‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 282 sur 387 · juin 1823 (Archibald Constable, vol. III, p. 267 n · texte numérisé non relu

juin 1823 (Archibald Constable, vol. III, p. 267 n

2. Cadell à Constable, 5 février 1823 (Archibald Constable, vol. III, pp. 2

sont venues favoriser le développement de la nouvelle école. La Révolution française creuse un abîme entre la culture française et la culture anglaise ; la littérature allemande est en train de naître, sentimentale, romanesque et fantastique; donner à son imagination un tour « teutonique », écrire des « romans gothiques », c'est collaborer à la réaction anti-gallicane et anti-jacobine. Mrs. Radcliffe publie ses fameux romans, les chefs-d'œuvre du genre : le « Roman Sicilien », le « Roman de la Forêt », les « Mystères d'Udolpho », 1' « Italien ». Lewis écrit son « Moine », à la fois terrible et licencieux. « Les Enfants de l'Abbaye » de Mrs. Roche obtiennent un succès presque égal à celui des « Mystères d'Udolpho ». « Pendant que j'étais malade, écrit lady Holland en 1800, j'ai lu des tas de romans, sales drogues pour la plupart, pleins de spectres et de fantômes, comme le veut le goût du jour i.»

Le rationalisme moderne impose cependant certaines limites à cette renaissance du fantastique. Horace Walpole, dans le manifeste qu'il met en tête de son « Château d'Otrante », ne se pose pas en adversaire intransigeant du réalisme : il désire que son roman occupe une place intermédiaire entre le roman à l'ancienne manière, où « tout était imagination ou improbabilité », et le roman moderne, « qui vise seulement à copier la nature ». En même temps qu'il laisse à son imagination toute liberté « de voguer à travers les domaines illimités de l'invention », il veut que les personnages de son drame se comportent « selon les règles de la vraisemblance » ; il veut les faire agir « comme on peut supposer qu'agiraient des hommes et des femmes ordinaires, placés dans des .situations extraordinaires^ ». Et c'est encore par réalisme, pour suivre la nature de plus près, qu'il allie, dans son roman, le comique et le tragique, « le bouiïbn et le solennel », à l'imitation de Shakespeare, plus grand que Voltaire. Chez Mrs. Rad ciifife, il n'existe même pas de véritable fantastique. A la fin du roman, le lecteur est ra.ssuré, non point seulement par un dénoûment heureux, où les bons sont récompensés et les méchants châtiés, mais par l'explication rationnelle de tous les faits étranges qui, au cours du récit, avaient paru surnaturels.

L'Irlandais Maturin est le dernier représentant de l'école de la

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