‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 49 sur 387 · Foy, Guerre de la Péninsule, vol. I, p · texte numérisé non relu

Foy, Guerre de la Péninsule, vol. I, p

3. C'est pour cette raison peut-être qu'il y a plus de militaires que de marins à la Chambre des Communes : deux généraux, quinze lieutenants généraux, huit majors généraux, trois lieutenants-colonels, deux majors, un capitaine, trois colonels de milice.

4. Plus cinq pairies militaires irlandaises, toutes aristocratiques.

prépondérante que les militaires sont si nombreux à la Chambre des Communes : trente-quatre élus en 1812. L'officier anglais est, en principe, un aristocrate, pour qui la vie des camps prolonge la vie de château, la vie rurale, à laquelle il est habitué depuis l'enfance. La guerre est un sport comme un autre, plus dangereux seulement et plus rude. Quand un jeune homme, âgé peut-être de seize ans à peine, arrive au régiment ayant acheté sa commission d'enseigne, c'est le sous-officier, condamné à ne jamais s'élever plus haut dans la hiérarchie militaire, qui s'offre pour diriger, dissimuler son inexpérience; et, dans le vieux sergent qui le conseille, ou interprète ses ordres, le jeune officier reconnaît le vieux serviteur qui, naguère, sur le domaine familial, lui enseignait à monter à cheval ou manier un fusil.

Nous ne sommes pas disposés à méconnaître les avantages que peuvent présenter, en matière d'organisation militaire comme en toute autre, des institutions aristocratiques. Si elles sont librement acceptées, consciemment voulues par tous les membres d'une société, même par ceux qui, dans cette société, ne font point partie de l'aristocratie dirigeante, elles sont de nature à répandre, dans tous les rangs, une sorte d'orgueil collectif, source d'énergie et de puissance. « Lorsque chaque classe sociale, écrit Alison, l'écrivain tory, est respectable et protégée dans la jouissance de ses droits propres, elle a conscience de son importance, et dédaigne souvent de chercher à se faire admettre dans la classe immédiatement supérieure; la passion universelle du relèvement individuel est le produit d'un état de société où les privilèges des humbles ont été habituellement foulés aux pieds par les détenteurs du pouvoir *. » L'officier anglais est fier d'appartenir à l'aristocratie sinon la plus fermée, tout au moins la plus solide du monde entier. Le soldat est fier de jouer son rôle, à son rang, dans la hiérarchie de l'armée anglaise; simple soldat ou noncommissioned officer, le fait môme de servir, sans espoir d'avancement, dans l'armée anglaise, fait de lui une espèce d'aristocrate, parmi les soldats des autres armées européennes. Disons que l'armée anglaise est une armée de snobs, et que le snobisme général produit ici son maximum d'effets utiles. Mais ne méconnaissons pas, d'autre part, bien d(;s vices et des désordres, oubliés ensuite dans l'ivresse du triomphe final.

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