‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 115 sur 704 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

DE LA FÊTE ET DES SACRIFICES QUI SE FAISAIENT AUX CALENDES DU QUATORZIÈME MOIS APPELÉ qUCCholU.

On appelait le quatorzième mois quecholli. Le mois précédent étant terminé, on passait cinq jours sans faire aucune fête ni cérémonie dans les temples Tout ce qui était relatif au service des dieux était en calme plat. Le sixième jour, ceux qui étaient chargés de l’administration des quartiers se réunissaient et donnaient l’ordre d’aller chercher des roseaux pour faire des ilèches. Chaque soldat en apportait sa charge, et les deux peuples de Tlatelolco et de Mexico réunis, faisant placer toute la provision dans la cour du temple de Uitzilopochtli et devant l’image de ce dieu, commençaient à lui en faire hommage et on la répartissail ensuite entre les habitants. Chacun emportait dans sa maison les flèches qui lui avaient été assignées. Le lendemain, tous ceux qui en avaient reçu revenaient à la cour de Uilzilopuchlli, pour les redresser à la chaleur d’un foyer. Toute cette journée était employée à ce travail, et l’on rentrait ensuite chez soi. On revenait encore le jour suivant, avec la provision do flèches, à la cour de UitzUopochtli. Tout le monde, petits et grands, s’y rendaient; les enfants mêmes étaient portés au haut du temple de Uitzilopochlli. Là, on soufflait dans les trompes et les conques marines, et l’on était obligé de se faire des incisions aux oreilles, pour se saigner et se frotter, avec ce sang, les tempes et la figure. Cette pratique était appelée momaçaiço\ parce que cela se faisait à l’intention des cerfs qu’on devait aller prendre à la chasse. Quand on se trouvait réuni dans le temple de Uitzilopochlli, les Mexicains se plaçaient d’un côté, les Tlatelulcains de l’autre, et l’on commençait à fabriquer les flèches. Ce jour-là était appelé llacatl in tlacochtli L Tout le monde y faisait pénitence, en se saignant des oreilles, et si quelqu’un se refusait à le faire, ceux qui étaient chargés de la surveillance, et que l’on nommait tepan mani°, lui enlevaient sa manta et ils ne la lui rendaient jamais. Pendant les jours destinés à fabriquer ces flèches, personne ne buvait du pulque ni ne passait la nuit avec une femme. Toutes les flèches se faisaient sur la même mesure. Les pointes même, faites en chêne, étaient toutes semblables. Lorsque les bois en étaient

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