‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 268 sur 387 · Patronage, chap. xxii · texte numérisé non relu

Patronage, chap. xxii

4. Byron, Ënglish Bards and Scotch Reviewers, v. 1-2, et note. — Qaarterly Beview, sept. 1812, art. VI. D'IsraeliS Calamities of Aathors (vol. VIII, pp. 122-123 ; l'article est de Southey).

girait de se voir affublé du litre de poète lauréat. « N'acceptez pas, lui écrit le duc de Buccleugh, une situation qui, de l'aveu général, passe pour ridicule^ » Certains voudraient que l'État fît pour les gens de lettres ce qu'il a fait pour les peintres, les sculpteurs et les architectes, qu'il fondât une institution semblable à l'Académie française-. Mais le projet avortera : quand la Royal Society of Literature se constituera en 1823, elle dégénérera en une simple « Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ». Ganning, sollicité, refuse d'appuyer l'idée. « Je crois, déclare-t-il, d'accord avec le docteur Johnson, que le meilleur protecteur des lettres et de la culture, c'est le public ^ » La cour, et l'aristocratie elle-même, perdent leur prééminence. Les directeurs de théâtres et les éditeurs, intermédiaires entre l'auteur et le public, attentifs à diriger ou à suivre les goûts de l'un ou de l'autre, deviennent, à leur place, les véritables organisateurs de la société littéraire.

Ce n'est pas le théâtre, à vrai dire, qui fait LE THEATRE a w , j ' * r » i

en Angleterre les grandes réputations et les

grandes fortunes. Depuis Otway, la tragédie est morte. Le Douglas de Home, vieux d'un demi-siècle déjà, les tragédies psychologiques de Joanna Baillie, beaucoup plus récentes, sont des tentatives artificielles et vaines. On fabrique des drames sombres et gothiques, et le Bertram de Maturin obtient en 1815 un succès éclatant; personne ne songe cependant à considérer les pièces nouvelles, même quand elles réussissent, comme destinées à devenir des œuvres classiques. La comédie a brillé, une dernière fois, d'un vif éclat pendant les premières années du règne de George III, au temps de Sheridan et de Goldsmith. Mais Sheridan vient de mourir; et, quand il est mort, le politicien avait depuis longtemps tué en lui l'auteur dramatique. Si Charles Dibdin, George Colmàn le jeune. Prince Hoare ont continué à écrire des pièces légères, faciles et plaisantes, la décadence n'en est pas moins rapide, et nul ne la conteste. Les directeurs de théâtre, pour suppléer à l'insuffisance du répertoire national, font jouer *des adaptations de pièces françaises, anciennes ou nouvelles. Tenant compte du fait que, depuis 1792, la littérature française est en défaveur, ils cherchent en Allemagne un nouveau répertoire : le public de Londres a pris, depuis une vingtaine d'années, l'habitude d'aller pleurer aux drames de Kotzebue*. L'art dramatique anglais s'achemine vers h) néant.

1. Lockhnrl, Memoirs of thc life of Sir Walter Scott, voL IV, p. 02.

2. Voir Quarterly Rcview, s('pt. 1812, l'article de Southoy, cité ci-dos8U3. .3. Smiles, Murray, vol. I, p. 237.

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