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r,. I C'imia. I4:t: cf. IV Comm. 147,
au droit de pétition i. Ce droit est donc resté, pendant toute la durée de la réaction tory, à la disposition du public, pour exercer du dehors une pression, dépourvue de violence, sur le pouvoir législatif, et empêcher que le Parlement vote des lois sans avoir consulté l'opinion. Un membre du Parlement se considère comme tenu de présenter à la Chambre des Communes une pétition signée dans sa circonscription, même quand il est en désaccord avec les signataires ^. Les non-électeurs peuvent signer : voilà donc pour eux un moyen indirect de participer à la vie publique, et d'avertir le gouvernement qu'il existe, si l'on ne tient pas compte de leur avis, un mécontentement capable de se traduire en actes dangereux pour la paix du pays.
Les adversaires de la traite des noirs ont été les premiers à faire un emploi méthodique du droit de pétition : leur agitation, admirablement organisée, a remporté en 1806 un succès décisif, et les pétitions collectives sont désormais devenues à la mode. Brougham a obtenu, en 1812, l'abrogation des Orders in Council par un vaste mouvement de pétitions; et l'agitation qui, en 1814, a immédiatement suivi le rétablissement de la paix, la protestation contre les obstacles que le Parlement voulait imposer à l'importation des blés étrangers, a pris la même forme. Déjà des pétitions avaient circulé à Glasgow^ en 1813. Le mouvement part encore, l'année suivante, de Glasgow, se propage dans le Lancashire, gagne bientôt toute l'Angleterre. Mr. Protheroe, représentant du parti whig à Bristol, recueille 22 445 signatures dans sa circonscription; 20 000 sont apportées à Leeds en cinq jours; toutes les grandes villes du royaume, ou peu s'en faut, pétitionnent. Suivent quelques mois d'accalmie : les vacances parlementaires interviennent, les plans du Cabinet demeurent incertains, les protestataires espèrent qu'ils ont réussi à l'intimider. Mais, l'hiver venu, il devient clair que la politique du pain cher a décidément prévalu : le Corn Bill est déposé. Aussitôt l'agitation recommence. Le 9 février 1815, quarantedeux pétitions sont présentées au Parlement. Le 4 mars, un grand meeting, où figurent tous les partis de la Cité de Londres, recueille en dix heures 40 571 signatures. La pétition de Manchester porte 52 000 noms. Cependant le Cabinet et la majorité parlementaire persistent dans leurs desseins, le Corn Bill protectionniste est voté, et les meetings dégénèrent en émeutes. Mais, en dépit de l'insuccès final, ce grand mouvement produit une impression profonde. « C'est la
1. H. ofC, 10 nov. 1795 : discours de Pitt {Pari. Hist., vol. XXXII, pp. 274-275).
2. H. of C, 17 mai 1813 : paroles de Ganaing; 27 avril 1814 : paroles de W. Smith; H. ofL., 6 mars 1815 : paroles de lord Derby (Pari. Deb., vol. XXVI, p. 216; vol. XXVII, p. 574; vol. XXX, p. 2).
POUVOIR LÉGISLATIF ET GOUVERNEMENT DE L'OPINION. loi
première fois, écrit le Morning Chronicle, que la majorité de la population masculine et adulte s'est mise d'accord pour présenter des pétitions au Parlement sur un sujet déterminé *. »
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