‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 25 sur 704 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

IL TRAITE DE LA DEESSE APPELÉE ChicOme COütl. c’est une autre gérés.

Cette déesse, appelée C/wcowecoa/P, était la divinité des subsistances, de ce qui se mange comme de ce qui se boit; aussi la représentait-on avec une couronne sur la tête, un vase à la main droite, et au bras gauche une rondadle sur laquelle se trouvait peinte une grande fleur. Elle avait son cueitl^ son uipilli^ et ses sandales de couleur vermeille. Ce fut sans doute là la femme qui lit, pour la première fois, du pain, d’autres vivres et des ragoûts.

lazlli, et passait pour enfanter toujours deux jumeaux; c’était la mère du genre humain, à laquelle Itzcoatl fit élever un grand temple à Mexico.

1. Le rapprochement peut paraître curieux; mais rien, que je sache, ne saurait autoriser la réflexion dont Sahagun a cru devoir l’accompagner. En ne consultant même que les termes seuls de Tonantzin et de Ciuacoaü, on voit que l’auteur a tout sacriflé au passage si connu de la Genèse. En efl'et, quoi de plus naturel que l’appellation de Tonantzin, notre mère, quand il s’agit de la naissance de l’espèce humaine? La ressemblance ne saurait donc être là. C’est évidemment dans l’expression Ciuacoall que l’on a voulu la retrouver, et tout roule sur le mot coati qui signifie à la fois serpent, convive, ver intestinal et jumeaux. Aujourd’hui encore on dit au Mexique coates pour désigner des enfants jumeaux. D’où il faut conclure que coati éveille simplement ici l’idée de fécondité et nullement celle de tromperie, qui est particulière à la théogonie hébraïque.

2. «Sept serpents ou convives»; ainsi, l’on dit avec ce dernier sens : nite-coatlalia, je place, je fais asseoir les invités.

3. Cueill est la jupe qui s’attache à la ceinture et pend jusqu’à mi-jambe ; en composition avec les adjectifs possessifs no, mo, i, etc., ce mot fait : nocue ma jupe; mocue, ta jupe; icue, sa jupe; etc. Le uipilli est une sorte de casaque ou chemise qui a la forme d’une chasuble incomplètement fermée sur les côtés et qui recouvre la partie supérietn-e du corps, jusqu’à la hauteur des hanches. Nous le traduisons par le mot péplum.

HISTOIRE DES CHOSES

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