‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 149 sur 704 · Ou techialli, attente des gens; de chia, attendre · texte numérisé non relu

Ou techialli, attente des gens; de chia, attendre

tration se réunissaient là pour jeûner et faire quatre jours de pénitence avant les fêtes qui revenaient de vingt en vingt jours. A l'occasion de ce jeûne, les uns faisaient leur unique repas à minuit, les autres à midi.

RÉCIT DE CE qu’offraient LES MEXICAINS DANS LEURS TEMPLES.

Ils faisaient offrande de plusieurs choses dans les édifices appelés calpulli, qui étaient comme les églises des paroisses dans lesquelles se réunissaient les personnes de chaque quartier, soit à l’occasion des offrandes, soit pour d’autres cérémonies. Ils offraient des comestibles, des mantas, des oiseaux, des épis de maïs, de la chian, des haricots et des fleurs. Tels étaient les objets qui faisaient la base de l’offrande des femmes et des jeunes filles à marier. Mais dans les oratoires des domiciles, ils n’offraient que des comestibles aux images des dieux qui s’y trouvaient. Ils renouvelaient cette pratique tous les jours de bonne heure. La maîtresse de la maison prenait soin de réveiller, tous les matins, les différents membres de la famille, pour qu’ils allassent faire leur offrande aux dieux de leurs chapelles.

Les satrapes offraient de l’encens, jour et nuit, dans les temples, à certaines heures. Ils faisaient usage pour cela d’encensoirs en terre cuite, de la forme d’une sorte de poêlon de grandeur moyenne avec un manche creux de la grosseur d’une vara à mesurer et de la longueur du bras jusqu’au coude ou un peu plus, ayant en dedans de petites pierres pour faire l’office de grelots. L’encensoir était orné de sculptures qui le trouaient de distance en distance, du milieu jusqu’en bas. On prenait de la braise allumée au foyer, on y projetait du coiial, on s’approchait ainsi de la statue du démon et on élevait l’encensoir vers les quatre points cardinaux en même temps qu’on encensait aussi l’idole. Cela étant fait, on allait jeter la braise au foyer. Cette même pratique était imitée par les gens du peuple dans leurs maisons, le matin et le soir, devant les statues qu’ils avaient dans leurs oratoires ou dans leurs cours. Les pères et les mères engageaient leurs enfants à faire de même soir et matin.

Les Mexicains et tous les habitants de la Nouvelle-Espagne faisaient usage (qui se poursuit encore beaucoup aujourd’hui), dans leurs offrandes, de cet encens de copal, sorte de gomme blanche qu’ils appellent copain, pour encenser leurs dieux. Ils n’avaient point recours à notre véritable encens, bien qu’il y en ait dans leur pays. C’est donc de ce copal que faisaient usage les satrapes dans le temple et tout le monde dans les demeures privées, comme nous l’avons dit plus haut.

histoirp: des choses

Les juges faisaient de même lorsqu’ils devaient se livrer à quelque acte de leur ministère. Avant de vaquer à leurs travaux, ils jetaient du copal sur le feu pour révérer leurs dieux et réclamer leurs secours. Les chanteurs des areylos , avant de commencer à chanter, brûlaient également du copal en l’honneur de leurs dieux pour demander leur protection. On avait, dans tout le pays, une habitude suivie par tout le monde, hommes, femmes et enfants, qui consistait, quand on entrait en un lieu où il y avait une ou plusieurs images d’idoles, à toucher la terre avec le doigt qu’on portait aussitôt à la bouche ou sur la langue. On appelait cela « manger de la terre par respect pour les dieux ». Tous ceux qui sortaient de leurs maisons, bien que ce ne fût pas pour aller hors ville, se livraient à cette pratique en rentrant chez eux. Ils faisaient de même en route, lorsqu’ils passaient devant quelque temple ou chapelle. Quand il s’agissait de faire un serment, ils suivaient la même pratique pour affirmer qu’ils disaient la vérité. Lorsqu’on voulait s’assurer qu’un interlocuteur était sincère, on lui demandait ce genre d’affirmation et on le croyait comme s’il avait fait un serment.

Ils avaient encore un autre cérémonial qu’ils appelaient tlatlaçalizlli', ce qui veut dire lancement et qui consistait à ne rien manger avant d’avoir jeté au feu une petite bouchée de ce qu'on allait prendre. Ils avaient, de même, la croyance, généralement répandue, que personne ne devait boire du pulque avant d’en avoir versé un peu au bord du foyer. Lorsqu’ils entamaient quelques grandes jarres de pulque, ils en mettaient d’abord une certaine quantité dans un pot qu’ils plaçaient près du feu. Là, ils en prenaient ensuite avec un verre qu’ils vidaient en en répandant le contenu en quatre endroits différents du bord du foyer. Après cela les invités buvaient; personne n’avait l’habitude de boire auparavant. Ils appelaient cela tlatoyaualiztlP, ce qui veut dire libatio ou dégustation.

RÉCIT AU SUJET DU SANG QU’oN REPANDAIT DANS LE TEMPLE ET AU DEHORS EN e’iIONNEUR du DÉMON.

Les Mexicains répandaient le sang nuit et jour dans les temples, tuant des hommes et des femmes devant les statues des démons, ainsi qu’on l’a dit plus haut en dilférents passages de ce livre. Ils le répandaient également devant ces mêmes démons, comme un acte dedévo-

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