Fortescue, County Lieuteiiancies and tfte Army, p
6. Le Quarterly Review (vol. XIII, p. 420) déplore ce mélange des classes, et l'attribue à deux causes : « the principles iatroduced by the French Bevolutioa, and the long war which it entailed upon Europe ».
7. Foy, Guerre de la Péninsule, vol. I, p. 237. — Cf. Report from ... Commissioners ... into
porter la boisson. On leur fait sentir qu'ils ne sont pas à leur place; bientôt ils prennent leur retraite.
Tenons compte du fait que, cédant à la pression de l'opinion démocratique, le gouvernement s'est préoccupé d'améliorer les conditions du service. Les primes d'engagement ont prodigieusement haussé. Depuis le xvi" siècle jusqu'à la paix d'Utrecht, elles se sont maintenues aux environs du chiffre de 2 1. Elles se sont élevées à 3 1. 3 s. au temps de la guerre d'Amérique. Elles ont atteint en 1803 le chiffre de 7 1. 12 s. 6 d.; en 1804, celui de 16 1, 16 s. '. La solde a monté pareillement : elle est double de la paie d'un soldat français ou prussien -. A partir de 1799, on a commencé à recueillir, pour les communiquer aux familles, les noms des simples soldats morts ou blessés en campagne. Windham, en 1806, a relevé les pensions de retraite, et décidé, par-dessus le marché, en dépit des protestations du parti tory, que dorénavant ces pensions ne seraient plus des faveurs dont le pouvoir exécutif aurait la faculté de disposer à son gré, mais qu'après vingt ans de services un soldat aurait droit à la retraite. En 1811 et en 1812, des mesures ont été prises, à la suite d'une vive campagne de presse, pour rendre plus rare et moins dure l'application de la peine du fouets Mais la véritable raison pour laquelle le War Office obtient plus facilement de l'Amirauté les recrues dont il a besoin, est en fin de compte d'ordre économique. Les gens de mer gagnent, sur les bateaux de la marine marchande, des salaires d'ouvriers qualifiés, salaires qui, eu égard aux risques de la navigation, partent en hausse à chaque déclaration de guerre, c'est-à-dire au moment môme où la marine de guerre a le plus besoin de recrues. La solde de
Military Punishment ... Min. of Ev., p. 329 (déposition du duc de Wellington) : I believo that in tiie Peninsula I gave every commission I had to give avvay eillier to gentlemen volunteers or to non-commissioned offlcers. — Mais il ajoute que très peu de ceux-ci sont restés dans l'armée : « They are not persons that can be borne in the society of the offlcers of the Army ».
1. Clode, Military Forces, vol. II, pp. 4-5, 19, et Fortescue, Coun<y Lieutenancies and the Army, pp. 74, 130.
2. Clode, Military Forces, vol. I, p. 106. Elle a été fixée en 1797 à 1 s. par jour : on l'a depuis augmentée en réduisant les déductions opérées pour frais divers. 11 reste au simple soldat 2 ^ d. par jour, toutes déductions faites (Foy, Guerre de la Péninsule, vol. I, p. 230).
3. L'article 22 du Mutiny Act de 1811 (61 Geo. III, c. 8) permet aux conseils de guerre de condamner ù la prison, et non plus seulement d'infliger des châtiments corporels. — Voir les protestations du Courier, journal officieux, 25 févr. 1811. — En 1812, une circulaire confidentielle du Commandant en chef interdit aux cours martiales régimentaires de condamner, « sous aucun prétexte », i\ plus de 3(10 coups de fouet, et ajoute; : « Sufficient attention bas not been paid to the prévention of crime. The timely int<'rf(!rence of th(' officer, bis personal intercourse, and above ail bis Personal example, are the only efllcacious moans of prevenling military olfences. {Report from II. M's Commisioners for inquiring into ... military punishmenls ... 1830, Min. of Ev., p. 303.)
l'armée de terre est, au contraire, sensiblement égale au salaire que touche un ouvrier non qualifié dans les campagnes ou dans les grandes villes industrielles'. Or les progrès de l'industrie anglaise ont rendu singulièrement précaire, depuis une trentaine d'années, la condition des ouvriers : tantôt ils sont attirés en foule vers les grandes villes, où les usines grandissent et se multiplient sans cesse, tantôt une crise de surproduction les rejette sur le pavé, sans travail et sans pain. L'armée est, pour ces chômeurs, un refuge; les paroisses se déchargent volontiers sur l'État du soin de les nourrir. Au début du xviir siècle, les Anglais attribuaient la supériorité des armées de Marlborough au fait qu'elles se recrutaient parmi les petits propriétaires, les yeomen des campagnes; au temps de la guerre de Sept Ans, ils se vantaient d'avoir su employer, dans les régiments de Highlanders, les vertus barbares de l'Ecosse récemment pacifiée. Les régiments qui remportent les victoires de la Guerre Péninsulaire sont ramassés à présent dans le rebut de la population des fabriques.
Quant aux grades d'officiers, depuis le grade d'enseigne jusqu'à celui de lieutenant-colonel, ils s'achètent ^. La Couronne et le Parlement ont, après 1688, essayé d'abolir cette coutume. Mais la tentative a été infructueuse, et on s'est borné à tirer de l'abus le meilleur parti possible, en le soumettant à une série de règlements administratifs. Il n'a plus été permis à un officier de vendre sa « commission » à qui il veut : il touche le prix, mais c'est l'État qui désigne l'acheteur. Il n'a plus été permis à un officier de vendre sa commission au prix qu'il veut : des « prix réglementaires » ont été établis. Il n'a plus été permis à un officier de vendre sa commission quand il veut : il faut qu'il justifie de vingt ans de service, ou d'invalidité contractée à l'armée. Il n'a pas été permis davantage à un officier d'acheter sa commission quand il veut : nul ne peut devenir capitaine avant d'avoir servi trois ans, major avant d'en avoir servi sept, lieutenant-colonel avant d'en avoir servi neuf''. Enfin le prix d'achat a cessé d'être versé directement par l'acheteur au vendeur. Entre l'un et l'autre, l'État s'interpose, et, dans un certain nombre de cas, ne verse pas le prix total à l'officier qui se retire, une partie étant retenue pour constituer un
1. Glode, Military Forces, vol. I, p. 489 : Table shovvi,ng the Pay and Allowance of the Soldier and Agricultural and Town Labourer.
2. The practice is so gênerai as to be almost universal. It cxtends to at least three fourths of ail the offlcers appointed to fill Commissions (Report from Select Committee on army and navy appointments, 1833, appendix, p. 273 : mémorandum du duc de Wellington). La Couronne se réserve le droit de disposer de la commission de tout officier qui est promu sans acheter son grade, ou qui meurt en campagne.