De tcoll, dieu ou divin, et chipoli, coquillage
tzonlli^, parce qu’il était comparable à ces arbres d’où pendent des branches ornées de plumes et de filaments, et se terminant par des fleurs qui naissent de petites coupes tigrées. D’autres portaient des plumages faits de dilTérentes façons et s’appelant, selon les cas, xiloxochiquetzalli, aztaxelli ou quatototl*. Quelques-uns avaient des ornements en plumes faits 'de leurs propres mains et de couleurs variées. Il y en avait qui portaient au pied gauche des cornes de pieds de cerfs attachées avec des lanières de la peau du môme animal. Ils avaient tous la figure diversement peinte. Les uns se faisaient, avec de l’encre noire recouverte de marcassite, des ronds sur le milieu des joues et des raies sur le front, allant d’une tempe à l’autre. D’autres prolongeaient cette même raie jusqu’aux deux oreilles avec la même substance. D’autres encore se rayaient de même, du bas de l’oreille à la bouche. Tous avaient l’habitude de se raser les cheveux ou de les couper courts vers les tempes; ils les portaient un peu plus longs sur le front et ramenaient en arrière ceux du haut de la tête. Ils laissaient se former par-dessus la nuque des chevelures longues tombant sur le dos. Ils teignaient leurs tempes d’une couleur jaune.
De jeunes soldats déjà faits à la guerre, qui s’appelaient telpocklequiuaque^, portaient des faisceaux de sapin enflammés devant ces personnages, quand ils dansaient. Ces faisceaux étaient très lourds et faisaient plier les porteurs sous leur poids. Il en tombait des gouttelettes de feu; quelquefois ils s’échappaient des mains et s’étalaient sur le sol en brûlant. Au surplus, sur les deux côtés du parcours, on éclairait avec des torches de résine qu’on nommait tlemaitl. Elles étaient portées par d’autres adolescents qui avaient fait le vœu d’une pénitence volontaire de quinze jours dans le temple. Ils étaient Mexicains* d’un côté et Tlatelulcains de l’autre. Ils ne dansaient pas et ils se contentaient d’éclairer. Ils avaient aussi mission d’observer si quelqu’un faisait des choses immodestes, soit en regardant les femmes, soit en portant les mains sur elles. S’il y avait un délinquant en ces matières, on le châtiait durement, un ou deux jours après, en le frappant avec des tisons enflammés, au point de le laisser pour mort. Le roi assistait quelquefois à cet areyto, d’aulres fois non, selon son ca-
1. De quauitl, arbre, et tzonlli, chevelure, mèche de cheveux.