‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 295 sur 387 · Principle of Population, Book IV, chap. ix · texte numérisé non relu

Principle of Population, Book IV, chap. ix

4. Eden, State of the Poor, vol. III, p. cccviii; A'ppendix n" XI : Mr. PitVs Speech, and Heads of his Bill for the Relief of the Poor. — Voir sur le bill de Pitt les observations critiques de Bentham, Observations on the Poor Bill, etc. (Works, éd. Bowring, vol. VIII, pp. 369-439).

5. Voir les débats : H. of C, 19 fév., 24 avril, 13 juillet, 4 août 1807; H. of L., 11 août 1807 (Pari. Deb., vol. VIII, p. 865; vol. IX, pp. 423, 798, 1049*, 1174). — Projet repris par Robert Owen ea 1813; voir Diary oflord Colchester, 30 avril, 4 mai 1813 (vol. II, pp. 444-445).

respect des volontés du fondateur'. Loi d'ailleurs inefficace, plusieurs fois amendée et atténuée au cours d'interminables débats. Si, depuis un demi-siècle, l'éducation populaire a fait d'indéniables progrès, l'État n'y a été pour rien. C'est la libre initiative des philanthropes qui remédie, dans une certaine mesure, à l'inertie des pouvoirs publics.

Un journaliste local, Robert Raikes, assisté d'un ministre anglican, a fondé, en i780, à Gloucester, la première « école du dimanche ». Chaque dimanche, les enfants sont deux fois conduits à l'église, apprennent le catéchisme, et reçoivent un rudiment d'instruction sous la surveillance d'un maître rétribué ou bénévole. Raikes trouve des imitateurs. Dans de grandes villes comme Leeds et Birmingham un plan méthodique est adopte. La ville est divisée en districts ; et, dans chaque district, une école du dimanche est ouverte aux garçons, une autre aux filles. En 1785 se fonde une London Society for the establishment of Sunday Schools ; en 1803, une Sunday School Union, dont l'activité s'étend à l'Angleterre tout entière. On estime en 1820 que 477 225 enfants, en Angleterre et dans le pays de Galles, fréquentent les écoles du dimanche-.

Par quelles influences s'explique le succès du mouvement ? Le sentimentalisme humanitaire, dont Jean-Jacques Rousseau est le plus éminent représentant, vient d'éveiller, dans la conscience publique, une sollicitude plus vive à l'égard de l'enfance. D'où la renaissance de la pédagogie, et la publication des premiers livres directement adressés aux petits enfants, pour leur divertissement et leur instruction. Il est probable que des personnalités aussi orthodoxes que Mrs. Trimmer ou Mrs. Sherwood subissent elles-mêmes, involontairement ou inconsciemment, la contagion des idées de Rousseau, lorsqu'elles créent en Angleterre une littérature enfantine. Néanmoins, dans le mouvement des écoles du .dimanche, l'inspiration dominante est nettement religieuse et évangélique. Il s'agit de sanctifier le jour du Seigneur, et de sauver des âmes.

John Wesley encourage le mouvement. Henry Thornton fait partie, en 1785, du comité directeur de la London Society. Hannah More, sur

1. 52 Geo. III. r. Kii : An Act to provid(3 a summary romedy in cases of abuse» of trusts creatcd lur cliari table purpose». — Cf. Observations on the amcnded Bill now depending in the llousc of Gommons « for the registcring and securing of charitable donations for the benefit of poor persans in England » [par A. llighain], jauv. 1810. — Voir encore H. o/C, 9 janv. 1812 (Pari. Deb., vol. XXI, p. 108); 20 avril 1812 {Pari. Deb., vol. XXII, p. 1119). — Sur l'agitation qui a conduit au vote de celte loi, voir T. Bernard, Of the Education of the Poor, pp. 43, U, 45, 300 sqq.

2. A Digest, vol. 111, pp. 1171, 1275. Chiiïre pour l'Angleterre : 452 817 enfants. — Chiffre pour le pays d(( Galles : 24 408 enfants. — Hrougharn (28 juin 1820; Pari. Deb., new séries, vol. Il, p. 02) donne un chilTre dilférent, de beaucoup inf<''rieur : 100 000 seulement.

le conseil de Wilberforce*, consacre dix années de sa vie à fonder des écoles du dimanche dans le Gloucestershire; et, pendant ces dix années, elle est en butte, de la part de la gentry et des fermiers des environs, de la part de la presse tory, à de furieuses accusations : « Ses écoles sont dangereuses pour l'ordre public; le bas peuple y apprend à penser par lui-même ; ce sont des foyers d'insubordination religieuse et politique, de méthodisme, de jacobinisme. » L'accusation de jacobinisme est absurde; l'accusation de méthodisme l'est moins. Il arrive que les maîtres d'école choisis par Hannah More s'érigent en prédicants, et que tel de ses établissements dégénère en meetinghouse nonconformiste^.

Joseph Lancaster, un quaker, ouvre en 1798, à Londres, une petite école, où il prétend appliquer des principes nouveaux. Il réforme la discipline en utilisant le mobile de l'opinion publique, en appliquant une méthode rationnelle de récompenses honorifiques et de peines humiliantes. Il a des procédés originaux, pour enseigner à écrire et à compter avec la craie et l'ardoise. Il emprunte en outre à un clei'gyman anglican, le docteur Bell, la méthode de l'enseignement « par moniteurs » : le maître se fait aider par un certain nombre de sous-maîtres, recrutés parmi les élèves eux-mêmes, et qui surveillent chacun sous sa direction une petite escouade de dix enfants. Grâce à ce système, essentiellement économique, « un seul maître peut instruire mille enfants non seulement aussi bien, mais beaucoup mieux qu'on ne fait par les méthodes ordinaires, à des frais qui n'excèdent pas cinq shillings par an et par tête' ». Lancaster intéresse à son école les gens de sa secte, riches, et toujours disposés à dépenser de l'argent en œuvres philanthropiques. Il sait obtenir le patronage de lord Somerville, du duc de Bedford, de deux princes du sang. En 1805, son école, devenue gratuite, peut contenir mille élèves. Elle lui sert en même temps d'école normale : les moniteurs sont autant d'apprentis instituteurs, prêts à aller diriger dans les provinces d'autres écoles fondées sur le même modèle*. Mais Lancaster est mauvais administrateur, dépensier; en 1807, il se trouve avoir à faire face à un passif de 3 000 1.. Alors ses amis viennent à son secours, fondent la Royal Lancasterian Insti-

1. Life of Wilberforce, voL I, pp. 246-247 : Lettre à Hannah More, oct. 178'J.

2. Pour tout ceci, voir Roberts, Memoirs ... of Mrs. Hannah More, voL U, pp. 178, 215 sqq. ; vol. III, pp. 101 sqq., 115 sqq., 254. — Voir, sur les écoles fondées par Mrs. Hannah More, T. Bernard, Education of thePoor, pp. 112 sqq. — Sur les écoles du dimanche dissidentes, et certaines tentatives faites par le clergé anglican pour obtenir qu'elles soient condamnées comme contraires au Conventicle Act, voir Times, 7 août 1811.

3. Ed. Rev., nov. 1810, art. III, Education of the Poor (vol. XVII, p. 67).

4. Sur les progrès du système en Angleterre, voir The Philanthropist, vol. I, pp. 118 sqq. (1811).

tution, qui devient en 1814, Lancaster ayant été définitivement éliminé après de nouvelles extravagances, une puissante société d'éducation populaire, la British and Foreign School Societij.

De quels éléments se compose ce groupe d'éducateurs? Wilberforce, sollicité d'accepter un poste de vice-président dans le comité de r « Institution Lancastérienne », a refusé : il n'aime pas une pédagogie fondée tout entière sur l'émulation et la vanité. Mais il a hésité quinze jours avant de refuser'; et les membres actifs de 1' « Institution » sont ces Dissidents philanthropes, quakers ou membres des trois vieilles dénominations, pour lesquels il a tant d'estime et de sympathie, avec lesquels il a tant de fois agi de concert 2. A eux se joignent Bentham et ses amis, irréligieux, imbus des idées du xviii* siècle français, séduits par ce qu'il y a d'expérimental et de « mécanique » dans les procédés éducatifs de Lancaster. C'est à 1' « Institution Lancastérienne » que James Mill s'initie aux méthodes de la propagande réformatrice; c'est là que Brougham entre en rapports avec lui, et, par son intermédiaire, avec Bentham^ Ils fondent à Westminster une branche de la Société. Bentham offre sa maison pour servir d'école; il écrit, en manière de programme d'études, une « Chrestomathie », un traité de r « Enseignement Utile * ». Entre croyants et incroyants, des frottements sont inévitables. Cependant l'alliance n'est pas rompue. Les Benthamites sont les théoriciens de l'industrialisme, les avocats de la classe sociale où, d'autre part, la propagande évangélique a fait les progrès les plus marqués. Cette société exprime excellemment l'état d'esprit de la jeune bourgeoisie, demi-protestante, demi-industrialiste, passionnément philanthropique.

Les écoles lancastériennes sont des écoles neutres; ou, pour parler plus exactement, elles observent une neutralité stricte vis-à-vis des diverses sectes chrétiennes. La lecture de la Bible y est de règle, mais sans commentaire, sans catéchisme. Pour employer la formule que James Mill, partisan, au fond, d'une neutralité plus radicale, a mise en tête d'une brochure de propagande, ce sont « des écoles pour tout le monde, non pour les anglicans seulement ». Aussi la Haute Église s'émeul-ellc.

Mrs. Trimmer d('iioiirc ime méthode pédagogique qui fait passer

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