‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 98 sur 387 · Goo. m, c · texte numérisé non relu

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veaux riches. Une loi de 1782 retire le droit de vote aux percepteurs d'impôts et aux employés des douanes*. Une loi de 1763 décide que les honorary freemen devront, pour être électeurs dans un bourg, avoir reçu le titre au moins douze mois avant les élections-. Une loi de 1786 exige que les électeurs de scot and loi justifient de six mois de résidence^; une loi de 1788, que les électeurs des comtés aient été inscrits un an au moins avant d'avoir le droit de voter*. D'autres fois on étend la franchise, pour châtier les électeurs d'avoir, dans certains petits bourgs, trop cyniquement mis leurs voix aux enchères : tel a été le sort du bourg de New Shoreham en 1771, du bourg de Cricklade en 1782. Enfin le Parlement, abrogeant une loi de 1729 qui avait déclaré immuable, pour chaque circonscription, la constitution du corps électoral, telle qu'elle était fixée par la dernière décision de la Chambre des Communes^, restitue, en 1788, au Parlement le droit de reviser en ces matières ses décisions antérieures ^ La Chambre des Communes dispose ainsi des moyens qui lui permettraient, à la rigueur, de réformer circonscription par circonscription tout le droit électoral anglais.

Il est rare cependant que de grandes réformes s'opèrent de la sorte en détail : une opinion démocratique s'est constituée, à la fin du xYiii*' siècle, qui ne se contente pas d'une procédure aussi lente et aussi compliquée. En Amérique, en France, des républiques populaires se fondent. Les doctrines qu'on professe à Paris, la théorie du contrat social, la théorie des droits de l'homme, la théorie de la souveraineté du peuple, sont de vieilles idées anglaises. Fox, chef de l'Opposition, reconnaît, dans les principes de 1789, les principes whigs de 1688 et demande une politique de paix avec la France démocratique. A ses côtés, Grey se fait le spécialiste de la réforme parlementaire. Un petit nombre de grandes familles, traditionnellement factieuses et prêtes à tout plutôt que de capituler devant la Cour, adoptent la même politique. Cependant les « nouveaux M^higs », les « Jacobins », comme on les appelle, ne sont qu'une poignée d'hommes. Le clergé, la gentry, la finance, le commerce, l'industrie, le bas peuple lui-même sauf pendant les mois de disette, bref toutes les classes de la société leur sont hostiles. Le dégoût causé par les excès du terrorisme français provoque par réaction en Angleterre une sorte de terreur « anti-jacobine ».

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