‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 150 sur 704 · Action de jeter »; de tlaça, lancer, éloigner · texte numérisé non relu

Action de jeter »; de tlaça, lancer, éloigner

2. Substantif verbal dérivé de toyaua, répandre, verser un liquide.

lion, en des jours consacrés pour cela. Ils procédaient de la manière suivante. S’ils voulaient se saigner de la langue, ils se la traversaient avec la pointe d’un petit couteau et ils faisaient passer ensuite par le trou des pailles de graminées dont le nombre était en rapport avec le degré de dévotion de chacun. Certaines personnes les attachaient les unes à la file des autres et tiraient ensuite dessus, comme on fait d’une corde, pour les faire défiler par l’ouverture de la langue. D’autres en faisaient passer séparément une grande quantité qu’ils laissaient ensuite tout ensanglantés sur le sol, aux pieds du démon, et quelquefois sur les chemins ou dans les chapelles. Ils se saignaient également des bras et des jambes. Les satrapes répandaient aussi leur propre sang, par dévotion, en dehors des temples, sur les montagnes ou dans des groltes; ils le faisaient pendant la nuit, de la manière suivante. Ils se procuraient des roseaux verts et des épines de maguey. Après les avoir ensanglantés au moyen du sang qu’ils se retiraient des jambes, au-dessus de l’os du tibia, ils s’en allaient de nuit, tout nus, sur les montagnes qui leur inspiraient de la dévotion et ils déposaient ces objets pleins de sîing sur un lit de roseaux qu’ils préparaient à cet elTet. Ils renouvelaient cet acte en quatre ou cinq endroits, suivant leur dévotion.

Les hommes répandaient aussi religieusement leur sang cinq jours avant la fête principale qui se célébrait tous les mois. Ils se faisaient des coupures aux oreilles et, avec le sang qui en découlait, ils se traçaient des raies rougeâtres sur la figure. Les femmes les faisaient rondes et les hommes dessinaient une raie droite qui allait du sourcil à la mâchoire inférieure. Les femmes avaient aussi la dévotion de faire l’ofirande de leur sang pendant quatre mois; elles se sai" gnaient tous les trois ou quatre jours, pendant tout ce temps. On offrait aussi, par dévotion, le sang des oiseaux devant les démons, surtout aux pieds de Uitzilopochtli. On achetait, à l’occasion de ses fêtes, des cailles vivantes que l’on décapitait devant l’idole. Leur sang se répandait en ce lieu même et le corps, jeté parterre, palpitait jusqu’à ce qu’arrivât la mort. Ils en décapitaient une, deux ou trois, selon leur degré de dévotion. Lorsqu’on sacrifiait quelque esclave ou quelque captif, son maître prenait le sang dans une écuelle, y trempait un papier blanc, et, passant successivement devant loules les statues des démons, il leur frottait la bouche avec ce papier ensanglanté. D’autres trempaient dans le sang un morceau de bois avec lequel ils touchaient ensuite la bouche de la statue.

HISTOIRE DES CHOSES

RÉCIT AU SUJET d’autres PRATIQUES QUI ÉTAIENT SUIVIES EN l’huNNEUR DES DÉMONS, AU TEMPLE ET AU DEHORS.

Ceux qui échappaient à quelque maladie consultaient un astrologue, et, suivant son avis, choisissaient un jour de bon augure pour brûler aux foyers domestiques beaucoup de papiers que cet astrologue, au moyen à'ulli, avait ornés des images des dieux auxquels on supposait être redevable du bonheur d’avoir échappé à la maladie. L’astrologue, en donnant ces papiers, disait quel était le dieu qui s’y trouvait peint, et l’intéressé les jetait au feu. Lorsqu’ils étaient brûlés, il en réunissait les cendres qu’il enterrait dans la cour de sa maison. On appelait cela nextlatializtli^.

Quelques-uns avaient la dévotion d’offrir leur sang dans les temples, la veille des fêles. Pour que l’offrande en fût plus agréable, ils allaient chercher du laurier sauvage, appelé acxoyatl, qui croît partout sur la montagne et, après avoir teint du sang qu’ils se retiraient des jambes deux épines de maguey dans Xecalpulco^ ils les apportaient au temple, où ils les déposaient sur un lit fait avec les petites branches les plus tendres du laurier cueilli, et c’est ainsi qu’ils les offraient au dieu de leur dévotion. On appelait cela acxoyatemaliztli^. Quand ils devaient marcher en guerre, tous les soldats allaient d’abord chercher à la montagne le bois à brûler dont on faisait usage dans les temples. Ils en formaient plusieurs bûchers dans les monastères des satrapes. C’est là qu’on le prenait ensuite pour l’usage ; car on en brûlait beaucoup nuit et jour dans les cours des temples sur des foyers élevés qui s’y trouvaient fabriqués dans ce but. A d’autres époques, c’étaient les prêtres mêmes et ceux qui résidaient dans le calmecac qui étaient chargés d’aller à la provision de ce bois. Cela s’appelait leoquauhquetzaliztli^. Ils avaient aussi grand soin, pour honorer leurs dieux pénates, de balayer, chaque jour le malin, la cour et le seuil des portes. Le maître et la maîtresse de la maison étaient chargés d’exhorter tous ceux qui l’habitaient à remplir ce devoir. Après cela, on encensait les images du logis et on leur faisait chaque jour des offrandes. On appelait cela tlachpanalizlU^

Les satrapes et ministres des temples avaient soin de ne pas laisser éteindre le feu dans les cours, et de réveiller ceux qui avaient mission

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