Madanu! d'Arblay, Diary and Letters, voL II, p
SOUS une forme Imaginative, les conseils de morale contenus dans les ouvrages didactiques dont elle-même et son père sont les auteurs. Les « Contes Moraux » et les « Contes Populaires » mettent en action « l'Éducation Pratique » ; les « Contes de la Vie Élégante » mettent en action les « Essais sur l'Éducation Professionnelle^ ». La morale de Miss Edgeworth n'est pas mystique : quand elle prêche, quand elle raconte, elle se tient aussi près de terre que possible. Parfois elle se borne à raconter pour le plaisir de raconter : ses contes irlandais n'ont d'autre objet que de faire connaître au lecteur anglais le désordre pittoresque et la générosité native qui caractérisent les mœurs de son pays. Les jugements de la critique permettent de deviner ce que le public apprécie dans ces romans, qui ont passé pour des chefs-d'œuvre. C'est, déclare la « Revue d'Edimbourg », « la quintessence du sens commun 2 ». a Miss Edgeworth, observe la Ouarterly Eeview, est, si l'on pejit forg^un mot nouveau, un romancier anlisentimental^ . »
Chez Miss Austen ce réalisme efféminé atteint sa perfection. Dans les deîmièrÊS-^nées du xviii^ siècle, les éditeurs refusaient de l'imprimer. Elle vient de trouver enfin un éditeur et des admirateurs. Sensé and Sensibility a paru en 1811, Pride and Pi'ejudice en 1813, Mansfîeld Park en 1814. Emma paraît en 1815. Les petites jalousies, les petites haines, tout ce qu'il y a de puéril et de mesquin dans les relations qu'entretiennent des voisins de campagne ou de petite ville est noté par elle avec une précision dépourvue d'aigreur, mais impitoyable. « Je viens, écrit Gifford à Murray, de jeter les yeux pour la première fois sur Pride and Préjudice : c'est vraiment une très jolie chose. Point de corridors sombres; point de chambres secrètes; point de vent qui gémit dans de longues galeries; point de poignards ensanglantés. Il faut à présent laisser tout cela aux femmes de chambre de grande maison et aux blanchisseuses sentimentales ^ ». Et, dans sa « Revue », il salue l'apparition, « depuis quinze ou vingt ans », d'un genre de roman qui, « au lieu des spectacles splendides d'un monde imaginaire », nous offre « une représentation correcte et frappante de ce qui se passe tous les jours autour de nous ^ ». Le roman de Fielding et de Smollett, c'était le roman de la vieille Angleterre whig, insubordonnée, tumultueuse et débraillée. Le roman de Mrs. Radcliffe, c'est
1. Voir préface de R. L. Edgeworth. placée en tête des Taies of Fashionable Life, 1809, p. 4.
2. Ed. Rev., fév. 1813, no XL VIII, nrt. III. Standard Novels and Romances, (vol. XXIV, p. 334),
3. Quarterly Review, janv. 1814, art. I. Miss Edgeworth's Patronage (vol. X, p. 305).