‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 70 sur 387 · Life of Wilberforce, vol. III, pp. 315 sqq · texte numérisé non relu

Life of Wilberforce, vol. III, pp. 315 sqq

5. Morning Chronicle, 10, 26, 27 oct. 1812.— Leeds Mercury, 3, 14, 17, 24 oct. 1812. — NewcasUe Chronicle, 17 oct. 1812.

leurs clients, siéger à Westminster. Il faut, s'ils veulent jouer un rôle politique, qu'ils sachent se montrer coulants en affaires avec les fermiers et toutes les petites gens de l'endroit. Il faut qu'ils soient, en tous temps, prêts à dépenser largement, à subventionner les sociétés locales, à donner des fêtes publiques. Tout cela coûte cher, même dans les intervalles qui séparent les périodes électorales : mais leur popularité est à ce prix. Brougham qui songe, en 1816, à s'en aller braver dans son comté de Westmoreland le chef des Lowther, le puissant lord Lonsdale, se divertit de voir ce grand seigneur, pour parer à l'éventualité d'une lutte prochaine « saigner déjà par tous les pores ». « Partout s'ouvrent les cabarets; les agents allongent leurs factures; la chasse est libre sur tous les manoirs*. » Le grand propriétaire anglais n'est pas comme le grand propriétaire irlandais, une sorte de négrier, convaincu que le paysan lui doit son travail tous les jours de l'année et son vote les jours d'élection; s'il compte sur la voix de ses tenanciers, c'est en échange des bons procédés auxquels les cultivateurs — de bons bourgeois et non des paysans misérables — considèrent de leur côté qu'ils ont droit.

Sans doute les gentilshommes campagnards sont devenus plus citadins qu'autrefois : les admirateurs du passé regrettent le temps où ils ne visitaient Londres qu'à de longs intervalles, où leur départ était un événement dans leur région, où les cloches de l'église paroissiale sonnaient pour fêter leur retour. Ils continuent cependant à passer sur leurs terres la plus grande partie de l'année; à la ville, au Parlement, ils restent des ruraux avec ostentation. Les counly members, qui sont à la Chambre des Communes les représentants de leur classe, forment un groupe distinct, avec ses traditions propres : une loi non écrite leur accorde le privilège exclusif de porter des éperons dans la salle des séances^. Ils symbolisent la « vieille Angleterre » aristocratique et campagnarde, tout ce qui, dans les provinces, se défie de la cour et des bureaux.

« La nature bienfaisante des travaux champêtres, les plaisirs mâles et sains qu'ils procurent, l'esprit d'indépendance qu'ils éveillent leur ont valu partout la sympathie des hommes sages et vertueux. Les honn(!urs qu'on leur rend en Chine remontent à l'antiquité la plus numlée. Tant que la république romaine resta pure, l'agriculture fut tf'uue à Rom(5 en haute estime. Dans notre pays, le nom de Russell,

1. Creevey Papers, vol. I, p. 254. — Cf. Goltu, Administration de la justice criminelle en Angleterre, p. 101 : « Il y a eu AnjçloU'rrc une fçrnnd*' quanlili' do terres appartenant aux pn-miern weif^ricurs du royaume, qui ne sont lou^^es par eux que la moitié de leur valeur, dauH l'uniqut! but de «'assurer des voix pour le [larlemeut. -

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