‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 17 sur 704 · AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AVIS AU LECTEUR

Lorsque ce travail fut commencé, le bruit se répandit parmi ceux qui en eurent connaissance, que l’on faisait un calepin; même encore aujourd’hui il ne manque pas de gens qui me demandent ; « Où en êtes-vous de votre calepin ? » Certes on rendrait un grand service à ceux qui voudraient apprendre cette langue mexicaine en faisant une œuvre aussi utile pour eux que le fut celle d’Ambroise Calepin* pour ceux qui prétendaient s’instruire dans la langue latine et dans la véritable signification des mots qu’elle renferme. Mais malheureusement tes ressources ont manqué pour ce faire. Calepin, en effet, puisa ses mots, leurs significations, les variations de leur valeur et leurs sens métaphoriques dans les leçons que lui fournissaient les poètes , les orateurs et les autres écrivains de la langue latine. 11 donnait de l’autorité à tout ce qu’il disait par les écrits de ces auteurs, et c’est précisément ce qui m’a manqué, attendu qu’il n’y a ni écrits ni alphabet parmi les gens de ce pays. Il m’a donc été impossible de faire un Calepin. Mais j’en ai posé les fondements assez pour que cela devienne facile à quiconque voudra le réaliser plus tard. Grâce à mes soins, en effet, douze livres ont été écrits dans cette langue mexicaine, et, nonseulement cela s’est fait en termes propres et élégants, mais encore de manière qu’on y puisse trouver toutes les façons de parler et tous les mots de cette langue aussi certains et aussi autorisés que tout ce qui est sorti des plumes de Virgile, de Cicéron et des autres auteurs de la langue latine. Ces douze livres sont copiés de telle sorte que chaque page renferme trois colonnes : la première en langue espagnole, la seconde en langue mexicaine, la troisième pour l’interprétation des mots mexicains qui s’y trouvent indiqués par des chiffres. Ce qui concerne la langue mexicaine a été déjà mis au net; mais ce qui re*

1. Le lexicographe italien Calepino (1434-1511) passa sa vie tout entière à composerun Diclionarium qui fut réimprimé dix-huit fois par les Aide Manucc, reçut de nombreuses additions et jouit, comme recueil polyglotte, d’une grande vogue jusciue vers la fin du dix huitième siècle.

garde la langue espagnole et les notes n’est pas encore exécuté, car je n’ai pu mieux faire, par faute d’aide et de protection. Si l’on me fournissait l’appui nécessaire, tout serait fini à peu près dans une année, et, certainement, ce serait un vrai trésor qui fournirait les moyens d’apprendre bien des choses fort dignes d’être connues et de s’instruire facilement dans tous tes secrets de cette langue, aux grands applaudissements de la vieille et de la nouvelle Espagne.

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