‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 253 sur 704 · CHAPITRE^V · texte numérisé non relu

CHAPITRE^V

DU MAUVAIS AUGURE Qu’lLS RETIRAIENT DU CRI DE LA CHOUETTE.

Lorsque quelqu’un entendait crier la chouette sur sa maison, il y voyait un mauvais présage et il en augurait que quelqu’un de sa famille devait mourir ou tomber malade. Il se confirmait dans cette pensée si l’oiseau nocturne venait faire entendre trois fois de suite le même cri sur son toit. Si par hasard il y avait un malade dans la maison sur laquelle la chouette venait crier, on y attachait un pronostic de mort, en disant que c’était là un messager du dieu Mictlantecutli, qui allait en enfer et en revenait. Aussi l’appelait- on Yauh tequiua, ce qui veut dire messager du dieu et de la déesse de l’enfer, lequel allait appeler ceux qu’on lui désignait. Si, en même temps qu’elle criait, la chouette creusait en grattant avec ses griffes, celui qui l’entendait, si c’était un homme, lui disait : « Finis donc, polisson aux yeux creux qui as commis un adultère sur la personne de ton père. » Si c’était une femme qui avait entendu le présage, elle s’écriait: « Ya-t-en, crapule! As-tu fini de percer le cheveu avec lequel je dois boire là-bas, en enfer? .Je n’y puis aller sans cela.* »

On lui adressait, disait-on, ces injures pour échapper aux conséquences de son mauvais présage et afin de ne pas être obligé de se soumettre à son appel.

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