CHAPITRE VI
DU MAUVAIS AUGURE yu’lLS RETIRAIENT DU FAIT DE VOIR LA BELETTE TRAVERSER DEVANT EUX LE CHEMIN OU LA RUE PAR OU ILS PASSAIENT.
L’animal que l’on appelle belette était pour les 3Iexicains une occasion de frayeur eide mauvais augure, quand ils la voyaient entrer dans leurs maisons ou traverser devant eux le chemin ou la rue par où ils passaient. Ils en retiraient la conviction intime qu’il pouvait leur arriver quelque malheur ; qu’ils obtiendraient un mauvais résultat s’ils se mettaient en voyage ; qu’ils tomberaient entre les mains des vo-
1. Le texte de Bustaniante dit ; Vele de ahi, puto ; haz ahufjerado cl cabello cotajuc tenfjo de beber allá en el Infierno? antes de esto no puedo ir.
Mais Kingsborough a écrit le texte comme suit ; Vele de ahi, pulo; has ahugereado el cabello coiu/ne te tengo de ver allá en el Inferno ? atiles ríe esto no puedo ir.
DP] LA nouvelle-iîspagnp:.
leurs ; qu’on les tuerait, ou qu’on porterait contre eux quelque faux témoignage. C’est pour cela que ceux qui rencontraient ce petit anir mal se prenaient à trembler de peur; ils en avaient le frisson et leurs cheveux se dressaient sur leurs têtes. Il y en avait qui se pâmaient et restaient interdits, dans la croyance que quelque malheur leur était réservé. Cet animal a, dans ce pays, la même forme qu’en Espagne et il a également le ventre et la poitrine blancs, tandis que tout le reste du corps est roussâire.
CHAPITREiYII
DU MAUVAIS AUGURE QU’lLS RETIRAIENT DU FAIT DE VOIR ENTRER UN LAPIN DANS LEURS MAISONS.
Les villageois et les gens de la campagne, voyant entrer quelque lapin dans leurs maisons, en l’etiraient un mauvais augure. Ils étaient convaincus qu’ils seraient volés dans leurs domiciles ou que quelqu’un des leurs s’enfuirait et irait chercher un refuge dans les bois ou par les ravins hantés des cerfs et des lapins. C’était sur tout cela qu’ils allaient consulter ceux qui faisaient métier d’expliquer ces présages. Les lapins de ce pays ressemblent à ceux d’Espagne, mais ils ne sont pas aussi bons à manger.