‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 48 sur 387 · Foy, Guerre de la Péninsule, vol. I, pp · texte numérisé non relu

Foy, Guerre de la Péninsule, vol. I, pp

4. Olodc, Military Forces, vol. 1, p. 10(j; vol. H, pp. liri-MO.

T). Jusqu'en 1814, un oljlcier supérieur, quel que fût son grade, élail coloml eu litre d'un régiment, et rémunéré seulement comme tel. Wellington, en 1833, estime ù 1 4()i) I. par an le traitement total d'un colonel de cavalerie (la solde, plus le bénéfice qu'il tire de l'habillement du régiment), h 1 100 1. par an 'le revenu d'un colonel d'infanterie. C'est »eulem(!nl (!n 1814 qu'un règlement a accordé aux généraux, en colle qualité, une solde de 1 1. 18 s. par jour, aux liiiulenanls généraux une solde do 1 l. 3 s. {tleport ... on army and navy appointmcnts, 1833, pp. I'T:!, 27(i).

voir dans raccroissement exagéré des états-majors un effet du favoritisme monarchique : cet accroissement résulte de l'application d'une règle qui annulle la liberté de choix du commandant en chef, lorsqu'il s'agit de désigner les officiers supérieurs de l'armée.

Le système de la vénalité des grades, le purchase System, est, à vrai dire, si l'on prend les choses à la lettre, ploutocratique encore plus qu'aristocratique. Il faut être riche pour devenir officier, mais non pas noble. Rien n'empêche un gros commerçant de la Cité de Londres d'acheter une commission pour son fils et de le faire pénétrer ainsi, à prix d'argent, dans l'aristocratie du royaume. Mrs. Clarke, la maîtresse du duc d'York, lorsqu'elle avait organisé le trafic de l'avancement, ne s'inquiétait pas apparemment de connaître le degré de noblesse et de respectabilité de ses protégés. Certaines grandes familles ont nourri pendant longtemps de fortes préventions contre la carrière militaire K A un observateur étranger comme le général Foy, l'aristocratie anglaise, telle qu'il la voit aux armées, apparaît comme mixte, difficile à définir, « compliquée d'orgueil nobiliaire, d'intérêt pécuniaire et mercantile, de talent, d'exercice de l'autorité, de propriété industrielle et territoriale "^ ». Néanmoins les états-majors de l'armée sont composés d'une manière très aristocratique, plus aristocratique assurément que ceux de la marine ^ L'armée est somme toute, pour le nouveau riche, un mauvais moyen de parvenir; et les pauvres en sont pratiquement exclus. Quinze officiers généraux sont entrés à la Chambre des Lords sous le règne de George III : trois seulement sont d'origine obscure. Sur ces quinze officiers douze ont été promus à la pairie depuis 1792 ; et tous, sauf un — Lord Harris, fils d'un Curate — appartiennent à de très grandes ou de très bonnes familles *. C'est sans doute parce que les officiers se recrutent dans l'aristocratie foncière, et parce que l'aristocratie foncière exerce au Parlement une influence

1. Wellington, Mémorandum on the ... discipline of the army, 22 avril 1829 : the British army ... disliked by the inhabitants, particularly by the higher orders, some of whom uever allovv one of their family to serve in it (Dispatches, vol. VIII, p, 344). — On peut rapprocher de cette phrase un passage du Journal de lady llolland (19 oct. 1799; vol. II, pp. 32-33) : « Lord G. is raising a régiment, and is appointed Lieutenant-Colonel. 1 am sorry he throvvs away very excellent abilities upon a profession where so littlc is required — at least, as it is practised in this country; and I believe as a good patriot one ought to hope it may for ever remain as insigniflcant as it has done hitherto ». Mais ces préventions étaient en décroissance {ibid, 21 août 1793; vol. II, p. 16) : The young men of fashion and birth are bit with a military mania; they ail aim at attaining a martial air, and a réputation for strictness in their Militia discipline.

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