I.ifa of \Vilh,Tforcc, voL III, p
2. Sur Iti n.lt; des qunkcr» dans l'Iristilution lancastérienne, voir Lifeof William Allen, voL I, pp. 03 8q<l.. 101) srjq., 112, 113. lli, 132, 1.51 sqq., 100.
3. Sur cette intervention des Benthamites, voir Grahani Wallas, Life of Francis Place, pp. U3 sqq., et notre Formation du Hadicalismc l'hilosopkique, vol. Il, pp. 247 sqq.
4. Chreslomalliia; beimj a collection of f>apers, ex/danatory of the design of an Institution proposed to be set onfoot undcr the name of Ihc ChrcstomaHlIiic dny scliool,for the use of the middling and higher ranks in lifc {Works, éd. IJowring, vul. VIII, ii]». 1 sqq.).
« la crainte de l'homme avant la crainte de Dieu », et accuse Lancaster de travailler, dans ses écoles, à discipliner l'armée de la révolution prochaine ^ Daubeny voit en Lancaster un déiste, un nouveau Julien l'Apostat, un suppôt du diable ^ Goleridge, devenu le métaphysicien de la « Haute Église », lit, au cours d'une leçon publique, un passage du livre où Lancaster a exposé ses méthodes, flétrit des écoles qu'il compare à des prisons ou à des bagnes, et jette théâtralement le volume à terre, avec dégoût'. Mais comment réagir? Les Anglicans se souviennent que la méthode de l'enseignement par moniteurs a été inventée par un des leurs : ils dressent Bell contre Lancaster. L'archevêque de Canterbury confie à Bell la direction d'une école de charité, l'évêque de Durham lui donne un gros bénéfice ecclésiastique. En 1811 se constitue, sous le patronage de toute la hiérarchie épiscopale, une association rivale de 1' « Institution Lancastérienne », « la Société Nationale pour l'Éducation des Pauvres selon les Principes de l'Église Établie ».
Les dirigeants de la « Société Nationale » sont animés d'un esprit étroitement clérical et tory *. En 1812, au moment même où le New Toleration Act va être voté, les évoques veulent que, pour être admis dans les écoles de la Société, il faille prendre part, le dimanche, au culte officiel. Ce serait rejeter dans les écoles « lancastériennes » cette masse populaire, flottante entre le méthodisme et l'anglicanisme, qui accepte, pour ses enfants, l'enseignement du catéchisme anglican, mais qui souvent préfère aller chercher, à la chapelle wesleyenne, un prédicateur plus familier et plus fervent que le clergyman de l'Église Établie. Après six mois de résistances, l'épiscopat se résigne à capituler sur ce point''. Les évangéliques ont donc réussi à exercer, ici encore, leur influence modératrice. 11 n'en est pas moins vrai que la nouvelle organisation est aux mains du parti de la « Haute Église ». Les évangéliques n'y jouent qu'un rôle de second plan. Non pas qu'ils soient hostiles, ou même indiff"érents à l'éducation des basses classes : Wilberforce et ses amis ont été les premiers à projeter, entre 1802 et 1804, une organisation anglicane de l'ensei-
1. Ed. Rev., oct. 1806, n° XVH, art. XH. Mrs. Trimmer on Lancaster's Plan of Education (voK IX, p. 177 sqq.).
2. Ed. Rev., uov. 1810, n" XXXIH, art. III. Education of ihe Poor (vol. XVII, pp. 69, 83).
3. Quarterly Review, oct. 1811, art. XV : Bell and Lancaster's System of Education (vol. VI, p. 283).
4. On se rendra compte de l'esprit qui animait les fondateurs de cette société, si l'on considère que l'adoption de l'épithète « national » souleva des objections : le mot, étant d'origine française, paraissait entaché de jacobinisme (Overton, English Church, p. 239).
5. Sur cette affaire, voir Diary of lord Colchester, janvier 1812, passim; puis 4 mai, 18, 24 et 27 juin (vol. II, pp. 352 sqq.).
gnement primaire*. Mais les circonstances veulent qu'ils aient été débordés, à gauche par les Dissidents et les rationalistes de la Foreign Society, à droite par les High Churchmen de la National Society.
Les pessimistes se plaignent encore, déclarent peu satisfaisants les résultats obtenus. Golquhoun, en 1806, estime à deux millions le nombre des enfants qui, en Angleterre et au pays de Galles, ne reçoivent aucune instruction^. Le philologue Alexander Murray affirme, en 1810, que les trois quarts des paysans anglais ne savent pas lire ^. En 1820, lorsque les premières statistiques officielles sont î'' dressées, le nombre des enfants qui, en Angleterre et au pays de Galles, fréquentent les écoles, est égal au quinzième de la population totale ; en Ecosse, où l'on considère que tout le monde sait lire, il est égal au dixième *. Il convient cependant d'interpréter ces chiffres.
En premier lieu cette proportion n'est qu'une moyenne. Dans certains comtés de l'Ouest ^ et des Midlands ^, dans les quatre comtés du Nord \ la proportion se rapproche de la proportion écossaise, l'égale et parfois la dépasse. En Angleterre comme en Ecosse, quoiqu'à un moindre degré, il y a un fond de protestantisme populaii*e, favorable à l'éducation du peuple. Ainsi s'explique que des comtés ruraux, peu touchés par la nouvelle civilisation industrielle, comme le Devonshire, le Lincolnshire, le Westmoreland, comptent un très petit nombre d'illettrés; que tant d'hommes célèbres, ingénieurs comme Scott et Telford, publicistes comme Gifford et Cobbett, savants et érudits comme Dalton et Porson, soient, au cours du xviii" siècle, sortis du peuple; et que la grande industrie ait pu recruter, dans les campagnes, l'état-major d'ingénieurs et de contremaîtres nécessaires pour la diriger.
1. Life of Wilberforce, voL III, p. 72. — T. Bernard, Education of the Poor, pp. 240 sqq.