‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 307 sur 387 · Simon, English Sanitary Institutions, p · texte numérisé non relu

Simon, English Sanitary Institutions, p

2. General Report of Commissioncrs on the Universities and Collèges of Scotiand, 1831, p. 66 : ... under this dénomination are included nine-tenths of the country practitioners in England. It is only in large towns, and probably rarely even in them, that the différent departments of the Physician, Surgeon, and Apothecary, are kept separate.

3. Mais ils sont encore presque exclusivement des consultants. Smiles, Murray, vol. I, pp. 33-54 : I. D'Israeli à John Murray, 31 mai 1806 : Most warmly I must impress on your mind the necessity of taking the advice of a physician ... I should imagine that one or two visits will be sufflcient to reçoive some defînite notion of your complaint ... The expense of a physician is moderate, if the patient is shrewd and sensible. Five or ten pounds this way would be a good deal.

beaucoup de médecins célèbres ont fait le premier apprentissage de leur métier.

L'organisation de la corporation médicale a donc pour premier effet, parce qu'elle est fermée, de livrer l'immense majorité des malades à des praticiens incultes. Elle n'a pas même, en retour, cet avantage de relever, parmi les membres du Royal Collège, le niveau des connaissances scientifiques. De tous les médecins de l'Europe, les médecins anglais sont les plus honorés; il s'en faut de beaucoup qu'ils soient les plus savants.

Les Universités écossaises, Edimbourg en particulier, possèdent un enseignement médical renommé; mais le Royal Collège de Londres rend difficile l'accès de la carrière aux jeunes Écossais qui en viennent, aux jeunes Anglais qui songeraient à y aller faire leurs études. A Oxford et à Cambridge, où les règlements du Royal Collège exigent un stage très prolongé', l'enseignement de la médecine est presque nul, les cours sont purement oratoires, et les examens purement fictifs. Cependant le Royal Collège of Physicians ne fait rien, ou presque rien, pour suppléer à ce défaut d'enseignement médical dans les deux Universités. Il publie, tous les vingt ans environ, une Pharmacopée. Il imprime, dans les Médical Transactions, les communications des membres. Un musée, le Harveian Muséum, et une assez riche bibliothèque, sont attachés à l'institution. Enfin un certain nombre de conférences qui portent les noms des fondateurs — la Lumleian Lecture, la Gulstonian Lecture, la Croonian Lecture, VHarveian Oration — sont données régulièrement. De môme le Royal Collège of Surgeons possède un musée — le musée que John Hunter a constitué sur ses ressources personnelles — , publie des communications relatives à des questions d'anatomie et de chirurgie, donne vingt-quatre conférences annuelles. Mais toutes ces conférences ne sont que des discours académiques, dont le caractère est plus oratoire que scientifique, même quand le statut de fondation exige que le cours s'accompagne d'une dissection. Les deux « Collèges » apparaissent, en fin de compte, comme deux corporations exclusives et réactionnaires, étroitement liguées avec les Universités d'Oxford et de Cambridge, non pour favoriser, mais pour paralyser au contraire, le progrès des études scientifiques.

Est-ce à dire que rien ne se fasse à Londres pour améliorer les études médicales? Nous n'avons pas encore considéré l'administration d(!s hù[)iljiux; cl <;('^t en In ((.iisulériiiil (|u"(»ii éprouve à quel point

1. Sur ces exigences, voir Feacock, Life of Youny, p. 120 s<iq.

il est difficile de définir, à un instant donné, l'état, perpétuellement changeant, d'une institution sociale. La tradition veut encore, en Angleterre, au début du xix" siècle, qu'il soit au-dessous de la dignité d'un grand médecin de se laisser voir dans un hôpital. Ceux qui sont attachés aux hôpitaux font à peine une fois par semaine le tour des salles; les soins quotidiens sont abandonnés aux apothicaires. Très peu d'étudiants s'instruisent en les assistant : pour avoir le droit de jouer ce rôle d'assistant {physicians pupil), il faut payer seize guinées environ par semestre ^ Les postes rétribués s'obtiennent par la faveur ou à prix d'argent^. On se plaint de la manière grossière dont sont prises les observations et de l'absence presque totale de statistiques sérieuses. Voilà les vieux abus; cependant tout le monde les dénonce, et le mouvement réformateur a commencé; mais c'est sous des influences qui sont extérieures au Collège of Physicians et au Collège of Surgeons.

La nouvelle philanthropie multiplie les hôpitaux à Londres^ et en province. Sir Thomas Bernard, grand homme de bien, ami de Wilberforce, s'est occupé avec zèle de réformer, dans le nord de Londres, le grand Hospice des Enfants Trouvés, le Foundlings' Hospital. Avec la première année du siècle, on s'est aperçu qu'il était nécessaire d'ouvrir des hôpitaux spéciaux pour soigner les maladies contagieuses; l'exemple, donné par Londres, a été immédiatement suivi par Manchester et Liverpool ; et la « Société pour l'amélioration de la condition des pauvres », fondée de concert par Sir Thomas Bernard, Wilberforce, et l'évêque de Durham, a fait campagne pour la généralisation du système. Entre 1800 et 1815 il s'est constitué dans la capitale un Cancer Hospital, deux cliniques d'ophtalmologie, deux sociétés pour le soin gratuit des hernies, de multiples dispensaires. La propagande en faveur de la vaccine date de 1799. En 1806, pour la première fois, une semaine s'est écoulée sans que les statistiques signalent, à Londres, une seule mort par la petite vérole. Or il est inévitable que les philanthropes fondateurs d'hôpitaux les veuillent irréprochablement tenus, administrés avec zèle et avec science.

Nous voyons effectivement les grands docteurs Heberden et Abernethy, dans les dernières années du xviii" siècle, prendre l'initiative d'un enseignement réel, donné aux étudiants en médecine et en chi-

1. Life of Sir Robert Christison, vol. I, pp. 189 sqq., 190-191, 193-194. — Cf. Journal of a Tour ... by a French Traveller, 1815, vol. I, pp. 76-77.

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