\. Ed. liev. ,iu\y 1812, noXXXlX.art. I. MacCric'$ Life of John Knox (vol. XX, pp. 1 sqq.). — Voir cependant les réserve» faites quatre ans plus tard par la même Revue sur la thèse de MacCrie (sept. 1816, no LUI, art. Vill. Toleralion of the Rcformers (\o\. XXVIl, pp. 153 sqq.).

2. Lelters of Thomas Erskine .... cd. Hannn, 1877, vol. II, pp. 321, 'M).

3. J. A. Froude, Thomas Carlyle, a hiatory of the Jirat forty y cars of his iife, vol. l, pp. 11-12.

chrétien, et particulièrement du dogme chrétien sous sa forme calviniste. Mais lisez le portrait tracé de lui par son fils. « C'est à peine s'il croyait au plaisir.... Très peu de plaisirs, à son gré, tout au moins dans l'état actuel de la société, valaient le prix auquel on les achète.... Il considérait la vie humaine comme ne pouvant jamais avoir que peu de prix, une fois passée la fraîcheur de la jeunesse et la première curiosité rassasiée.... A l'égard des émotions passionnées de toutes sortes, à l'égard de tout ce qui a été dit ou écrit pour les exalter, il professait le plus profond mépris; il les regardait comme des formes de folie*. » Cet utilitaire est un stoïcien, presque un ascète : et comment ne pas voir, dans cet ascétisme instinctif, l'empreinte de son éducation première?

Thomas Garlyle et James Mill ont mené, pendant leurs années d'enfance et de jeunesse, l'existence que mène tout jeune Écossais, né pauvre et désireux de parvenir. Ses parents, son maître d'école, le ministre de sa paroisse, le destinent au pastorat : ils lui enseignent la lecture, l'écriture, le calcul, quelques rudiments de latin, puis le dirigent vers l'Université, pour y être préparé à l'ordination. Mais, en suivant les cours de Dugald Stewart, de Thomas Brown, de Playfair, de Leslie, le jeune homme sent son orthodoxie ébranlée, renonce au pastorat, et, cherchant un théâtre plus digne de son ambition, part pour Londres, où il deviendra publiciste, fonctionnaire, homme d'État. Il arrive dans la capitale, assuré d'être supérieur, intellectuellement et moralement, à tous les Anglais qui l'entourent. Il ne sépare pas l'une de l'autre ces deux supériorités, et est enclin à croire que, s'il paraît mieux doué intellectuellement, c'est parce que son caractère énergique lui a permis de mieux gérer le fonds de qualités intellectuelles qu'il possède en commun avec tous les hommes; or, ce caractère plus énergique, ne sait-il pas qu'il en est redevable à son éducation calviniste? C'est ainsi que les presbytériens d'Ecosse, durs pour les autres, durs pour eux-mêmes, infatigables raisonneurs, introduisent dans l'Angleterre du xix" siècle un principe de virilité intellectuelle qui lui aurait fait défaut si elle avait été livrée tout entière à l'influence sentimentale d'un Wesley ou d'un Wilberforce.

Sur les catholiques comme sur les presby- LES CATHOLIQUES tériens écossais, bien que pour des raisons

D'IRLANDE ET DE ..^, ^ ^ ' -, / j- r

GRANDE-BRETAGNE dilierentes et même opposées, la prédication

méthodiste est demeurée sans effet. Dix-sept fois Wesley a traversé le canal de Saint-George, et parcouru à cheval

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