Cox, Recolleclions of Oxford, pp
2. Statutes, II, 2U sqq. — Voir, pour un résumé des réformes, A reply to tke Calumnies of the Edinburgh lieview, 1810 [par E. Coploston], pp. 138 sqq.; Cox. Recollcctions of Oxford, pp. 45-46. — Cf. Charles Lyell, Travcls in Norih America, 1845, vol. I, pp. 270 sqq.
3. Statutes, vol. II, pp. 64-65. Les candidats reçus sont répartis en trois classes. La première est dite « honorable ». La deuxième vaut encore, ù ceux qui s'y trouvent, l'inscription sur les registres de l'Université. Quant ù la troisième, un dernier statut, édicté en 1800 (Statutes, vol. II, p. 401), la déclare ouverte i tous C(!ux qui voudront bien se présenter, sauf les cas, dit un apologiste du système, où l'on constatera • incapacité extrAme, manque extraordinaire d'éducation scolaire ou oisiveté flagrante pendant l(!s années d'Université ».
mœurs : moins de turbulence, moins d'ivrognerie. Il décrit l'examen, auquel il assiste, d'un élève brillant, l'interrogatoire durant cinq heures devant une salle comble. « Je regarde, déclare-t-il, ces examens comme constituant une des réformes nationales les plus importantes qui se soient produites de mon vivant *. » Il convient cependant, avant de décider si tant d'enthousiasme est justifié, d'apprécier, en regardant de plus près l'importance et surtout la nature réelle du progrès accompli.
Ce n'est, à aucun degré, un progrès de la culture scientifique. Sans doute les mathématiques occupent une place dans le programme des nouveaux examens. Mais cette place est infime; il ne s'agit que de mathématiques pures, et de mathématiques élémentaires; on n'a pas encore, en 1815, songé à instituer un jury spécial, chargé de poser les questions relatives aux mathématiques-. Pour ce qui est des sciences de la nature, il existe bien à Oxford, depuis le xviii^ siècle, des cours publics de « philosophie expérimentale », d'astronomie, de minéralogie, de botanique; en 1803, une chaire de chimie a été instituée *. Mais ce ne sont que des cours facultatifs. Ils ne conduisent à aucun examen. Le public est maigre, ou fait complètement défaut. Les chaires de la Faculté de Médecine ont, elles aussi, dégénéré en sinécures; les examens de cette Faculté sont de simples formalités.
Même indifférence à l'égard des tentatives faites pour donner un caractère scientifique à l'étude de l'homme individuel et social. On pourrait utiliser à cette fin la Faculté de Droit; mais la Faculté de Droit, à Oxford, a une existence aussi fictive que la Faculté de Médecine. Pas de cours d'économie politique : on compte sur le titulaire de la chaire d'histoire moderne, nouvellement instituée, pour faire allusion, en passant, aux nouvelles théories. « Les meilleurs ouvrages d'économie politique, de jurisprudence, de science politique, se trouvent, écrit Gopleston, le provost d'Oriel Collège, entre les mains d'un grand nombre d'étudiants, avec la pleine approbation de ceux qui dirigent leurs études; mais nous ne perdons jamais de vue que notre grande affaire, c'est de semer les germes d'une culture libérale,
1. Lelters to Ivy, 27 déc. 1812 (p. 182). — Cf. Coleridge, Biographia Literaria, 1817, chap. ni, pp. 67-8 : To those who remember the public schools and universities some twenty years past, it will appear no ordinary praise in any man to hâve passed frora innocence to virtue, not only free from ail vicions habit, but unstained by one act of intempérance, or dégradations akin to intempérance.
2. Qmrterly Review, art. cité p. 518 (vol. XXXVI, pp. 257-258).
3. Avec un traitement médiocre et une très mauvaise installation pratique, Dudley Ward, Letters to Ivy, août 1816 (p. 216).
d'enseigner les lettres anciennes et modernes, avant toute spécialisation de l'intelligence *. »
Le peuple anglais est un peuple de fabricants et de négociants, \ gouverné par une aristocratie qui affiche son aristocratisme en parais- 1 sant ignorer, en ignorant effectivement la base économique de la gran- n deur nationale et de sa propre grandeur; et c'est à Oxford que cette F aristocratie achève son éducation. Elle ne veut pas d'une culture | scientifique qu'elle jugerait plébéienne et matérialiste. Elle demande]' une culture exclusivement classique. D'ailleurs Oxford ignore les méthodes par lesquelles les érudits allemands sont en train de renouveler l'étude des textes anciens : la « Revue d'Edimbourg » critique sévèrement les somptueuses éditions de la Presse Universitaire d'Oxford, qui retardent d'un siècle sur les travaux de l'école allemande ^.
Cambridge diffère d'Oxford. Les fellowships, dans les collèges, n'ont jamais été monopolisés par les public schools; les masters se sont en conséquence trouvés plus libres de veiller au- bon recrutement du corps enseignant. Les relations des tuiors avec les piipils sont plus cordiales qu'à Oxford ^. De même qu'Oxford est traditionnellement tory, Cambridge est traditionnellement whig. L'obligation d'adhérer aux trente-neuf articles de l'Église Anglicane a été abolie en 1775 pour les étudiants : à l'usage des bacheliers es arts, on a rédigé une déclaration dont les termes sont volontairement vagues*. En 1793, le jacobinisme des fellows et des undergraduates à Saint-John's Collège et à Trinity Collège, a donné du souci aux autorités ^. Si Oxford est le centre de résistance du parti de la « Haute Église », Cambridge, où enseignent et prêchent Milner et Simeon, est, comme nous avons vu, un centre d'action du parti évangélique. De là d'inévitables accointances avec les Dissidents. Le prédicateur baptiste Robert Hall attire dans sa chapelle, outre le public habituel des meeting -houses, boutiquiers, fermiers et artisans, beaucoup d'universitaires, tutors et étudiants*.
1. A Reply to thc Calumnies ... p. lî)4. — Cf. les opinions exprimées plus bas, p. 172, sur l'économie politique : Mowever importnat and even necessary it mny be, it is a subordinate and nol the prédominant concern in public aflairs — not less than Ihe management and improvement of an estate in privnle lif(! is an inferior duly lo the éducation of children, the mainlenanci; of characler, and the guiding of a house ... It» great leading principles however arc sonn acquired : the ordinary reading of the day supplies thcin.
2. Ed. nev., juillet 1809, n» XXVIII, art. X. The Oxford edilion of Strabo (vol. XIV, pp. 42i) sqq.).
:{. Peacock, Life of Young, p. 120. — C. Wordsworth, Annals of iny carly lifc, pp. 35 sqq. 4. C. H. Cooper. Annals of Cambridge, vol. IV, pp. 336, 390.
.'). Sur Palfaire do l'expulsion do Prend, voir Gunning, Réminiscences of Cambridge, vol. I, pp. 280 sqq..
0. 0. Gregory, A brief Memoir of the life of fiobcrt Hall, pp. 111-112.
En 1809 le duc de Grafton, le chancelier élu de l'Université, assiste ouvertement aux exercices du culte unitarien, dans Essex Street, à Londres*. L'Université de Cambridge se fait remarquer, depuis trente ans, par le zèle dont elle fait preuve pour l'abolition de la traite 2. Rien de pareil ne pourrait avoir lieu à Oxford.
Marquons une autre différence encore. A la fin du xvii* siècle, au moment où Newton venait de faire ses grandes découvertes, l'Université de Cambridge a institué l'examen qui a pris le nom de mathematical tripos. Voilà donc plus de cent ans que Cambridge possède un système réel d'examens, et ce système présente un caractère nettement scientifique et moderne.
Les cours de physique, de chimie, d'anatomie, sont mieux suivis qu'à Oxford ^ Clarke qui. depuis 1803, occupe la chaire nouvelle de minéralogie, est un savant distingué *. Farish fait, depuis une vingtaine d'années, devant un public qui approche de la centaine, un cours de chimie et de mécanique appliquées : il dispose, pour les travaux et les démonstrations, d'un beau laboratoire, muni d'une machine à vapeur ^ Pendant qu'Oxford, fidèle à la tradition scolastique, enseigne la Logique et la Morale d'Aristote, on ignore Aristote à Cambridge. Les « Principes » de Newton d'une part, et d'autre part, en matière de philosophie, 1' « Essai » de Locke et les oeuvres de Paley, sont les bases de l'enseignement qui s'y donne ; aux examens, les interrogations portent non seulement sur Locke et Paley, mais sur Hume, Butler, Clarke et Hartley". L'enseignement de l'économie politique n'est pas encore organisé. Mais cette insuffisance des programmes est vivement ressentie, depuis de longues années, par beaucoup de tutors. Paley introduisait des leçons d'économie politique dans son cours de philosophie morale. Ingram, en 1799, réclamait l'institution d'une chaire économique ^ : son vœu, en 1816, va se trouver exaucé. Le caractère scientifique de l'enseignement qui se donne à Cambridge se manifeste enfin dans l'ordre même des études classiques et théologiques. Porson, mort en 1809, était un des plus
1. Campbell, Lives of the Chancellors, vol. VII, p. 234 : The King said, « it would be hard if Cambridge had a Unitarian chancellor, and Oxford a Popish one ».
2. Glarkson, Abolition of the Slave Trade, vol. I, pp. 203 sqq., 456-457. — Eu 1818, un Dissident est sur le point d'occuper une chaire professorale à Cambridge; Quarterly Review, juillet 1818, art. X, Cambridge Botanical Professorship (vol. XIX, pp. 434 sqq.).
3. Qaarterly Review, article cité plus haut p. 518 (vol. XXXVI, p. 263).
4. G. Dyer, Hist. of the Univ. of Cambridge, 1814, vol. I, p. 216.
5. Life of William Allen, vol. I, p. 77. Voir l'intéressant prospectus de son cours publié par Farish sous le titre : A Plan of a Course of Lectures on Arts and Manufactures, more particalarly such as relate to Cbemistry, 1" éd. 1796.