CHAPITRE XIII
DU MAUVAIS AUGURE QUE l’oN TIRAIT SI QUELQU’UN TRÉBUCHAIT CE JOUR-LA, s’il se FAISAIT MAL AUX PIEDS OU s’iL TOMBAIT, ET DU MAUVAIS SORT DE CEUX QUI NAISSAIENT LE HUITIÈME JOUR APPELÉ chicuci miquiztli ,
A PROPOS DUQUEL IL EST BEAUCOUP PARLÉ DE LA MAUVAISE FORTUNE DES HOMMES ET DES FEMMES QUI Y NAISSAIENT.
On rapporte que le quatrième jour de ce signe était de mauvais augure. Tout le monde prenait garde de ne pas s’y disputer ni faire un mauvais pas. On redoutait beaucoup de trébucher, de se faire mal ou de se disputer ce jour-là, dans la pensée où l’on était que ces accidents devaient ensuite continuer sans cesse, ce signe le demandant ainsi. On disait aussi que ceux qui naissaient dans ce signe seraient heureux et pleins de courage, si on ne les baptisait pas immédiatement et si l’on attendait pour cela le septième jour appelé c/w'come coati. Les maîtres en cet art prétendaient qu’on améliorait ainsi le sort du nouveau-né, parce que c/ucome coati était le signe préposé aux subsistances et doué d’une influence heureuse. Il était en outre le septième, et ce nombre était réputé bienheureux. Le cinquième jour de ce signe s’appelait macuilh calli, et le sixième, chiquacen cuelzpallin. On les disait tous les deux de mauvaise fortune, parce qu’ils appartenaient au dieu Macuilxochitl et Mictlantecutli. Quiconque y naissait, qu’il fût fille ou garçon, était malheureux, de mauvais caractère, turbulent, processif et trouble-fête.
HISTOIRE DES CHOSES
Quand il donnait lieu à des reproches, on avait l’habitude de dire de lui : « C’est un mauvais esprit et un drôle, parce qu’il est né dans ce signe. » Les maîtres de l’art assuraient que le septième pouvait améliorer sa condition, en ne le baptisant pas le jour qu’il était né. On différait donc la cérémonie jusqu’au septième jour de chicóme coati, parce que le nouveau-né pourrait ainsi porter remède à son sort, pourvu que plus tard il fit pénitence ; car on prétendait que le septième jour de tous les signes était prospère, parce qu’il était toujours dédié à Chicóme coati.
Le huilième jour s’appelait chicuei miquizlli. On le disaitde mauvaise fortune, de même que le neuvième; car, on prétendait que ce dernier était malheureux dans tous les signes. Ceux qui y naissaient étaient mal vus et détestés de tout le monde. Ils avaient d’ailleurs toutes les mauvaises inclinations et les pires vices qui existent. Pour remédier en quelque sorte à ce méchant sort, les maîtres de l’art disaient qu’on ferait bien de baptiser le nouveau-né le jour suivant, matlactU tochtli, dans l’espoir qu’il y gagneraitquelque bonne chance, attendu que toutes les dixièmes journées ont quelque chose de bon.