Life and Speeches of Daniel O'Connell, voL II, p
3. Mem. and Corr. of lord Castlereagh, vol. IV, p. 224 : lettre du Rev. P. Macpherson ; à Sir J. G. Hippisley, Rome, 18 juill. 1800.
4. Ed. Rev., déc. 1816, no. LIV, art. IL Catholic Question (vol. XXVII, p. 321).
rémancipation catholique ; et la question d'Irlande est, pour les hommes d'État anglais, un sujet de légitimes appréhensions.
Ce que Pitt avait voulu, c'était résoudre à LE PROBLÈME DE ^^ f^jg^ g^^ Irlande, le problème politique et le
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OUF^TTON problème religieux. S il enlevait à 1 Irlande
D'IRLANDE ^^^'^ Parlement, il se proposait en revanche de
conférer aux catholiques irlandais le droit de siéger dans les deux Chambres. Il voulait, en même tem'ps, faire du catholicisme irlandais et du presbytérianisme irlandais (très puissant dans le Nord-Est) deux églises « établies ». L'État subventionnerait les prêtres catholiques, les ministres presbytériens, obtiendrait en retour un droit de contrôle sur la nomination des uns et des autres : de sorte que prêtres et ministres, au lieu de rester, comme ils l'étaient depuis dix ans, des fauteurs d'insurrection, deviendraient des agents gouvernementaux, intéressés au maintien de l'ordre public.
Du côté des presbytériens, le gouvernement anglais redoutait des difficultés : républicains jaloux, habitués à considérer leur Église ellemême comme une société rigoureusement autonome, se résigneraientils à subir la tutelle ministérielle? Du côté des catholiques, il espérait un succès plus facile*. Car les fidèles n'avaient pas l'habitude d'exercer un contrôle sur la nomination de leur clergé, et le clergé acceptait le projet de Pitt. Dix prélats, dont deux archevêques, accidentellement réunis à Dublin en 1799, avaient rédigé, signé, et laissé entre les mains de lord Castlereagh, une déclaration formelle à cet effet-. Toute randidature à Tépiscopat serait soumise à l'approbation du gouvernement britannique avant d'être présentée à Rome; toute nomination d'un prêtre paroissial serait notifiée par l'évêque, avec attestation que le prêtre a prêté le serment d'allégeance. Mais, le ministère de Pitt n'ayant pu obtenir pour les catholiques irlandais l'accès au Parlement de Westminster, les prélats battent en retraite : ils n'osent braver l'opinion irlandaise en acceptant les avantages pécuniaires qu'on leur propose, au moment où les. espérances de leurs coreligionnaires langues sont déçues^. Cependant, malgré tant d'échecs, les dirigeants anglais continuent à attendre de bons résultats du fait que, par laccomplissement de l'Union, les catholiques irlandais et les catholiques anglais prendront l'habitude d'agir en commun pour la défense
1. Mem. and Corr. of lord Castlereagh, vol. IV, pp. 223 8<i«l. : letiri! de lord Castlerciigh ù Addirigton, 21 juillet 1802,
2. On cri trouvora In Ifxtc dfiiis Wnkeflold, Ireland, vol. Il, pp. 514-51"».
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de leurs intérêts. « Cela peut contribuer à modérer la violence factieuse des Irlandais, écrit en 1807 Sir Arthur Wellesley à lord Hawkesbury; cela nous donnera en tout cas de nouveaux canaux pour connaître leurs secrets'. » Bien vite les événements déjouent cette attente.
En 1808, le mystère, jusqu'alors respecté, des négociations engagées avant l'Union entre lord Gastlereagh et les dix prélats, s'ébruite : Joseph Milner, vicaire apostolique du Midland District, et agent à Londres des prélats irlandais, reconnaît que le bruit est fondé, qu'effectivement dix prélats irlandais ont consenti, en 1799, à l'établissement d'un veto gouvernemental sur les nominations des évêques. Les avocats de l'émancipation, Henry Grattan, lord Ponsonby, s'empressent d'en tirer argument pour démontrer que les craintes manifestées par les adversaires de l'émancipation sont dénuées d'objet, que l'on peut, sans péril pour l'unité nationale, accorder la pleine égalité des droits aux catholiques. Mais aussitôt les catholiques du Royaume-Uni se divisent.
-Les catholiques des classes riches, aristocrates, membres de la gentry et de la bourgeoisie, propriétaires, avocats, commerçants, attendent avec impatience le vote d'une loi qui leur permettra de prendre une part active à la vie politique de la nation. Peu leur importe de concéder en échange au gouvernement un droit de veto sur la nomination des évoques. Ce droit de veto n'a rien de contraire à la discipline catholique; au Canada, le gouvernement anglais, substitué depuis la Guerre de Sept Ans au gouvernement français, ne nommet-il pas lui-même les évêques catholiques?
Les catholiques des classes pauvres n'ont au contraire aucun intérêt direct au vote de la loi : ce n'est pas eux qui deviendront jamais officiers supérieurs, juges, ou membres du Parlement; et en Irlande les catholiques pauvres ont une raison très claire pour s'opposer à l'établissement du veto, raison non pas religieuse mais politique, parce que ce serait donner au gouvernement de Londres un contrôle sur la nomination du clergé irlandais, parce que ce serait, après l'Acte d'Union, porter une nouvelle atteinte à leurs libertés nationales.
Un parti se forme en Irlande, dont le programme est la résistance au veto. Son chef, inlassablement éloquent, est le jeune avocat Daniel O'Connell, qui se refuse à séparer la cause de l'émancipation catholique d'avec la cause de lémancipation irlandaise : s'il fallait sacrifier l'une à l'autre, il sacrifierait celle-là à celle-ci*. Il se montre agitateur