‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 36 sur 387 · L'ARMÉE · texte numérisé non relu

L'ARMÉE

« Pour que celui qui exécute ne puisse pas L'ANTIMILITARISME . < -, tvt T • ^^ p t i

TRADITIONNEL opprimer, écrit Montesquieu, il faut que les

armées qu'on lui confie soient peuple, et aient le même esprit que le peuple, comme cela fut à Rome, jusqu'au temps de Marins. Et, pour que cela soit ainsi, il n'y a que deux moyens : ou que ceux que l'on emploie dans l'armée aient assez de bien pour répondre de leur conduite aux autres citoyens, et qu'ils ne soient enrôlés que pour un an, comme il se pratiquait à Rome; ou, si l'on a un corps de troupes permanent et où les soldats soient une des plus viles parties de la nation, il faut que la puissance législative puisse le casser sitôt qu'elle le désire; que les soldats habitent avec les citoyens, et qu'il n'y ait ni camp séparé, ni casernes, ni places de guerre K » Blackstone, dans ses « Commentaires* », reproduit presque mot pour mot la phrase de Montesquieu. Effectivement le problème posé par Montesquieu est celui même qui a occupé le parlement anglais pendant toute la durée du xviii" siècle : le problème de savoir comment un parti, comment un pays antimilitariste, peut, sans cesser d'être antimilitariste, se donner une organisation militaire.

Il ne semble pas que Montesquieu songe à l'Angleterre lorsqu'il suggère le premier de ses deux expédients, et propose une armée composée de propriétaires directement intéressés au maintien des libertés publiques, enrôlés seulement pour un temps très court. Cependant la « milice », comme on l'appelle en Angleterre depuis le xvir siècle, rentre, à bien des égards, dans cette définition. Ce n'est pas une armée professionnelle., permanente, séparée du reste de la nation. L'histoire de son organisation, dans les temps modernes, remonte à deux statuts votés par le Parlement peu après la Restauration'. C'est le roi qui en est le chef suprême ; mais il n'a pas le droit de faire sortir la milice du royaume. C'est le roi qui désigne les lords lieutenants, chargés de commander la milice de chaque comté : mais les lords lieutenants nomment, dans cha({ue comté, les officiers de rang inférieur. Tout propriétaire qui jouit d'un revenu foncier de 500 1. ou d'un revenu mobilier de 6000 1. est tenu de fournir un cavalier. Tout propriétaire qui jouit d'un revenu foncier de 50 1. ou d'un revenu

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