‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 192 sur 704 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

DE l’astrologie JUDICIAIRE OU ART DIVINATOIRE DONT CES INDIGÈNES MEXICAINS FAISAIENT USAGE POUR SAVOIR QUELS JOURS ÉTAIENT HEUREUX OU MALHEUREUX, ET QUEL SORT AURAIENT CEUX QUI NAISSAIENT DANS LES JOURS ATTRIBUÉS AUX FIGURES OU SIGNES DONT IL EST ICI QUESTION. CELA PARAIT ÊTRE CHOSE DE NÉCROMANCIE ET NON d’ ASTROLOGIE.

INTRODUCTION

C’est chose très connue que les astrologues appelés en latin genelhliaci mettent le plus grand zèle à reconnaître l’heure et le moment de la naissance de chaque personne. Sur cette connaissance ils devinent et proclament les inclinations naturelles des hommes, en prenant pour base le signe sous lequel ils sont nés, les rapports qu’avaient en ce moment les planètes entre elles et avec le signe même. Ces astrologues ou devins fondent leur science sur l’influence des constellations et planètes. C’est pour cela que leur divination est tolérée et permise dans les répertoires dont le vulgaire fait usage, à la condition cependant que personne ne croie que la constellation fasse autre chose que produire un penchant à la sensualité, sans porter aucune atteinte au libre arbitre. Les indigènes de la Nouvelle-Espagne se préoccupèrent encore de connaître le jour et l’heure de la naissance de chaque personne, pour deviner les qualités, la vie et la mort des nouveau-nés. Ceux qui faisaient ce

HISTOIRE DES CHOSES

métier étaient appelés tonalpouhque Quiconque venait d’avoir un fils ou une fille allait les trouver comme des prophètes pour s’éclairer sur les qualités, la vie et la mort de leur enfant. Ces devins ne réglaient pas leur art sur les signes et les planètes du ciel, mais bien sur une révélation qu’ils disaient tenir de Quetzalcoall et qui consiste en vingt signes, amplifiés treize fois, conformément à la méthode qu’on verra dans le présent livre. Cette façon de divination ne peut nullement être considérée comme licite, car elle ne se fonde ni sur l’influence des étoiles, ni sur aucune chose naturelle. Sa révolution périodique n’est d’ailleurs pas conforme à celle de l’année, puisqu’elle ne contient que deux cent soixante jours qui recommencent sans cesse en arrivant à leur fin. Cet artifice dans la manière de compter est une œuvre de nécromancien ou bien le résultat soit de l’invention, soit d’un pacte du démon. C’est donc une chose qu’on doit chercher à déraciner avec le plus grand zèle.

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