‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 266 sur 704 · X\ III · texte numérisé non relu

X\ III

Du FAIT DE BRÛLER LES RAFLES DE MAÏS. — Loi'Squ’il y avait clailS UllC maison une accouchée, on ne jetait pas au t'eu les rafles de maïs, c’es à-dire ces sortes d’épis qui restent après qu’on en a retiré le grain et qui s’appellent ololL On disait que si l’on brûlait ces rafles dans la maison même, la figure du nouveau-né serait marquée de rousseurs ou de petits trous. Pour que cela n’arrivât pas, si l’on était forcéde les brûler, on les passait tout d’abord sur la figure de l’enfant sans toucher les chairs.

De la femme enceinte. — Les anciens laissèrent une autre superstition : c’était que la femme enceinte devait bien se garder de voir tuer quelqu’un par la corde ou le garrot; attendu que si elle le voyait, l’enfant qu’elle portait dans son sein naîtrait avec une corde en chair sur la gorge. On disait aussi que si la femme enceinte regardait le soleil ou la lune au moment d’une éclipse, son enfant naîtrait avec les lèvres fendues. C’est pour cela que ces femmes n’osaient nullement regarder ce phénomène, et lorsqu’elles s’y décidaient, pour éviter que l’accident en fût la conséquence, elles se plaçaient sur le sein, touchant à la peau, un petit couteau de pierre noire, ün disait encore (|ue si la femme enceinte mâchait du tziclli'^, l’enfant qui viendrait ensuite au monde serait pris de sorte d’embarras

de la resj)iration dont meurent tes nouveau-nés. Ce qui cause cet ac- (udent, c’est que la mère, pendant que l’enfant tette, lui retire brusquement le bout du sein de la bouche et lui fait ainsi au palais une blessure qui devient mortelle. On avait aussi la croyance que si la femme enceinte se promenait pendant la nuit, son enfant pleurerait beaucoup. Si c’était le père qui faisait ainsi des promenades nocturnes et s’il voyait des fantômes, l’enfant viendrait au monde avec une maladie du cœur. Pour éviter cet inconvénient, la femme enceinte qui sortait la nuit prenait soin d’enfermer sur son sein de petits cailloux, un peu de cendre du foyer ou de l’encens du pays appelé iztauhyall. Les hommes se mettaient aussi sur le sein de petits cailloux ou Anpioiell, pour éviter les dangers que courait l’enfant qui était encore dans le ventre-de sa mère. Si cela n’était pas fait, on croyait que l’enfant naî-

. 1. Eli espagnol chicle.

2. C’est-à-dire « la lèvre se piquera, se fendra. »; de lenllif bord, lèvre , bouche, palais, et tzoponia ou tzopinia, piquer, percer.

Irait avec une maladie appelée ayomama avec une autre appelée du nom de cuetzpaliciuizlli'^ ou avec des loupes aux aines.

De la main d’une guenon. — On avait eu aulrefois et l’on a encore aujourd’hui, parmi les marchands de mantas, la superstition d’avoir une main de guenon, avec la conviction qu’en la tenant avec soi aux jours de vente, on aurait à l’inslant l’écoulement de sa marchandise. Cela se pratique encore aujourd’hui. Lorsqu’ils n’ont pas réussi à vendre leurs eiTets, ils y introduisent le soir, en rentrant chez eux, deux piments, en disant qu’ils leur donnent du piment à manger pour que ces eiïets se laissent mieux vendre le lendemain.

Du PILON ET DU comalli. — Celui qui jouait à la paume plaçait le mellatl et le comalli sens dessus dessous et il pendait le pilon ou mellapilli'^ en un coin de la maison. Il prétendait que par ce moyen il gagnerait toujours et ne pourrait être vaincu. Lorsqu’il y avait beaucoup de souris au logis, on mettait le pilon dehors, prétendant que s’il restait dans la maison il serait impossible d’attraper les souris, parce que le pilon les avertirait de ne pas se laisser prendre.

Des souris. — On disait que les souris connaissaient ceux qui vivaient en concubinage dans une maison. Elles allaient y ronger les paniers, les nattes et les vases, annonçant ainsi qu’il y avait du concubinage dans ce domicile. On appelle cela llaçolli L Lorsque les souris rongeaient les jupons d’une femme, son mari comprenait qu’elle était adultère ; si elles trouaient au contraire la manta du mari, la femme tenait pour certain qu’il était infidèle.

Des poules. — On disait que, lorsque les poules étaient à couver, si quelqu’un s’approchait d’elles chaussé de colaras^ les œufs ne

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