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Qui régissent, dirigent les autres

préparés, on les donnait à ceux qui avaient la charge d’y fixer les pennes, opération qu’ils pratiquaient parfaitement avec des fils de nequen très bien tordus. Pour que les tiges ne se fendissent pas, on prenait soin de mettre de la colle d’amidon dans les trous et l’on y fixait ensuite les pointes. Quand celles-ci étaient en place, on frottait les joints avec de la résine, et la même matière était également mise sur le bout qui devait porter sur la corde de l’arc. Tout ce travail étant terminé, on partageait les flèches en faisceaux de vingt, on formait une procession et on venait les placer en offrande devant l’idole de Uitzilopochtli. On y laissait toute la provision et l’on s’en retournait chez soi.

On appelait le quatrième jour calpan nemitilo ce qui veut dire : jour où Von faisait des flèches appartenant à des particuliers, pour s’exercer au tir. A cet effet, on prenait pour but une feuille de maguey et on tirait dessus. Alors étaient mis en évidence les plus adroits à ce jeu. Dans la cinquième journée, on préparait, en l’honneur des défunts, de petites flèches, longues d’un geme^ ou d’un empan, dont le bout et la pointe étaient enduits de résine. La pointe se faisait en bois. On mettait sur les tombes quatre de ces flèches attachées à quatre petites torches avec un fil léger de coton. On y plaçait aussi deux tamales non salés. Cela y restait ainsi déposé tout le jour, et, la nuit étant venue , on allumait les torches qui brûlaient avec les petites flèches. Le charbon et la cendre qui en provenaient étaient enterrés sur la sépulture du défunt, dans le but d’honorer ceux qui étaient morts à la guerre.

On avait l’habitude de choisir une tige de maïs à neuf nœuds. On plaçait, en forme de petits drapeaux, un papier à son bout supérieur et un autre plus long qui tombait en banderolle jusqu’au pied de la tige. A côté, on déposait la rondadle du défunt avec une flèche et l’on attachait à la tige de maïs sa manta et sa ceinture. Sur chaque face du petit drapeau on figurait en fil rouge comme une image de la croix de Saint-André. La banderolle de papier était brodée en fils blanc et rouge tordus ensemble, et du bout du fil blanc pendait un oiseaumouche® mort. On formait aussi des faisceaux de plumes blanches de héron ou aztatl accolés de deux en deux avec des fils qu’on réunissait ensuite en un seul pour l’attacher à la tige de maïs après l’avoir recouvert de plumes de poule adhérentes au moyen de résine. Le tout était ensuite porté et brûlé dans un mortier en pierre appelé quauhxicalco *.

1. « Dans les maisons se fabriquent des flèches » ; de milia, faire des dards [mili).

2. C’est un terme espagnol dont on se sert pour désigner une mesure ae longueur qui se marque par la distance du bout du pouce au bout de l’index écartés le plus possible.

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