Fauchille, Du Blocus Maritime, p
le secrétariat d'État « pour les colonies * » ; et, lorsque Pitt introduisit son India Bill, pour étendre l'autorité du pouvoir exécutif sur la Compagnie des Indes, il déclara expressément tous projets de conquête aux Indes « contraires aux vœux, à Thonneur, et à la politique de la nation^ ». Après quoi, pour empêcher les agents français, à Seringapatam, puis sur les bords de la Jumna, de menacer la sécurité des établissements de la côte, il a bien fallu lancer vers l'intérieur des expéditions militaires. Mais quand les guerres ont succédé aux guerres, le Board of Contrôla les Directeurs de la Compagnie, le monde de la politique et le monde des affaires ont pris peur. Lord Wellesley, le gouverneur général, a été sommé de conclure la paix au plus vite. Il a donné sa démission; et une série de traités transactionnels ont été bâclés avec les chefs mahrattes. S'agit-il de terminer la guerre avec l'Amérique? Autant le gouvernement anglais se montre intransigeant pour tout ce qui touche au droit de la guerre maritime, autant il se montre disposé à abandonner toutes prétentions à un agrandissement territorial : les États-Unis continueront à s'enfoncer comme un coin entre le Canada et le Nouveau-Brunswick. Le traité de Paris laisse à la France la Martinique et la Guadeloupe, son droit de pêche sur la côte de Terre-Neuve, ses établissements mêmes de la côte des Indes, à condition de n'y point entretenir d'armée. La Hollande se voit rendre Java, le Danemark toutes ses colonies. Même les colonies dont on n'opère la restitution, ce n'est pas avec un dessein d'expansion territoriale qu'on les a retenues. De môme que les Iles Ioniennes, Malle et Gibraltar en Europe, ce sont, aux yeux des ministres anglais, des centres stratégiques, des points de ralliement pour les escadres anglaises*. Sainte-Hélène, Simon's Bay, l'Ile de France perinettront aux navires de se ravitailler en eau douce et en viande fraîche, sur la route des Indes.
Mais l'Angleterre regorge de population ; elle a plus de mains qu'elle n'en peut employer, plus de bouches qu'elle n'en peut nourrir : ne