‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 101 sur 704 · Sorte de crochet ou hotte servant à porter des fardeaux · texte numérisé non relu

Sorte de crochet ou hotte servant à porter des fardeaux

fini avec eux, on sacrifiait la femme. On la plaçait sur le dos, étendue sur le billot; cinq jeunes hommes la tenaient bien étirée par les mains, les pieds et la tête. On lui appliquait sur la gorge un gros bâton avec lequel deux hommes la serraient fortement pour qu’elle ne pût point crier au moment où on lui ouvrirait la poitrine. D’autres disaient qu’on se servait pour cela du museau de V espadarte, poisson marin qui a, au bout du nez, une arme en forme d’épée, munie de dents sur les deux fils. C’est avec cela qu’on lui serrait la gorge. Celui qui devait lui porter le coup mortel se tenait à sa place. Des deux mains il la frappait sur la poitrine avec son couteau d’obsidienne. L’ouverture étant faite, le sang en sortait à gros bouillons, parce qu’on maintenait la victime avec la poitrine très-tendue. Le sacrificateur y enfonçait la main aussitôt, arrachait le cœur et le jetait dans une grande écuelle préparée à cette fin, qu’on appelait chalchiuhxicaUi\ Au moment où l’on s’occupait à donner la mort à cette femme, on faisait grand bruit avec des cornets et des conques marines. On descendait ensuite son corps et le cœur couverts d’une manta.

Lorsque tout était fini (c’était toujours le matin), les gens qui étaient allés voir ce sacrifice s’en retournaient chez eux se réjouir, manger et s’inviter mutuellement; j’entends tous ceux qui se livraient au trafic du sel. Ils buvaient du pulque largement, sans s’enivrer cependant. Le jour étant passé et la nuit venue, d’autres gens, qui étaient ivres, se disputaient, se malmenaient et élevaient la voix en se disant mutuellement des injures. Quand ils étaient fatigués, ils se laissaient aller sur le sol et s’endormaient. Au jour suivant, ils prenaient soin de consommer le pulque qui leur était resté et qu’on appelait cochioctli*. Ceux qui; étant ivres la nuit précédente, avaient cherché querelle à d’autres ou les avaient maltraités, se l’entendaient dire, maintenant que le sommeil les avait rendus au bon sens. Ils s’empressaient, dès lors, d’inviter à boire ceux qu’ils avaient maltraités en paroles ou par des actes, afin de se faire pardonner le mal qu’ils avaient fait. Les maltraités perdaient leur rancune en buvant et pardonnaient de bon cœur les injures.

Ici finit la description de la fête appelée tecuilhuüontli.

1. De chalchiuitl, pierre précieuse, et xicalli, vase fait avec une calebasse.

Page 1