LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DU GOUVERNEMENT BRITANNIQUE
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MERS ET L-ABBITRAGE P"'''"^ '!"' P°"™" "''■'''^'": ^ 'Angleterre DU CONTINENT ^® réduire ses dépenses militaires? Elle na
pas d'ennemis à craindre, une guerre plus que séculaire a consommé l'abaissement de la puissance française. « Carthage » a vaincu « Rome ». La diplomatie anglaise triomphe : diplomatie à double aspect, suivant que l'on considère la politique qu'elle poursuit comme une politique maritime ou comme une politique continentale.
Sur mer, l'Angleterre applique un droit de la guerre que les autres nations tiennent pour despotique. La diplomatie britannique revendique, pour les navires de sa nation, le droit d'arrêter, de visiter, de .saisir et d'emmener dans leurs ports les navires neutres, quitte à les relâcher plus tard s'il est prouvé devant les tribunaux anglais que ce ne sont pas des navires ennemis déguisés, et à leur laisser leur cargaison, s'il est prouvé, selon les mêmes formes, que la cargaison, comme le navire, est neutre. Elle revendique encore, pour l'Angleterre, le droit d'établir des blocus fictifs, et de donner à ses corsaires l'ordre d<; .saisir tout vaisseau neutre à destination de ports arbitrairement dé.signés et dont nul vaisseau britannique ne défend j)rati([uoment
1. Twiss, lifcof lord Eldon, vol. II, p. 203 : 1 brougtil inlo tin- lions." Iiy llirir (•oll;irs twooftlu! mol), aiid told Ihorn llint they would b(( haiigcd. Uni! of tluMU ïiid iiu' louk lo iiiyneir, and lold me tlial lh(! pooplo wcro imich inoro liknly lo haiig me Ihaii l wns to procuH! aay of tlicm lo be haiigcd. They were sont bcfort' a J. P., but llic soidicrs «aid thoy would do llKîirduly as soldior», but they would not be witncsses. — Cf. Ann. Reg., 1810, Ghrou., pp. 115 sqq, sur l'impopularité à laquelle le» soldats anglais sont en butte à Glasgow.
l'accès. « La Grande-Bretagne, déclare la Cour d'Amirauté anglaise, bloque naturellement, par sa position insulaire, tous les ports de l'Espagne et de la France ^ » Elle revendique enfin le droit d'arrêter et de visiter les navires neutres — navires marchands, et même au besoin navires de guerre, — pour vérifier s'ils n'ont pas de déserteurs anglais à bord, et de reprendre les déserteurs présumés, sans autre forme de procès, pour le service de sa marine, La jouissance de ces droits est une condition nécessaire de la suprématie maritime de la Grande- Bretagne; et la suprématie maritime à laquelle la Grande-Bretagne aspire est pour elle une condition d'existence, depuis le moment surtout où, la production industrielle l'emportant sur la production agricole, il lui a fallu chercher au dehors une partie de ses moyens de subsistance. Les nations étrangères ont protesté souvent, elles ont formé, avec l'encouragement et l'appui de la France, des ligues contre les exigences anglaises; puis elles ont dû se résigner : sans l'alliance anglaise se seraient-elles affranchies du joug, plus lourd encore, que faisait peser sur elles le despotisme napoléonien? Sur mer, c'est la Grande-Bretagne qui prétend exercer, et exerce en effet, l'autorité absolue. Mais sur terre, c'est l'inverse; et comme, après tout, les intérêts de toutes les nations, sauf la Grande-Bretagne, sont territoriaux bien plus que maritimes, le gouvernement anglais peut, avec des arguments probants, se présenter à tous les autres gouvernements comme l'arbitre désintéressé de la justice internationale.
Le gouvernement anglais ne poursuit pas, n'a jamais poursuivi, depuis 1792, une politique de conquêtes. Assurément, la guerre qui vient de se terminer a étendu l'empire colonial de l'Angleterre. Aux Indes Orientales, la tutelle anglaise a été imposée au Sultan de Mysore, au Nizam, à la Confédération mahratte; les troupes anglaises occupent Delhi; plus de quatre-vingt-dix milles carrés ont été annexés; sur le littoral, les territoires des trois présidences sont maintenant contigus; à l'intérieur la Compagnie des Indes étend partout sa domination et son influence. Ceylan, le Cap, l'île de France, Sainte- Lucie, Tobago, autant de conquêtes nouvelles soit dans le Pacifique, soit aux Antilles. Mais il ne faut pas voir dans cet agrandissement de l'empire l'effet d'un dessein prémédité : c'est par hasard, c'est presque à contre-cœur que le gouvernement britannique a fait toutes ces conquêtes. Après les désastres de la guerre d'Amérique, les Anglais, dégoûtés de la politique d'expansion coloniale, ont été jusqu'à abolir