‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 27 sur 387 · Brenton, Life of Saint Vincent, \>>\. Il, |i · texte numérisé non relu

Brenton, Life of Saint Vincent, \>>\. Il, |i

paix d'Amiens, le ministère anglais ayant décidé d'envoyer une escadre aux Barbades, les marins, qui escomptaient un prochain licenciement, murmurent, refusent de partir : seize meneurs sont exécutés ^

Aussi bien, cette dure répression apparaît, dans l'histoire de la marine anglaise, comme un incident exceptionnel. Pour apaiser l'humeur insurrectionnelle des matelots, on a multiplié les concessions. Tout ce que réclamaient les mutins de Portsmouth leur a été accordé, et pas un homme n'a été puni. La révolte de la mer du Nord a été réprimée plus durement; c'était un de ces seconds mouvements insurrectionnels par lesquels les gouvernements ne se sentent pas pris au dépourvu : ils font expier aux meneurs de la seconde révolte la faiblesse dont ils avaient fait preuve lors de la première émeute. Pourtant le ministère, cette ibis encore, se préoccupe visiblement de frapper le plus petit nombre possible d'individus : ceux qu'il condamne à la prison, il n'attend qu'une occasion favorable pour les graciera La flotte rebelle ne perd aucun des avantages obtenus d'avance, pour tous les marins, par l'émeute de Portsmouth. Les équipages reçoivent une part plus gi'ande des prises. Les officiers subalternes et les marins de première classe voient relever leur solde de o s. 6 d. par mois, les marins de deuxième classe, de 4 s. 6 d.. En 1806, le ministère Fox- Grenvillc opère de nouveaux relèvements :5 s. pour les officiei*s subalternes, 4 s. pour les marins de première classe, 2 s. pour les autres ^ Sir John Jervis, devenu lord Saint-Vincent après sa grande victoire de 1797, réforme et adoucit la discipline; veillé à ce que les hommes soient bien nourris; fait établir le premier, à l'usage des malades, une cabine spéciale*. La peine du fouet est maintenue; mais les meilleurs amiraux, Nelson et Collingwood, l'appliquent le moins souvent possible. Un an se passe quelquefois sans qu'un seul marin soit fouetté sur leurs escadres ^ Et voici un incident qui est de nature à faire voir combien l'Amirauté est soucieuse de manifester sa sollicitude à l'égard des simples matelots. Un lieutenant de marine, commandant d'une corvette, ayant, dans un accès de colère, tué un sergent d'infanterie de marine coupable d'insubordination, est, en 1812, condamné à mort, exécuté. Il n'est pas môme fusillé, mais pendu comme un assassin vulgaire ^

1. BrentoQ, Naval History, vol. II, pp. 559 sqq. ; Life of Saint Vincent, voL II, pp. 100-102 ; Diary of lord Colchester, vol. I, pp. .396 sqq. ; Pellew, Life of lord Sidmoutk, vol. I, p. 363.

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