‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 298 sur 387 · SECONDAIRE · texte numérisé non relu

SECONDAIRE

LES PUBLIC SCHOOLS enseignement populaire, il n en va pas de môme en ce qui concerne ce que nou^ appellerions les établissements d'enseignement secondaire. Ici, le régime écossais, c'est, dans les familles nobles, l'éducation « domestique »

1. Rapport de la population scolaire à la population totale dans le Middlesex : 1/24; dans le Lancashire : 1/21.

2. Digest of Parochial Returns, 1819, vol. III, pp. * 1171. Children in endowed schools : 165 433; in unendowed schools : 478 849. Total : 644 282. — In nevv endowed schools : 39 590; in nevv unendowed day-schools : 105 582. Total : 145 172. — Encore ces statistiques ne tiennent-elles pas compte des écoles du dimanche. Si l'on en tenait compte, on verrait la proportion de la population scolaire à la population totale se rapprocher beaucoup de la proportion écossaise. — Ecosse : 1 805 688 hab. — Population scolaire, y compris les écoles du dimanche : 229 974 (rapport : presque 1/8). — Angleterre : 9 543 610 hab. — Population scolaire, y compris les Ecoles du Dimanche : 1 115 099 hab. (rapport : 1/8). — Pays de Galles : 611 718 hab. Population scolaire, y compris les écoles du dimanche, 55 009 (rapport : 1/14). Bien entendu, l'éducation qui se donne dans les écoles du dimanche est extrêmement sommaire; ceux qui l'ont reçue ne doivent cependant pas être considérés comme des illettrés absolus.

que donne un précepteur à demeure, un pauvre hère mal payé, le dominie; c'est, pour les enfants de la bourgeoisie, pour les enfants laborieux de la classe populaire, l'éducation dans les externats, les day-schools, qui sont ouverts dans toutes les villes, grandes ou petites, du royaume : le High School d'Edimbourg est la plus fameuse de ces institutions*. Le régime anglais est au contraire un régime d'internat. Mais l'internat anglais ne ressemble en rien à l'internat tel que le^ Jésuites, puis l'Université napoléonienne, l'ont organisé dans les pays continentaux. C'est un internat d'un type spécial, unique au monde. Les Anglais en sont extrêmement fiers, ils y voient une des sources de la grandeur nationale. « C'est sur les terrains de jeu d'Eton, déclare Wellington, qu'a été gagnée la bataille de Waterloo ^. »

Tous les internats anglais ont été originairement des fondations pieuses — fondations royales comme Eton et Winchester, fondations faites par de riches particuliers, comme Charter House et Merchant Taylor's School, — pour l'éducation gratuite d'un certain nombre d'enfants pauvres. De tous temps on admettait, en dehors des boursiers, des élèves payants. Quand le nombre des élèves payants n'a pas dépassé le nombre des boursiers, le school, fréquenté par un petit nombre d'enfants, est resté le grammar school originaire, un établissement charitable qui jouit d'un prestige médiocre. Dans d'autres établissements au contraire, le nombre des élèves payants est devenu prédominant ^ : ainsi se sont constitués les grands public schools de l'Angleterre moderne, Eton, Winchester, Westminster, Charter House, Rugby, Harrow, où les familles de l'aristocratie et de la gentry sont en quelque sorte tenues d'envoyer leurs enfants *.

L'enseignement qui .se donne dans ces institutions est, conformément à l'esprit des vieux grammar schools, purement littéraire et classique. Les élèves composent des « déclamations » latines, des vers latins et grecs. Quant aux leçons d'arithmétique, d'algèbre, de géométrie, de géographie, elles sont données seulement par surcroît sous une forme très élémentaire, aux heures d'études qui coupent les journées de congé et de demi-congé ". Mais, si les partis d'opposition

1. Cockburri, Memorials, pp. .3 sqq., 241); — Adolphus, Brilish Empire, voL IV, pp. 260-261.

2. Même si le mot osl légendaire (Percy M. Thornton, Harrow School and Surroundings p. 3.52); la légende e»t caractéristique.

3. A Harrow, en 1816, sur 2ft.'î élèves, 3 Itoursiers seulement. En 1818 et en 1819, le nombre de» boursiers, malgré les eirorl» des autorités pour le relever, ne s'élève encore qu'à 10 (Percy M. Thornton, Harrow Scliool and Surroundings, p. 2.30).

4. Adolphus. Brilish Erninre, vol. ill, pp. 73 sqq. — Voir une critique de ces institutions. Ed. Bev., août 1818, n" XXXII, art. III. Public SchooU of England (vol. XVI, pp. 326 sqq.).

Page 1