MUSIQUE, ARCHITECTURE, SCULPTURE ET PEINTURE
Patronage monarchique; patronage aristocratique. A défaut du patronage d'une bourgeoisie trop laborieuse et trop austère, voilà les influences qui favorisent, en Angleterre, le progrès des beaux-arts. Pourtant, ne dogmatisons pas à l'excès. Entre les beaux-arts et les autres manifestations de la vie sociale, il est difficile d'établir des relations aussi simples qu'on le voudrait pour la commodité de l'histoire. Les dons naturels sont une condition n^^^^^ il n'appartient pas
à l'hislorien d'en expliquer la présence ou l'absence. Le néant de la musique anglaise, par exemple, l'aLtribuera-t-on à des influences piétistes? Sans doute les puritains anglais du xviiP siècle proscrivaient tous les beaux-arts, même la musique, et refusaient de faire place dans leurs services au chant des hymnes. Il n'en est pas moins vrai que, de tous les arts, la musique est celui à l'égard duquel la proscription devait être moins sévère : pourquoi donc l'Angleterre du xviii" siècle, malgré l'influence puritaine, a-t-elle eu des dramaturges et des peintres, et n'a-t-elle pas eu de musiciens? D'ailleurs le nouveau puritanisme, le méthodisme de Wesley, est à ce point de vue, comme à tant d'autres, un puritanisme transactionnel : le chant des hymnes, loin d'être interdit par les méthodistes, est un des signes distinctifs du culte évangélique. Charles Wesley, John Wesley luimême ont composé des hymnes classiques, et provoqué tout un mouvement littéraire qui aboutira, en 1833, à la publication de la Christian Psalmody d'Edward Bickersteth, tirée à 150 000 exemplaires ^ Quant à l'Église officielle, si d'abord elle se défie du chant des hymnes précisément parce que les méthodistes le préconisent, elle encourage, par réaction, et pour faire concurrence aux sectes, la musique instrumentale. Burney, à la fin du xviii® siècle, introduit dans les églises anglicanes des chanteurs professionnels ^. Sydney Smith constate, quelques années plus tard, que l'on utilise de plus en plus la musique pour attirer les fidèles, et mentionne l'établissement d'un grand nombre d'orgues dans les églises provinciales ^ Cette émulation aurait pu aboutir à un renouveau de la musique sacrée. S'il n'en a pas été ainsi, peut-on en tenir pour responsable le piétisme régnant? ne vaut-il pas mieux supposer une incapacité de la race?
Considérons l'architecture après la musique. Il semble que l'on puisse mieux discerner ici l'action des circonstances environnantes.
1. Overton, Evangelical Movement, pp. 124 sqq.; English Church, pp. 1.32 sqq.