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De Uilzilopochlli, avec co, suffixe de noms de lieu

4. Cupressus disitca, cyprès chauve, grand arbre qui croît en abondance dans les environs de Chapidlepec ; c’est le vieillard des eaux ; de ali, eau, et ^^eue, vieux.

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dans des petits porte-manteaux. C’est alors qu’ils s’unissaient hommes et femmes pour commencer à chanter et à danser.

Cinq jours avant qu’on les livrât à la mort, les maîtres des esclaves commençaient leurs cinq jours de jeûne, qu’observaient également les vieillards des quartiers. On mangeait seulement au milieu du jour et l’on se baignait par pénitence, à minuit, dans des oratoires situés au bord de la rivière et appelés ayauhcalco. Les femmes et les maîtresses des esclaves prenaient leurs bains dans l’eau qui passait devant leurs maisons. Les baigneurs emportaient chacun quatre épines de maguey et, comme avant de se baigner, ils s’incisaient les oreilles, ils ensanglantaient les pointes de ces épines, en jetaient une dans l’eau et en plantaient une autre sur la rive, tandis que les deux dernières étaient offertes par eux à l’idole de l’oratoire à' ayauhcalco . Les femmes qui se baignaient près de leurs domiciles se contentaient d’ensanglanter une seule pointe de maguey et l’enfonçaient au bord de l’eau. Lorsqu’on avait fait quatre jours de pénilence, on voyait se réunir les esclaves hommes et femmes, leurs maîtres et maîtresses, ceux (jui devaient accompagner les victimes au temple, ceux qui devaient les en descendre après leur mort, ceux encore qui seraient chargés de leur laver le visage et ceux enfin qui auraient à marcher devant en portant les petits drapeaux. Tous ensemble se prenaient par les mains et se mettaient à danser, chanter et valser. Ils avaient fait d’avance, avec des souchets, des sortes de guirlandes ou grosses cordes qui leur servaient à se tenir ensemble, au lieu de se prendre par les mains. Les malheureux destinés â la mort se mêlaient aux autres pour danser aussi. Ils sautaient avec grand entrain, couraient, dansaient et galopaient à en perdre haleine, tandis que les vieillards des quartiers chantaient et leur faisaient de la musique et qu’un grand nombre de spectateurs étaient là pour les voir. Ceux qui accomplissaient leur pénitence, s’étant privés de passer la nuit avec leurs femmes pendant ces quelques jours de mortification étayant fait abandon de toute jouissance par respect pour le jeûne, mettaient fin à minuit à leurs chants et à leurs danses.

Ils s’en allaient tous chez eux, pour commencer la fête, le lendemain, dernier jour du mois, aux premières lueurs de l’aurore. Alors, les esclaves qui devaient mourir se rendaient chez leurs maîtres pour prendre congé d’eux, précédés par un homme qui portait une écuelle pleine d’encre noire, ou d’ocre rouge, ou d’une teinture bleue. Ils chantaient à tue-tête, à s’en briser la poitrine, et, en arrivant aux maisons de leurs patrons, ils trempaient leurs mains dans l’écuelle et venaient ensuite les appliquer aux seuils des portes et sur les piliers, où restait leur empreinte. Ils allaient faire la même opé-

ralioii dans les maisons de leurs parenls. Quelques-uns d’entre eux, qui étaient gens de cœur, avaient la force de manger ; mais d’autres, pensant à la mort qu’ils allaient bientôt endurer, ne se sentaient pas le courage d’avaler. Les maîtres des esclaves, au surplus, s’étaient pourvus d’un grand nombre de mantas et de maxtU qui devaient être distribués pendant la fête. On les mettait sur les épaules des hommes qui étaient chargés de les porter; ceux qui devaient mourir se paraient de leurs papiers et mettaient leurs petits drapeaux sur les épaules; les femmes chargeaient aussi sur leur dos leurs petits nécessaires de parure; et, cela fait, tout le monde se rangeait en procession devant la porte, tandis que les esclaves entraient un instant dans les cuisines de la maison et marchaient plusieurs fois autour des fourneaux. C’est après cela qu’on entreprenait la marche vers le calpulco, les esclaves venant au dernier rang. La danse commençait dans la cour aussitôt qu’on y était arrivé. Les porteurs déposaient là leurs charges et les objets étaient mis chacun à sa place, les mantas toutes ensemble, les maxtli, les péplums et les jupons séparément aussi. Alors entraient les invités, et ceux qui faisaient la fête leur distribuaient des maxtli, des mantas ou ce qu’ils désiraient. Les femmes entraient en bon ordre par un autre côte et recevaient également des péplums, des jupons ou toute autre chose qui leur faisait envie.

Ces fêtes étaient célébrées seulement par les marchands qui achetaient les esclaves. Après qu’ils avaient distribué les mantas et autres objets aux invités, on conduisait les esclaves au temple autour duquel on les faisait marcher en procession, et ensuite on y montait. Quand on était arrivé au sommet, on faisait en bon ordre le tour de la pierre des sacrifices et l’on descendait immédiatement après. En arrivant en bas, on se rendait au cnlpulco en courant. Quelques-uns cependant ne couraient pas; ils marchaient à pas lents. Dès qu’ils entraient au calpmlco, on déshabillait les esclaves de leurs papiers et on les faisait asseoir sur des petates. On leur apportait à manger, et du pulque également, pour que ceux qui voudraient pussent manger et boire. Toute la nuit devait se passer en veille; quand minuit arrivait, ils étaient placés en rang devant un foyer et on leur coupait les cheveux du haut de la tête pour les garder comme relique. Cela étant fait, on commençait à manger de la pâte de blettes, qui était préparée d’avance, et personne ne refusait d’en prendre. Ces tamales de forme cylindrique n’étaient pas rompus avec les doigts, mais au moyen d’un lil ù’ixtli. Quand on avait fini de les manger, on prenait les petates, on les roulait et on les mettait tous ensemble en un point désigné. On agissait de même dans tous les domiciles particuliers. C’était, du reste, la coutume (lue, dans toutes 'les maisons de la ville, on

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passât cette nuit couché sur le sol nu ou sur quelques mauvaises hardes qu’on y étendait.

Aux approches du jour, avant qu’il Ht encore bien clair, on faisait descendre le dieu Paynal du haut du temple de UitzilopocUtli. 11 allait droit au jeu de paume qui se tenait au milieu de la cour appelée teotlachcoK Là, on tuait quatre captifs, deux en l’honneur du dieu Amapan'^ et deux autres pour honorer le dieu Oappatzan, dont les statues étaient tout près du tlachco. Quand le sacrifice était consommé, on traînait les victimes par le tlachco dont le sol se teignait partout du sang qu’elles perdaient. Immédiatement après, le dieu Paynal, accompagné de quatre nécromanciens et de beaucoup d’autres gens, prenait en courant le chemin de Tlatelolco et de là se dirigeait sans s’arrêter sur Nonoolco où se trouve actuellement une église de Saint-Michel. Le satrape de ce temple allait le recevoir avec le représentant du dieu Quauillicac'\ compagnon du dieu Paynal. Les deux étaient parés de leurs attributs. Its se réunissaient pour aller ensemble vers Tlacuba , à l’endroit qu’on appelle Tlaxollan. Ils partaient ensuite pour le quartier de Popotlan où se trouve l’église de Saint-Étienne; là, devant un temple qui y était érigé, on tuait d’autres captifs, et ils prenaient de nouveau leur course vers Chapuliepec'. Ils passaient devant le cerro de ce nom, traversaient la petite rivière qui coule en cet endroit et qu’on nomme IzquitlaiP et devant le temple qui se trouvait en ce lieu on sacrifiait d’autres captifs qui étaient appelés izquiteca^. Ils allaient de là droit sur Coyoacan, toucbaient à un point qui se nomme TepetormP, tout près des maisons de celte ville, se dirigeaient ensuite, en droite ligne, vers Maçatlan^ qui est près de l’église de San-Matias Iziacalco^, d’oü ils revenaient à un endroit qu’on nomme Acachinanco^°, près des maisons d’Alvarado.

Pendant que se faisait cette procession, les esclaves qui devaient mou-

1 . Ou tlachco divin ; le Llachlli est un jeu de balle, et tlachco désigne plus particulièrement l’enceinte où ce jeu avait lieu.

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