LIBRAIRES \.„^ • ^ 1 T
ET AUTEURS xviii" Siècle. Les premiers grands libraires
anglais, Jacob Tonson, Bernard Lintot ont
fondé leurs maisons peu de temps après la Révolution de 1688. La
maison Longman, à Londres, date de 1724. Nous voyons, dans les
premières années du règne de George III, Elliot, à Edimbourg, s'attirer
la jalousie de toute la corporation par son audace en affaires et les
hauts prix qu'il offre aux auteurs; Miller, dans Albemarle Street,
acquérir assez de respectabilité pour être désigné sous le nom de
« Lord Albemarle « ; Joseph Johnson, l'éditeur des dissidents libéraux,
donner des réceptions où l'on rencontre Price, Priestley, le peintre
Fuseli, Gilbert Wakefield, Mary Wollstonecraft. Mais c'est depuis une
vingtaine d'années seulement que la révolution industrielle pénètre et
^ transforme la vieille corporation des libraires, la Stationers' Company *.
C Naguère, il n'existait pour ainsi dire pas de concurrence entre libraires : les livres étaient souvent publiés « coopérativement » par plusieurs membres de la corporation, ou par la corporation tout entière ^ Chaque libraire, d'ailleurs, était surtout un marchand de livres au détail — livres neufs ou vieux, — un fournisseur de bibliothèques aristocratiques. C'est par surcroît seulement qu'il se faisait éditeur; et les affaires se réglaient entre libraires par la voie du troc, chaque libraire échangeant une partie du stock édité chez lui contre
1. Dibdin, Hist. of the Londoii Théâtres, pp. 19 sqq. L'émeute aurait eu des dessous politiques suivant Boaden, Memoirs of Kemble, voL II, p. 500 sqq. — Cf. Boaden, Memoirs of Mrs. Siddoiis, voL II,' p. 369-370.