‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 283 sur 387 · Journal of lady Holland, 12 janv. 18(H) (vol. II, p · texte numérisé non relu

Journal of lady Holland, 12 janv. 18(H) (vol. II, p

2. l'réfftce de la 2' M. — Cf. préface de la 1" édition, pp. vii-viii : ... If Ihis air of thc miraculous is excused, th<! rcador vvill flnd riothiii;:; clse uiiworthy of liis perusal. Ailow the possibility of thc facls, and ail th(! actors comport llicmsclves as persons would do in their situation.. There is no hombast, no similies, tlowers, digresaions, or unnocessary descriptions ... The characters are well-dravvn. and still hetter mainlained. — Miss Clara Heove, à son tour, dans le Old En<jli$h Baron, a l'intfMilion de ramener dans de plu» étroites limites le merveilleux dont elle emprunte' les recettes h H. Walpole W. Scott, Lives of Ihe novdisla (vol. II, p. 174).

terreur. Mais, en 1818, dans la préface de son « Pour et Contre », il avoue que ses œuvres antérieures — the Wild Irish Boy, Montorio, the Milesian Chief — n'ont obtenu qu'un succès de qualité médiocre, et cela, pense-t-il, parce qu'elles manquaient de « réalité », de vraisemblance, parce que « les caractères, les situations, le langage étaient tirés de sa seule imagination * » : le nouveau roman qu'il offre au public est un roman pauvre en incidents, où tout est emprunté à l'observation de la vie commune. Déjà dans les dernières années- du xvm* siècle, quand l'école de la terreur était en pleine vogue, cette mode avait quelque chose de factice. En 1815, elle est sur son déclin.

En réalité, le public anglais n'a jamais été condamné à se repaître exclusivement de romans « gothiques ». Le roman réaliste^ a survécu à Fielding et à Smollett; il a seulement changé de caractère, perdu son ancienne brutalité, son ancienne verdeur masculine. Pourrait-il en être autrement? Le genre est à présent accaparé par les femmes. Robert Bage, dont les romans politiques furent appréciés dans les dernières années du xviii^ siècle, vient de mourir. Henry Mackenzie, l'auteur du Man of Feeling, William Godwin, l'auteur de Caleb Williams, se survivent en quelque sorte à eux-mêmes. Le cas unique de Maturin n'infirme pas la règle générale : ce sont des femmes dont les œuvres encombrent, dans les premières années du siècle, les rayons des cabinets de lecture. Signe du degré d'émancipation où la femme anglaise est parvenue. Mais c'est une émancipation dont il est difficile de définir le caractère avec exactitude.

Elle ne paraît guère dans les lois. L'émancipation civique du sexe féminin est, bien entendu, extrêmement loin d'être accomplie; et la « Défense des Droits de la Femme » de Mary Wollstonecraft, n'a éveillé qu'un faible écho dans l'opinion. L'émancipation civile ellemême est peu avancée. Si les femmes riches ont obtenu « en équité », grâce à une utilisation habile des trustées, la protection de leur apport dotal contre l'exploitation maritale, il n'en reste pas moins vrai qu' « en loi commune », l'épouse n'a aucun droit sur sa fortune personnelle ^ Elle n'a pas même la ressource du divorce, réservée aux femmes très riches, puisqu'il faut obtenir pour chaque divorce une loi spéciale du Parlement. Ce sont donc les mœurs, et non les lois, qui assignent à la

1. Cité dans VEd. Rev., juin 1818, n" LIX, art. ix. Women, or Pour et Contre (vol. XXX, p. 235).

2. Pour distinguer les deux formes de roman que nous désignons respectivement sous les noms de « roman romanesque » et de « roman réaliste », les Anglais ont les deux mots de romance et de novel. Voir les définitions : Clara Reeve, Progress of Romance, pp.6, 7, 111.

3. Sur cette jurisprudence, voir les intéressantes observations de A. V. Dicey, Law and Opinion in Engtand, pp. 369-373; trad. fr., pp. 350-373.

femme un degré de liberté personnelle dont, semble-t-il, elle ne jouit pas dans les pays continentaux : l'opinion considère, par exemple, qu'en Angleterre, à la différence de ce qui se passe en France ou en Allemagne, le mariage d'amour est la règle, et que la jeune fille, normalement, doit choisir son mari. Cependant cette liberté personnelle plus grande, la femme anglaise n'en use point pour affirmer son droit à penser, vivre, écrire comme pensent, vivent, écrivent les hommes de son temps. Fière de sa moralité supérieure, elle veut plutôt imposer à la portion masculine du genre humain la réserve de manières et de langage que le monde exige d'une honnête femme ou d'une jeune fille bien élevée. Voyez-y un effet de la propagande évangélique : nulle part la vertu féminine ne présente un caractère plus agressif que dans les romans dogmatiquement chrétiens d'Hannah More ou de Mrs. Sherwood. Ailleurs la même influence s'exerce, quoique d'une manière indirecte et atténuée. Mentionnons seulement les noms de Mrs. Inchbald, de Mrs. Opie, de Mrs, Owenson, de Miss Mary Brunton; et arrôtons-nous aux plus grandes parmi les femmes auteurs de l'époque, à Miss Burney, à Miss Edgeworth, à Miss Austen, Toutes trois maintiennent, pendant que délire Mrs. Radcliffe, la tradition réaliste. Mais toutes trois ignorent ce qu'il y a, dans la vie, de brutal et d'ignoble. Elles se bornent à observer, avec une minutie admirable, ce qu'une jeune fille de bonne éducation et d'intelligence vive peut (comprendre du monde qui l'entoure, .

Le sujet des romans de Miss Buriiey est toujours le môme. Une jeune fille se trouve, par de's^malheurs imprévus, brusquement aux prises avec les difficultés de l'existence, et le récit de ces difficultés constitue tout le roman. Les épisodes tragiques ne manquent pas; mais ce qui fait l'intérêt des œuvres de Miss Burney, c'est la description précise des mille incidents de la vie courante : le tableau d'un bal, d'une soirée passée à Vauxhall, l'histoire d'une famille bourgeoise vivant à Londres au delà de ses moyens, d'une famille aristocratique tyrannisée par un père solennel et stupide. Le roman de Miss Burney tient de la peinture de genre et de la caricature. Le ton en est scrupuleusement honnête : Miss Burney a mérité d'être promue dame d'honneur à la cour bigote et prude de Windsor. « Tant de talent, s'écriait le vieux Samuel Johnson, quand, pris d'enthousiasme pour la jeune romancière, il la prrsentait à ses amis, tant de talent, et si pure'! »

Miss Edgeworth est un pédagogue. Son dessein avoué est (lil!usli<M-,

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