Childe Harold, Canto III, Lxxiv
3. Sur cette inspiration wordsworthienne chez Byron, voir Mem., Journ. and Corr. of Thomas Moore, vol. III, p. 161. — G. Brandes, Hauptstrômungen ..., vol. IV. Der Naturalismus in England ..., p. 47.
4. Poems ... including Lyrical Ballads, and the Miscellaneous Pièces of the Author, with additional Poems, a new Préface, and a Supplementary Essay, in two volumes, Loadon, 1815. — A vrai dire, Wordsworth se fait illusion; son heure n'est pas encore venue; voir Ed. Rev., nov. 1814, n° XL VII, art. I. Wordsworth's Excursion (vol. XXIV, pp. 1 sqq.), et Quarlerly Review, oct. 1815, art. X. Wordsworth's White Doe (vol. XIV, pp. 201 sqq.).
Son système poétique porte sur la forme et sur le fond. Pour ce qui est de la forme, il nie l'existence d'une « diction poétique » : le poète doit savoir provoquer les émotions les plus vives et les plus profondes avec les mots et les tours de phrase dont tous les hommes se servent tous les jours. Pour ce qui est du fond, il nie Texistence d'une catégorie de sujets spécialement poétiques : le vrai poète n'a besoin ni d'aventures extraordinaires ni d'événements surnaturels ni de faits rendus mystérieux par le recul du passé et de la distance. Les joies et les tristesses de la vie quotidienne, les calmes paysages de la campagne anglaise, ont leur beauté : il suffit de s'attacher à les décrire avec une précision minutieuse pour rendre cette beauté sensible. Est-ce à dire que la poétique de Wordsworth se réduise à une théorie du prosaïsme et du réalisme? qu'elle aboutisse à justifier de petits poèmes descriptifs comme en écrit Crabbe, comparables aux tableaux de genre de Wilkie et de Mulready? Il y a quelque chose de plus chez Wordsworth. Non seulement il vise à corriger le goût, il veut encore « réformer et épurer » les « sentiments moraux » de ses lecteurs. Son prosaïsme, son réalisme dissimulent une arrière-pensée morale et religieuse.
Tout dans la nature mérite d'être observé, décrit jusque dans les plus humbles détails, parce que tout y est créé par une Volonté infiniment bonne. La poétique de Wordsworth repose sur un optimisme radical, sur la conviction qu'il y a harmonie essentielle entre la nature et l'homme. Malheureusement, à mesure que se développe chez l'homme la conscience qu'il est un individu autonome, capable de penser par lui-même, d'agir selon sa volonté propre et son caprice, il y a rupture de son équilibre avec le milieu où le Créateur l'a fait naître : la civilisation, la vie artificielle qu'on mène dans les grandes villes, lui font perdre la notion des rapports vrais qui existent entre les choses et lui. Il appartient au philosophe, par l'intermédiaire du raisonnement, il appartient surtout au poète, par la voie plus directe du sentiment, de réconcilier l'homme avec la nature et avec Dieu. Comment le poète, élevé par Wordsworth à la dignité d'un théologien, atteindra-t-il son but? En faisant de tout poème une métaphore continue, expression de l'intime fusion de notre âme avec l'univers.
To every natural form, rock, fruits, or llnwer Even the looso stones tbat cover Ihe higli-way I gave a moral life : I saw lliem feel, Or linked them to some Ceeling ^..
Ainsi se réadapte l'homme au milieu dans bMjuel il est né ; ainsi se