‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 134 sur 704 · RÉCIT QUE FONT LES MEXICAINS RELATIVEMENT AUX FÊTES DU DIEU · texte numérisé non relu

RÉCIT QUE FONT LES MEXICAINS RELATIVEMENT AUX FÊTES DU DIEU

Uitzilopochlli.

Les Mexicains faisaient trois fêles par an en l'honneur de UiizUo- ])ochlli. L’une d’elles se célébrait au mois de panquetzaliz-tli. Pour celle fête, dès lors qu’on avait fabriqué avec du tzoalli l’image de ce dieu, de la taille d’un homme, et d’autres divinités qui portaient le nom de Tlacauepan Cuexcotzin, on les montait au haut du temple. C’étaient les adolescents du lelpochcalli, qui étaient chargés de ce soin, et ils les montaient sur leurs propres mains. La statue de Uilzilopochlli était fabriquée dans le quartier d’Ilepeyoc, celle de Tlacauepan Cuexcotzin se faisait au quartier de Uitznauac. Quand la masse était cuite, on en fabriquait les statues dans le cours d’une nuit. Après qu’elles étaient faites, au point du jour, on les ornait de leurs attributs et l’on passait une partie du jour à leur faire des offrandes. Très avant dans l’aprèsmidi, on commençait un areylo et c’était en dansant qu’on portait les images au temple; l’on attendait le coucher du soleil pour les monter au haut de l’édifice. Quand on les avait placées à l’endroit qui leur était destiné, tout le monde descendait, à l’exception de ceux qui devaient les garder pendant loute une nuit. Ces gardiens s’appelaient yiopoch. Au point du jour, le dieu Paynal, vicaire de Uitzilopochtli, descendait du haut du temple. L’un des prêtres, revêtu des ornements de Quetzalcoatl, qui étaient fort riches, portait en procession sur ses mains l’image de Paynal, en bois sculpté, richement parée comme on 1 a déjà dit. Dans cette cérémonie, le dieu était précédé d’un massier tenant sur l’épaule un sceptre en forme de serpent monstrueux

recouvert de turquoises placées en mosaïque. Lorsque le satrape arrivait avec cette image en un endroit appelé teollachco, qui est le jeu de paume, on sacrifiait devant lui deux esclaves qu’on disait être l’image des dieux Amapunt:-itzin\ ainsi qu’un grand nombre de captifs. Là commençait la procession et l’on allait droit au Tlatelolco. Beaucoup de gens du peuple et de satrapes allaient à sa rencontre. Ils encensaient le dieu et décapitaient un grand nombre de cailles en sa présence. De là, la procession allait en droite ligne à Popoilan, situé près de Tlacuba, où se trouve actuellement l’église de Saint-Etienne. Il était fait au dieu en cet endroit la même réception que ci-devant. Pendant le trajet, la procession était précédée d’une bannière en papier, de la forme d’un émouchoir et pleine de trous d’où sortaient des petites mottes en plumes. C’était quelque chose de semblable à la croix qui est en tête de nos processions. On s’en revenait ensuite droit au temple de UitzilopochlU et l’on faisait avec la bannière une cérémonie comme on l’a dit déjà à propos de cette fête. Le surplus qui la concerne a été décrit dans le mois de panquetzaHztli.

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